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L'esprit d'entreprendre ralenti par la crise
Luxembourg 3 min. 02.12.2020 Cet article est archivé

L'esprit d'entreprendre ralenti par la crise

En proportion, les femmes ont été plus nombreuses que les jeunes à renoncer à leur projet de création ou reprise d'entreprise au Luxembourg, cette année.

L'esprit d'entreprendre ralenti par la crise

En proportion, les femmes ont été plus nombreuses que les jeunes à renoncer à leur projet de création ou reprise d'entreprise au Luxembourg, cette année.
Photo : Getty Images
Luxembourg 3 min. 02.12.2020 Cet article est archivé

L'esprit d'entreprendre ralenti par la crise

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Déjà timide dans le domaine, le Luxembourg a enregistré une crise encore plus profonde des vocations à créer ou reprendre une société ces derniers mois. En cause : les incertitudes liées à la crise covid.

La crise a eu un effet sur l'emploi (+ 2.079 demandeurs d'emploi depuis janvier). On attend son impact sur le nombre de faillites (pour l'heure stable par rapport en 2019). Mais qu'en est-il de l'influence de ce climat économique marqué par le poids du covid-19 sur l'esprit d'entreprise? C'est ce qu'a mesuré le Global Entrepreneurship Monitor (GEM). A en croire cette étude, aucun doute : les ardeurs à se lancer dans l'entrepreneuriat, au Luxembourg, se seraient nettement calmées : -20% de démarches dans la création ou la reprise d'une société, par rapport à 2019.


Et si c'était le moment d'entreprendre...
A la House of entrepreneurship, Tom Baumert sait combien une sortie de crise peut représenter un moment favorable pour lancer un business. Reste à bien définir son projet et ne surtout pas s'improviser chef d'entreprise.

C'est là la tendance la plus négative enregistrée depuis 2013, date à laquelle le Luxembourg a rejoint le cadre de cette étude. Et dans un domaine où le pays (ou en tout cas les citoyens) ne brille pas particulièrement par l'audace. Le nombre d'enregistrement de nouvelles sociétés est d'ailleurs systématiquement en deçà des données 2019, de mars à août dernier. 

Aussi, au terme de cette année si particulière, le pays devrait être loin des 2014 autorisations d'établissement demandées, comme ce fut le cas (et le record) l'an passé. Au passage, l'étude souligne que parmi les candidats qui ont renoncé à leur projet, les femmes ont été les plus nombreuses à prendre du recul et à bloquer leur initiative. Du coup, le taux de femmes ayant des activités entrepreneuriales est passé de 8,3 à 4,9%. Là encore un point bas sur ces sept dernières années.

Selon l'étude, menée dans le courant de l'été, environ 40% des entrepreneurs s'attendaient à ce que leur entreprise connaisse une croissance inférieure à celle prévue l'an passé. Cependant, près de 30% des entrepreneurs déclarent une augmentation de leurs prévisions de croissance.

Et le Statec de positiver : «Cela reflète le fait que les crises peuvent représenter des opportunités pour celles qui tirent parti des nouvelles conditions économiques pour introduire des produits et services innovants.»     

C'est là un des objectifs du programme Fit 4 Resilience. Lancée en juin dernier, cette initiative a pour but de proposer aux dirigeants d'entreprise (grande ou petite) un accompagnement par des experts vers une nouvelle orientation de leur activité ou leur mode de fonctionnement. But : que leur production ou leur organisation collent parfaitement aux nouveaux besoins de la société. Déjà une cinquantaine de sociétés ont accepté cette guidance, et le ministre de l'Economie a annoncé que le dispositif serait prolongé jusqu'au 31 décembre 2021.

Moins d'obstacles

Mais s'il fallait retenir deux ''bonnes nouvelles'' dans l'étude menée par le GEM, la première serait le sentiment qu'ont les entrepreneurs de voir les obstacles à entrepreneuriat se réduire au fil des années. Compris en 2020.

Les entrepreneurs sondés au Luxembourg ont également une perception «globalement positive» de la réponse du gouvernement aux conséquences économiques de la crise sanitaire. Ainsi, note le Statec, environ 79% d'entre eux sont au moins «quelque peu d'accord» avec le fait que la réponse était effectivement satisfaisante.

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