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L'épargne a encore gonflé de 1,2 milliard d'euros
Luxembourg 3 min. 03.02.2021

L'épargne a encore gonflé de 1,2 milliard d'euros

Sitôt la crise passée, et le moral des consommateurs revenu, toute l'épargne ne filera pas immédiatement vers la consommation, envisage le Statec.

L'épargne a encore gonflé de 1,2 milliard d'euros

Sitôt la crise passée, et le moral des consommateurs revenu, toute l'épargne ne filera pas immédiatement vers la consommation, envisage le Statec.
Photo : Marc Wilwert
Luxembourg 3 min. 03.02.2021

L'épargne a encore gonflé de 1,2 milliard d'euros

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les ménages luxembourgeois n'ont jamais autant économisé qu'en 2020. Une épargne de plus de 6 milliards d'euros au total qui pourrait booster la reprise, mais en partie seulement cette année.

Traditionnellement, les foyers du Grand-Duché mettent de l'argent de côté. De l'ordre d'un cinquième de leurs revenus depuis 2017. Et ce n'est pas la crise qui a freiné leurs habitudes d'épargnants, au contraire. Ainsi, le Statec estime qu'en 2020, les ménages résidents auront économisé (plutôt que consommé donc) de l'ordre de 6,2 milliards d'euros au total. Soit 1,2 milliard de plus qu'avant l'apparition du covid.


WI. Classement des banques . Banken,Finanzplatz Luxemburg ,aArendt. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
L'économie devrait rester atone jusqu'à l'été
Conséquence directe de la mise en place de nouvelles mesures sanitaires, la reprise attendue pour le début 2021 se retrouve repoussée de plusieurs mois, indique mardi le Statec qui estime «difficilement envisageable» un quelconque «rebond significatif» avant plusieurs mois.

Autant dire que ce pactole fait l'objet maintenant de maintes spéculations. Que va devenir ce trésor mis de côté? Pour Cathy Schmit, économiste au Statec, le flou est d'autant plus important que les douze derniers mois ont considérablement changé les comportements d'achat de chacun. A la fois plus de local mais aussi plus d'e-commerce. 

Les incertitudes pour soi et les siens (en lien avec l'épidémie covid), les restrictions et fermetures administratives (voyages, garages, restaurants, commerces non essentiels à l'arrêt un temps) ont ainsi créé une épargne à double visage. «Des économies de précaution d'un côté, forcées de l'autre», note l'analyse conjoncturelle. Certes, mais de l'argent qui ne demanderait qu'à être dépensé, si...

Une compensation illusoire

Au sortir de la crise, les uns vont-ils alors profiter de la «normalité retrouvée» pour reprendre leurs habitudes, et rattraper le temps (et les achats) perdu? «Cette hypothèse ne vaudra pas pour tous les secteurs. Par exemple, on ne mangera pas trois repas au restaurant pour compenser, et l'on n'ira pas plus chez le coiffeur que par le passé.» Donc une partie de la baisse de la consommation en 2020 (de l'ordre de -9% par rapport au scénario hors-crise envisagé) est à passer en perte nette pour l'activité nationale. «La compensation globale d'une année sur l'autre serait illusoire.»

L'espoir de la reprise économique peut plus sagement miser sur d'autres dépenses, seulement reportées. Il pourra s'agir d'achats de biens durables (comme les voitures, vélos, meubles ou l’équipement ménager) dont il faut assurer le renouvellement. Mais le niveau de dépenses va beaucoup dépendre alors de la confiance retrouvée des consommateurs. Tout comme les aides d'Etat pourront assurer un redécollage plus ferme et rapide dans certains domaines.


La rénovation énergétique surfe sur les aides
L'effort supplémentaire dans les soutiens accordés, depuis mai, par le gouvernement aux particuliers souhaitant améliorer l'efficacité thermique de leur logis porte ses fruits.

«Typiquement, les primes à l'achat d'un véhicule hybride ou électrique vont continuer à doper les ventes de ces automobiles», pressent l'analyste du Statec. Tout comme d'autres mesures de relance porteront assurément leurs fruits, dans le secteur des économies d'énergie par exemple.

Aussi, Cathy Schmit envisage-t-elle 2021 «avec un taux de croissance fort». Un redémarrage de l'économie fort certes, mais à comparer avec la claque subie en 2020, «mais l'effet rebond sera moindre que les prévisions d'avant-crise sur le taux de croissance luxembourgeois».

Il est vrai que si le pays peut compter sur une épargne disponible inédite, une part de celle-ci ne va pas filer directement dans la consommation. Déjà parce que par prudence, les uns et les autres continueront à thésauriser, mais aussi parce que cet argent pourra être placé. «A partir d'un certain niveau de revenu, c'est en effet plus vers l'investissement qu'ira l'épargne constituée.» L'immobilier ou le monétaire y gagneront alors ce que la consommation espérera encore un peu. 

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