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L'Horesca empêtrée dans les charges administratives
Luxembourg 3 min. 25.03.2019 Cet article est archivé

L'Horesca empêtrée dans les charges administratives

Les difficultés de l'Horesca pour trouver du personnel ne concernent pas que le Luxembourg, puisqu'«il manque en Europe 500.000 employés qualifiés», indique François Koepp.

L'Horesca empêtrée dans les charges administratives

Les difficultés de l'Horesca pour trouver du personnel ne concernent pas que le Luxembourg, puisqu'«il manque en Europe 500.000 employés qualifiés», indique François Koepp.
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 3 min. 25.03.2019 Cet article est archivé

L'Horesca empêtrée dans les charges administratives

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
L'assemblée générale de l'Horesca ce lundi aborde les difficultés croissantes auxquelles ses membres sont confrontés: règlements contraignants, «paperasserie», ou encore trouver du personnel qualifié, autant de freins qui ont un coût.

Sur les 2.752 entreprises que compte le Grand-Duché dans ce secteur, la plupart comptent moins de dix salariés. Avec des horaires à rallonge et une gestion de plus en plus compliquée du côté des patrons, l’Horesca, fédération des hôteliers, restaurateurs et cafetiers, attend des propositions de la part du nouveau ministre du Tourisme et des Classes moyennes, Lex Delles (DP).


Les étudiants de l'Ecole d'Hôtellerie et de Tourisme de Luxembourg, à Diekirch: l'ex lycée Alexis Heck a de nouvelles ambitions.
Horesca: face à la crise, un futur pôle d'excellence
C'est la crise dans l'hôtellerie-restauration: il est très difficile aujourd'hui de trouver du personnel qualifié. Le secteur est en pleine évolution entre le constat des difficultés rencontrées, les solutions trouvées et celles qui restent à apporter.

«Une petite entreprise familiale ne pourra bientôt plus survivre!», s’alarme le secrétaire général de la fédération, François Koepp, joint par wort.lu. Avec 11.770 embauches en 2017 selon le Statec, l’hôtellerie-restauration est l’un des secteurs qui a le plus recruté au Grand-Duché. Cependant la création de nouveaux postes y est faible, oscillant entre 450 et 500, signe que le turnover est élevé. 

«Il est toujours difficile de trouver de la main-d’œuvre qualifiée, alors pour compenser les patrons embauchent plus de personnel» ou des extras. Ils se retrouvent alors avec des charges salariales plus conséquentes, mais aussi avec un travail de gestion encore plus important: «déclaration d'entrée puis de sortie, contrat de travail, médecine du travail, cartes d'impôt, calcul du salaire, déclaration à l'administration des contributions, fiches de salaire, certificat de rémunération de fin d'année», énumère François Koepp.

Les efforts du gouvernement pour permettre aux jeunes d'accéder à une meilleure formation «mettront plusieurs années à être effectifs», et le nombre de jeunes diplômés qui sortiront «ne sera pas suffisant pour combler les besoins de main-d'oeuvre».

«Paperasserie»

Outre les charges inhérentes à la gestion d’une entreprise et les commandes quasi quotidiennes pour faire tourner leur affaire, les patrons de l’Horesca doivent appliquer de plus en plus de règles, émanant souvent de nouvelles directives européennes, liées à l’hygiène ou à la sécurité. «Un nouveau règlement commodo et incommodo sur la sécurité des bâtiments impose un contrôle, puis un contrôle du contrôle», s’emballe François Koepp. «C’est vraiment de la paperasserie, et ça coûte cher!»

Parmi les contraintes auxquelles le secteur doit désormais se conformer, les sorties de secours qui «ne peuvent pas basculer sur la voie publique». «Comment voulez-vous qu’un établissement de l’Îlot gastronomique, par exemple, s’y conforme?». Même appréhension pour l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, «qui deviendra obligatoire dans les prochaines années».

L’augmentation de 100 euros du salaire minimum et le calcul des salaires qui en découle s'avère être une tâche conséquente pour les petites entreprises - quel que soit leur secteur d'activité - puisque le calcul doit prendre en considération la situation fiscale de chaque salarié. «Même les fiduciaires ne savent pas comment elles vont gérer cela!»

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