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L'euthanasie bientôt considérée comme «mort naturelle»
Luxembourg 2 min. 02.02.2021 Cet article est archivé

L'euthanasie bientôt considérée comme «mort naturelle»

En 2018, les dernières données de la Commission nationale de contrôle et d’évaluation de l’application de la loi relative à l'euthanasie et l'assistance au suicide parlaient de huit malades ayant eu recours à la fin de vie assistée.

L'euthanasie bientôt considérée comme «mort naturelle»

En 2018, les dernières données de la Commission nationale de contrôle et d’évaluation de l’application de la loi relative à l'euthanasie et l'assistance au suicide parlaient de huit malades ayant eu recours à la fin de vie assistée.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 2 min. 02.02.2021 Cet article est archivé

L'euthanasie bientôt considérée comme «mort naturelle»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Voilà une des réformes que le Luxembourg pourrait apporter dans les prochaines semaines concernant l'assistance à la fin de vie. Il est aussi question de revoir les missions de la personne dite «de confiance».

En ce début 2021, le Portugal a rejoint les Etats du Benelux en légalisant l'euthanasie voici quelques jours. Le Luxembourg, lui, a été pionnier sur la question faisant rentrer dès 2009 dans la loi les règles fixant l'assistance au suicide et l'accompagnement de la fin de vie. Depuis, selon les derniers chiffres officiels (arrêtés en 2018), 71 résidents ont fait valoir ce droit. 

Mais, mardi, la commission de la Santé a mis la dernière touche au projet de loi 7480. Nouveau texte devant notamment permettre d'assimiler l'euthanasie à une mort naturelle. Des mois que l'idée était dans l'air, elle sera sans doute adoptée dans les semaines à venir. «De nombreuses assurances-vie n'ont pas l'euthanasie dans les conditions de versement des primes dues aux héritiers dans le cas d'un décès faisant suite à un choix volontaire d'en finir avec un mal profond et incurable. Désormais, la question sera réglée», assure la députée Céline Hemmen (LSAP).

Pour celle qui a été choisie comme rapporteure du projet de loi, il s'agit là d'une véritable avancée. «Mais ce choix n'empêchera que juridiquement ou administrativement, la déclaration de décès du défunt concerné sera bien indiquée comme euthanasie, cela afin d'avoir une trace en cas de recherche des causes exactes de la mort. L'assureur, lui, n'en saura rien.»


L'euthanasie reste une solution méconnue
Dix ans après l'adoption d'un texte sur la fin de vie assistée, 57% des Luxembourgeois ignorent l'existence de cette loi. Cela alors que ce recours ultime bénéficie d'une bonne acceptation dans la société.

La commission de la Santé a aussi révisé le statut accordé à «la personne de confiance». Son rôle avait été déjà rectifié dans la loi fixant les droits et obligations des patients . Ainsi, depuis 2014, le Luxembourg reconnait au malade  le «droit de se faire assister dans ses démarches et décisions de santé par une tierce personne qu'il choisit librement». Cependant, il n'était nulle part fait mention du rôle de cet «accompagnateur» (titre officiel) dans les cas d'euthanasie ou d'assistance au suicide.

Car si le législateur avait choisi d'accorder à cette tierce personne le droit d'orienter les «soins de santé» prodigués au mandant, un flou restait quant à son champ d'action une fois arrivé à l'étape où la mort 'sur ordonnance' est choisie comme option ultime par un malade. «Les articles nouveaux préciseront donc que la personne de confiance choisie pour le suivi médical le reste tout autant auprès du médecin pratiquant des soins palliatifs ou lorsque le médecin est amené à répondre à une demande d’euthanasie ou d’assistance au suicide», indique Cécile Hemmen.

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