Changer d'édition

1.500 logements pousseront sur des friches industrielles
Luxembourg 4 min. 03.05.2016 Cet article est archivé
L'Etat rachète 57 hectares à ArcelorMittal

1.500 logements pousseront sur des friches industrielles

Fermé depuis 2005, le site de l'ancien laminoir à froid d'ArcelorMittal, à l'entrée de Dudelange, doit d'abord être dépollué pour 27,3 millions d'euros.
L'Etat rachète 57 hectares à ArcelorMittal

1.500 logements pousseront sur des friches industrielles

Fermé depuis 2005, le site de l'ancien laminoir à froid d'ArcelorMittal, à l'entrée de Dudelange, doit d'abord être dépollué pour 27,3 millions d'euros.
Photo: Maurice Fick
Luxembourg 4 min. 03.05.2016 Cet article est archivé
L'Etat rachète 57 hectares à ArcelorMittal

1.500 logements pousseront sur des friches industrielles

Maurice FICK
Maurice FICK
L'Etat luxembourgeois va grossir ses réserves foncières de 57,4 hectares en rachetant 5 anciens sites industriels d'ArcelorMittal. Coût des transactions: 13,7 millions d'euros. Soit «8.200 euros en moyenne pour un are. Ce qui montre qu'on a discuté pour obtenir un prix très bas et pouvoir construire des logements», glisse le ministre Marc Hansen

Par Maurice Fick

Dans les mois à venir, l'Etat luxembourgeois va augmenter ses réserves foncières de 57,4 hectares en rachetant quatre anciens sites industriels d'ArcelorMittal dans le Sud et un à Wiltz. Coût des transactions: 13,7 millions d'euros. Soit «8.200 euros en moyenne pour un are. Ce qui montre qu'on a discuté pour obtenir un prix très bas et pouvoir construire des logements», glisse Marc Hansen.

Alors que la nouvelle avait été annoncée par le Premier ministre lors de son discours sur l'état de la Nation, le ministre du Logement et le ministre de l'Intérieur, Dan Kersch, ont dévoilé mardi le détail des transactions discutées entre l'Etat et ArcelorMittal dans le cadre des discussions menées pour l'implantation du futur siège du leader mondial de l'acier au Kirchberg.

Marc Hansen a insisté sur le «chiffre impressionnant» que représentent ces 60 hectares à la louche, acquis «d'un coup» par l'Etat. A titre de comparaison, «le Fonds du logement a une réserve foncière de 20 hectares» et le programme des "Baulücken" (parcelles non construites dans des zones entièrement construites) «représente 7 hectares qui sont entre les mains de l'Etat».

Quatre sites industriels dont deux pour 1 euro

A terme, la gigantesque friche industrielle de 39 hectares de l'ancien laminoir à froid de Dudelange pourrait accueillir entre 850 et 1.000 logements pour près de 2.400 habitants.
A terme, la gigantesque friche industrielle de 39 hectares de l'ancien laminoir à froid de Dudelange pourrait accueillir entre 850 et 1.000 logements pour près de 2.400 habitants.
Photo: Maurice Fick
  • Avec une surface de 39 hectares, le site de l'ancien laminoir à froid de Dudelange est de loin, le plus gros réservoir foncier acquis par l'Etat. Mais aussi celui qui lui coûtera le plus cher pour le rendre constructible. L'assainissement du site contaminé par des métaux lourds, hydrocarbures et HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) qui devait initialement être réalisé par ArcelorMittal au niveau d'un site industriel (comme stipulé lors de la Tripartite sidérurgie de 2014) sera finalement réalisé pour 6,5 millions d'euros par l'Etat. «En contrepartie, deux autres terrains sains -la nouvelle et ancienne direction- entreront dans la transaction. De sorte que nous recevrons le tout pour 1 euro», résume Marc Hansen. A quoi il faut rajouter 20,8 millions d'euros de dépollution «si on veut y mettre des logements». Il pourrait y en avoir 1.000.
  • Seul site acquis au Nord du Luxembourg: l'ancien site de Circuit Foil à Wiltz, soit une friche industrielle de 7,7 hectares. La problématique de l'assainissement du site qui «coûterait 6,150 millions d'euros» à l'Etat fait que le terrain sera, là aussi, cédé pour 1 euro par ArcelorMittal. Jouxtant l'actuel quartier en pleine construction «Wunne mat der Wooltz», ce nouveau terrain devenu constructible pourrait accueillir 200 logements supplémentaires.
  • L'ancien site Eucosider à Pétange , soit 5,5 hectares, sera acheté pour 8,5 millions d'euros par l'Etat pour «construire 210 logements et des surfaces de bureaux et des commerces (16.600 m2). Il n'y a quasiment pas de contamination», explique Marc Hansen.
  • Reste un terrain agricole à Belvaux (sans trace de pollution) de 5,15 hectares, qui sera acquis par l'Etat pour 7,5 millions d'euros. Il pourrait s'y construire 75 logements.

Au final, ces quatre friches industrielles dépolluées et viabilisées pourraient voir pousser 1.500 logements pour 3.500 habitants et 126.000 m2 de surfaces commerciales.

Un centre d'incendie régional et un commissariat

L'Etat a également négocié pour 2 millions d'euros un site d'environ 2 hectares à Esch-Lallange qui donne directement sur le boulevard Aloyse Meyer. Ce qui est aujourd'hui un parking gigantesque (de l'ancienne usine d'Esch-Schifflange)  servira sous peu, à la double implantation d'un centre intercommunal de secours pour les pompiers et la protection civile d'une part et la police grand-ducale, d'autre part.

Dan Kersch a tenu à préciser que «le centre principal de la police d'Esch-sur-Alzette restera en place».
Dan Kersch a tenu à préciser que «le centre principal de la police d'Esch-sur-Alzette restera en place».
Photo: Maurice Fick

«Ce nouveau centre d'incendie et de secours d'Esch et Schifflange sera le futur siège de la zone Sud: 18 pompiers professionnels et bénévoles devront être sur place 24 h/24», explique Dan Kersch.

Quant au nouveau commissariat, il regroupera des agents d'Esch-sur-Alzette, Schifflange et Mondercange mais «le centre principal de la police d'Esch restera en place», assure bien le ministre de l'Intérieur pour couper court à toute polémique.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Le futur congé parental, les enfants pauvres, leur santé, la mobilité, le logement, Cattenom, la gestion de la crise des réfugiés et la sécurité intérieure. Ce qu'il faut retenir et les principales mesures annoncées par le Premier ministre lors de sa déclaration sur l'état de la Nation, mardi devant le parlement.
Xavier Bettel, Premier ministre: «Qui veut stopper l'explosion des prix du logement, doit construire. Et nous allons construire».