Changer d'édition

«L'Europe n'est pas une épicerie !»
Luxembourg 3 min. 20.07.2020 Cet article est archivé

«L'Europe n'est pas une épicerie !»

Bettel et Macron à la recherche d'un compromis bien délicat à trouver. La crise ayant plus attisé les tensions qu'apaisé les esprits parmi les 27.

«L'Europe n'est pas une épicerie !»

Bettel et Macron à la recherche d'un compromis bien délicat à trouver. La crise ayant plus attisé les tensions qu'apaisé les esprits parmi les 27.
Photo : AFP
Luxembourg 3 min. 20.07.2020 Cet article est archivé

«L'Europe n'est pas une épicerie !»

C'est à un sommet marathon auquel se livrent les chefs d'Etat de l'Union européenne à Bruxelles. Et au quatrième jour de négociation sur le plan de relance, les divergences restent vives entre pays membres. D'où le coup de sang du Premier ministre Xavier Bettel face à ses homologues jouant la carte du blocage.

(pj avec AFP) - Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a affirmé, lundi, qu'il ne permettrait pas à l'UE d'imposer à son pays des conditions sur l'État de droit en échange du versement de fonds européens. Voilà le ton donné en ce quatrième jour d'un sommet européen qui voit, pour l'instant, les 27 dirigeants de l'UE incapables de s'entendre sur un plan de relance post-coronavirus. Des chefs d'Etat tentant également de s'accorder sur le budget européen à long terme de l'UE (2021-2027), de plus de 1.000 milliards d'euros, dont la plupart des dépenses sont destinées aux agriculteurs et aux pays d'Europe de l'Est.

Mais plusieurs Etats, principalement nordiques, les Pays-Bas mais également le Grand-Duché insistent pour que des membres comme la Pologne ou la Hongrie respectent les principes européens en matière de liberté d'expression et de tribunaux indépendants pour bénéficier de ces fonds. Et face aux micros, Xavier Bettel (DP) n'a pas manqué de le rappeler : «L'Europe, ce n'est pas une épicerie, c'est avant tout des valeurs que l'on défend (...) Accepter une Europe avec des valeurs au rabais, des droits au rabais et le respect de l'Etat de droit au rabais, ce sera ''non'' de notre part», a assuré le dirigeant luxembourgeois.

Voilà déjà un premier point susceptible de bloquer l'accord attendu (obligatoirement à l'unanimité avant ratification par le Parlement européen) au terme de ce quatrième jour de négociations. Mais ce n'est pas le seul. Ainsi, les chefs d'Etat débattent-ils depuis des heures et des heures sur le montant du plan financier que l'Union devrait concéder à la relance post-covid, Etat par Etat. 


President of the European Council Charles Michel looks on as he attends an EU summit at the European Council building in Brussels, on July 18, 2020, as the leaders of the European Union hold their first face-to-face summit over a post-virus economic rescue plan. - The EU has been plunged into a historic economic crunch by the coronavirus crisis, and EU officials have drawn up plans for a huge stimulus package to lead their countries out of lockdown. (Photo by FRANCOIS LENOIR / POOL / AFP)
Charles Michel exhorte les dirigeants à l'«unité»
Le président du Conseil européen Charles Michel a pressé dimanche soir les dirigeants de l'UE de ne pas présenter «le visage d'une Europe faible» et de s'entendre sur le plan de relance post-coronavirus.

La reprise de la séance en plénière, dans un premier temps envisagée à 16h locales, était attendue finalement pour 18h tant les tractations vont encore bon train. Un optimisme prudent a gagné certains dirigeants, après les tensions de la nuit précédente. Les dirigeants français et allemand, Emmanuel Macron et Angela Merkel, ont exprimé «l'espoir» d'un compromis. Mais «rien n'est encore acté, je resterai donc extrêmement prudent», a souligné M. Macron.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, médiateur du sommet, va présenter un nouveau projet de compromis aux capitales, moins ambitieux que la proposition initiale. De sources concordantes, il devrait proposer de revoir à la baisse la part de subventions dans le plan de relance, chiffré au total à 750 milliards d'euros: 390 milliards, contre 500 milliards prévus au départ. Le reste serait constitué de prêts. 

Au moment où une récession historique frappe l'Europe, les réticences des pays dits «frugaux» (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche, rejoints par la Finlande) menacent de faire capoter un plan massif de soutien à l'économie, qui profiterait avant tout aux pays du Sud comme l'Italie et l'Espagne, les plus touchés par l'épidémie. Pour le Premier ministre luxembourgeois, la recherche du compromis pouvait notamment passer par un «droit de regard» accordé aux Etats les plus soupçonneux. Droit de regard, mais «pas un droit de blocage, pour ceux qui sont contributeurs». 

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Il aura fallu quatre jours et quatre nuits et de multiples prises de bec. Mais les 27 dirigeants européens ont fini par trouver mardi un accord sur un plan destiné à soutenir leurs économies frappées par la crise du coronavirus. Pour la première fois, il se base sur une dette commune.
European Commission President Ursula Von Der Leyen (L) and European Council President Charles Michel (R) bump elbows at the end of the news conference following a four days European summit at the European Council in Brussels, Belgium, early July 21, 2020. - EU leaders approved a 750-billion-euro package to revive their coronavirus-ravaged economies after a tough 90-hour summit on July 21, along with a trillion-euro budget for the next seven years. (Photo by STEPHANIE LECOCQ / POOL / AFP)
La pandémie de coronavirus a fait vaciller des pans entiers de l'économie européenne, compris parmi de grands noms de l'industrie ou des services. Alors que la relance est au cœur du sommet des dirigeants des 27, vendredi à Bruxelles, le point sur cette vague de suppressions d'emplois massive.
An employee works on a truck assembly line at a factory in Fuyang in China's eastern Anhui province on July 16, 2020. - China's economy returned to growth in the second quarter, rebounding more strongly than expected from a historic contraction caused by the coronavirus outbreak, official data showed on July 16. (Photo by STR / AFP) / China OUT
Les juges européens ont annulé ce mercredi la décision de la Commission européenne qui avait contraint, en 2016, le géant américain à verser à l'Irlande le montant d'avantages fiscaux jugés indus. Le jugement de la CJUE indiquant que Dublin n'avait pas réalisé un «avantage économique sélectif»
Les négociations entre le Royaume-Uni et l'Europe pour parvenir à un accord commercial reprennent ce lundi dans la capitale britannique. Mais les chances d'arriver à un compromis s'amenuisent, alors que l'échéance fixée par Londres se rapproche.
European Union's Brexit negotiator, Britain's Brexit negotiator and the Britain's ambassador to the European Union attends post-Brexit negotiations at the EU headquarters in Brussels on June 29, 2020. - The EU and Britain launch an intense five weeks of negotiations on a deal to define their post-Brexit relations on June 29, 2020, with London keen to wrap things up quickly. The new round of talks in Brussels will be the first to be held face-to-face since the coronavirus shutdown combined with the two sides' entrenched positions to stall progress. (Photo by JOHN THYS / POOL / AFP)
Jean-Claude Juncker revient sur la gestion de la pandémie et les nouveaux défis qui attendent l'Europe. L'ancien président de la Commission européenne espère que la crise sera également l'occasion de devenir de «meilleurs Européens».
"Rassismus und Ausgrenzung zu bekämpfen, ist eine tägliche Herausforderung", mahnt Jean-Claude Juncker.