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L'euthanasie reste une solution méconnue
Luxembourg 2 min. 21.01.2020 Cet article est archivé

L'euthanasie reste une solution méconnue

En 2018, seulement 8 cas d'euthanasie ont été recensés.

L'euthanasie reste une solution méconnue

En 2018, seulement 8 cas d'euthanasie ont été recensés.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 21.01.2020 Cet article est archivé

L'euthanasie reste une solution méconnue

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Dix ans après l'adoption d'un texte sur la fin de vie assistée, 57% des Luxembourgeois ignorent l'existence de cette loi. Cela alors que ce recours ultime bénéficie d'une bonne acceptation dans la société.

Qu'il semble loin le temps où la question d'intégrer l'euthanasie dans la législation luxembourgeoise avait soulevé débats et controverses. En 2009, même le Grand-Duc Henri avait pris part à la polémique, en refusant d'apposer sa signature au texte de loi. Dix ans ont passé, et chaque année une dizaine de personnes accèdent à cette «assistance au suicide». Des malades, adultes et conscients, dans une situation médicale sans issue.

Dix ans plus tard, la polémique est retombée mais force est de constater que la loi est tombée dans l'oubli. Un sondage de TNS Ilres, réalisé auprès de 1.006 résidents, vient ainsi de mettre en lumière le fait que moins d'un sondé sur deux ignorait l'existence de ces dispositions légales, 57% précisément. Une méconnaissance que ne peut que regretter la Commission nationale de contrôle et d'évaluation créée pour suivre l'application de cette loi.


Depuis l'entrée en vigueur de la loi sur l'euthanasie en 2009, 52 patients au Luxembourg ont reçu un traitement de suicide assisté.
L'euthanasie considérée comme une mort naturelle
Le conseil de gouvernement a adopté, jeudi 11 juillet, la modification du projet de loi visant à «assimiler la mort d’une personne décédée à la suite d’une euthanasie ou d’une assistance au suicide à une mort naturelle».

En découvrant les résultats, la présidente de la commission Lotty Prussen a donc été étonnée de ce voile recouvrant encore cette mesure. Un grand public dans le flou, des professionnels de santé trop discrets sur la question : voilà le constat à l'aube de 2020. Pour Jean-Jacques Schockert, le président de l'association pour le droit de mourir dans la dignité MWMW, rien d'étonnant à cela : «Il n'aura pas échappé aux sondés les graves lacunes au niveau de la prise en charge médicale elle-même, notamment en milieu hospitalier.» 

Ainsi, 72% des personnes interrogées estiment utile qu'un médecin prêt à pratiquer l'euthanasie soit clairement mis à disposition des patients hospitalisés exprimant leur volonté de choisir cette issue. Ce qui est encore loin d'être appliqué clairement dans les établissements du pays.

La commission aura donc fort à faire si elle veut «promouvoir» la loi dictant les modalités de l'euthanasie. Mais, le sondage montre non seulement que le terrain n'est plus si hostile, et l'attente du public en matière d'information est bien réel. Selon les chiffres présentés, 78% des personnes interrogées ont reconnu être favorables à une consultation spéciale pour évoquer les conditions de fin de vie, euthanasie mais aussi soins palliatifs. 


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