L'idée d'un congé en cas de fausse couche avance
L'idée d'un congé en cas de fausse couche avance
En 2020, le Luxembourg a vu naître 6.459 bébés. Des «naissances vivantes» pour reprendre les termes du Statec. Mais pour combien d'enfants mort-nés? Nul n'a officiellement le chiffre. Mais une certitude si l'arrêt précoce d'une grossesse ou d'une maternité est médicalement considéré, le deuil lié à la perte de l'enfant attendu, lui, n’apparaît nulle part au Grand-Duché. Pas même dans le code du travail, mais cela pourrait changer.
En effet, interpellé sur le sujet par la députée Francine Closener (LSAP), le ministre du Travail n'a pas repoussé l'idée d'introduire dans la législation nationale le droit à un congé payé pour qui vivrait cette douloureuse situation. Ainsi, Dan Kersch (LSAP) verrait bien le Grand-Duché suivre la voie déjà empruntée par d'autres Etats.
En mars dernier, la Nouvelle-Zélande a adopté ce principe. Elle autorise désormais aux deux parents affectés par la perte d'un bébé (pendant la grossesse ou à la naissance) de pouvoir prétendre à un congé payé de trois jours. Au Canada, la loi stipule déjà que si la fausse couche intervient après le début de la 20e semaine, la femme enceinte a droit à un congé de 18 semaines, comme si la grossesse avait été menée à terme. En Belgique, une absence durant les 10 jours qui suivent la fausse couche est assimilée à une absence liée à l’état de grossesse. De fait, ces jours ne sont pas décomptés du capital maladie de l'assurée.
A discuter avec les partenaires sociaux
Francine Closener s'étonne que rien n'ait été entrepris au Luxembourg où, selon elle, «une femme sur six dans sa vie souffre d'une fausse couche». Même surprise pour les députés DP, Carole Hartmann et Max Hahn, qui se sont émus de l'absence de «congés extraordinaires» après ce type d'événement tragique.
Mais Dan Kersch envisage désormais d'envisager la question avec les partenaires sociaux, a-t-il assuré dans une réponse parlementaire, mardi. Le ministre socialiste comprenant bien que ce «break» peut être utile (à défaut d'être suffisant) pour que maman comme partenaire puissent commencer à assumer leur tristesse après la disparition de l'enfant à naître. «Mais comme cette perte n'est pas une maladie», nul repos n'était officiellement accordé dans pareil cas.
L'introduction d'un pareil droit permettrait sans doute d'éviter qu'à l'avenir femmes et partenaires ne se mettent en arrêt maladie ou prennent sur leurs jours de repos pour assumer le début de leur peine.
Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.

