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«L’Europe c’est nous, soyons fiers»
Luxembourg 11 5 min. 09.05.2022
Journée de l’Europe à Esch

«L’Europe c’est nous, soyons fiers»

La cérémonie d'ouverture de la journée de l'Europe s'est achevée sur l'écoute de l'hymne officiel de l'Union européenne et de l'hymne national ukrainien, joués par les enseignants du conservatoire de la Ville d'Esch.
Journée de l’Europe à Esch

«L’Europe c’est nous, soyons fiers»

La cérémonie d'ouverture de la journée de l'Europe s'est achevée sur l'écoute de l'hymne officiel de l'Union européenne et de l'hymne national ukrainien, joués par les enseignants du conservatoire de la Ville d'Esch.
Photo: Megane Kambala
Luxembourg 11 5 min. 09.05.2022
Journée de l’Europe à Esch

«L’Europe c’est nous, soyons fiers»

Megane KAMBALA
Megane KAMBALA
Exception luxembourgeoise oblige, ce lundi férié consacrant la journée de l’Europe a eu lieu pour la première fois à Esch-sur-Alzette pour cette édition 2022. Des festivités qui ont rassemblé de nombreuses personnes et des personnalités politiques.

Pour rappel, la décision du 27 mars 2019 prise à la Chambre des députés fait du Grand-Duché le seul pays de l’Union européenne à accorder aux travailleurs, résidents et frontaliers un jour férié supplémentaire.


Ukrainian Preident Volodymyr Zelensky speaks during a joint press conference with UN Secretary-General following their talks in Kyiv on April 28, 2022. - The Security Council failed to go far enough in its efforts to "prevent and end" Russia's war in Ukraine, UN Secretary-General  admitted while visiting Kyiv. (Photo by Sergei SUPINSKY / AFP)
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Pour cette édition 2022, décision a été prise de célébrer la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950 à Esch-sur-Alzette, avec pour point de rendez-vous la place de la Résistance à 14h pour accueillir S.A.R le grand-duc Henri, mais aussi le Premier ministre Xavier Bettel (DP), ainsi que les six eurodéputés luxembourgeois en fonction et plusieurs autres personnalités politiques.

Un point de ralliement à la symbolique très forte pour une cérémonie d'ouverture que cette place de la Résistance, comme a pu le souligner l’eurodéputé Nicolas Schmit (LSAP) lors de son allocution, à l’heure d’une période troublée par un conflit entrainant l’ensemble de l’Union et le reste du monde à se tourner vers l’Est, théâtre du conflit majeur opposant l’Ukraine à la Russie.

Ode à l'avenir et à la jeunesse

La jeunesse européenne était au cœur de tous les discours. Fernand Etgen, le président de la Chambre des députés, a insisté sur la nécessité d'écouter, de soutenir et surtout d'aider les jeunes à «construire l'avenir», rappelant que l'ensemble des Etats membres vit actuellement dans «une époque de polarisation des guerres, de désinformation et d’adversité» et que malheureusement, «notre Union européenne n’a pas fait disparaitre la haine et la guerre, ni dans le monde ni dans l’Union». 

La fondation de l’Union s’est matérialisée grâce à des institutions européennes fortes qui continuent à porter nos valeurs partagées qui sont aussi des garantes qui nous permettent de faire face ensemble à de nombreux défis

Fernand Etgen, président de la Chambre des députés

Il a cependant tenu à ajouter qu'«ici au Luxembourg, au sein de cette Union, nous vivons dans une société du savoir et des technologies, une société pluraliste fondée sur l’Etat de droit, dans un espoir de paix» et que «la fondation de l’Union s’est matérialisée grâce à des institutions européennes fortes qui continuent à porter nos valeurs partagées qui sont aussi des garantes qui nous permettent de faire face ensemble à de nombreux défis».

«La paix n'est jamais garantie»

Le Premier ministre Xavier Bettel a également pris la parole, préalablement introduit par  Nathalie Reuter comme un «fervent défenseur de la cause européenne, de ses valeurs qui sont la paix, la liberté et la démocratie».

Ce dernier est d'emblée revenu sur «les dernières années qui n’ont épargné personne», rappelant par quelques mots l'angoisse de la pandémie et le souhait collectif d'un retour à la normale, ajoutant qu'en dépit d'un «ouf» collectif dans la bataille contre le covid, le peuple européen à d'autres «inquiétudes et que la peur est à l’ordre du jour».

«Un pays comme l’Ukraine qui veut se rapprocher de l’Union et qui veut faire partie de notre famille se retrouve aujourd’hui attaqué de manière inadmissible et injustifiable. La seule réponse que nous avons est celle de la solidarité, celle de vouloir tenir ensemble. Celle de dire à l’Ukraine 'on ne vous laissera pas tomber'. N’oublions pas que nous avons tous connu des situations difficiles, et que c’est aujourd’hui grâce à l’Europe depuis 1957 que nous faisons partie d’une génération qui n’a jamais connu la guerre.»

L’Europe c’est nous, soyons-en conscients et soyons fiers de ce que nous avons bâti ensemble. Mais n’oublions pas que tout n’est pas acquis.

Xavier Bettel, Premier ministre

Des mots du Premier ministre ont également été dédiés aux personnes à la frontière de cette Union qui «fuient par milliers, tandis que des milliers de personnes sont assassinées en raison de folies dont l’Europe nous préserve. Nous devons tout faire pour préserver ces valeurs qui nous enseignent la démocratie et la liberté», affranchis de la notion de frontières «que nous avons pourtant redécouverte au plus fort de la crise du covid».


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Un discours qui se conclura par le rappel pragmatique que les personnes en fonction à «Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg, les capitales européennes, ne sont pas des extraterrestres, mais des gens élus tous les 5 ans par le peuple».

«L’Europe c’est nous, soyons-en conscients et soyons fiers de ce que nous avons bâti ensemble. Mais que les jeunes n'oublient pas que tout n’est pas acquis et que la paix n’est jamais garantie.» S’en sont suivis des mots de soutien lancés en ukrainien acclamés par la foule présente par un tonnerre d’applaudissements.

«Rien n’est durable sans les institutions»  

Enfin, l'eurodéputé Christophe Hansen (CSV) a pu profiter de son temps de parole pour citer Jean Monnet considéré comme l'un des pères fondateurs de l'Union: «Mieux vaut se disputer autour d’une table que sur le champ de bataille». Un état d'esprit plus actuel que jamais, puisque toujours selon cette figure emblématique de l'Europe, «rien n’est possible sans les hommes et les femmes, rien n’est durable sans les institutions, ce qui est important ce n’est ni d’être pessimiste ou optimiste, mais d’être déterminé, car il n’y a de défaites que celles qu’on accepte.»

Un combat à mener qui constitue un «chantier formidable pour cette jeunesse qui doit pouvoir compter sur l’Union», selon l'eurodéputé Nicolas Schmit. «L’avenir de l’Europe? Ce n’est pas que quelques diplomates qui s’occupent des traités, non. C’est que chaque citoyen européen, où qu’il vive ait les mêmes droits, les mêmes droits sociaux, et surtout les mêmes droits de liberté et de démocratie. Et nous savons que même en Europe, ce n’est pas une évidence. On ne parle pas seulement de l’Ukraine, mais bien d'autres pays au sein de l'Europe.»

Autant de déclarations combatives et confiantes en l'avenir prononcées sous un soleil radieux, devant une foule réceptive à laquelle se sont ensuite mêlées dans une ambiance bon enfant l'ensemble des personnalités présentes pour faire la visite des stands dressés pour l'occasion. 

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