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«L’égalité salariale est dans le Code du travail»
Luxembourg 4 min. 08.03.2019

«L’égalité salariale est dans le Code du travail»

Taina Bofferding est la première femme à avoir été nommée à la tête du ministère de l'Intérieur. Elle est également ministre de l'Egalité entre hommes et femmes.

«L’égalité salariale est dans le Code du travail»

Taina Bofferding est la première femme à avoir été nommée à la tête du ministère de l'Intérieur. Elle est également ministre de l'Egalité entre hommes et femmes.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 4 min. 08.03.2019

«L’égalité salariale est dans le Code du travail»

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Taina Bofferding est ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes mais aussi de l'Intérieur où elle est la première femme a en avoir pris la tête. Quelles sont ses idées pour que l'égalité des sexes devienne une réalité au Luxembourg?
  • Comment définiriez-vous la situation au Luxembourg concernant le droit des femmes sachant que nous sommes 100 ans après le droit de vote et que le nombre de femmes en politique reste encore très limité ?

La Journée internationale pour les droits de la femme est un bon moment pour tirer un bilan et formuler de nouvelles revendications. Oui, c’est vrai, il n’y a pas beaucoup de femmes représentées à la Chambre des députés et cela montre tout le travail qu'il reste encore à accomplir pour davantage impliquer les femmes dans le discours politique en dehors des élections.

  • Quelles sont les actions que vous pourriez mettre en place pour inciter les femmes à s’investir en politique ?

Je pense que le quota des « 40 % du sexe sous-représenté » est un instrument efficace pour avoir des femmes sur les listes électorales même si ce n’est pas une garantie pour la candidate d’être élue. Cependant, le plus gros effort, c’est aux partis politiques de le faire en se responsabilisant et en donnant davantage de visibilité aux femmes de leur parti.

Même doucement, les choses évolues.

A la Chambre des députés, nous sommes encore moins nombreuses lors de cette législature que la précédente et cela m’attriste. Je note toutefois que la formation du gouvernement a permis quand même de faire entrer plus de femmes à la Chambre des députés et notamment de jeunes politiciennes.

Dans notre pays, les hommes et les femmes ont une égalité devant la loi mais il faut que celle-ci devienne également une égalité sur le terrain, au quotidien. Les deux grands points qui me tiennent à cœur sont l’égalité salariale et l’éducation à la mixité et à l’égalité des genres.

  • Que pouvez-vous imposer pour, qu’à travail égal, hommes et femmes soient payés de la même manière ?

L’égalité salariale est inscrite dans le Code du travail et elle doit être respectée par les entreprises. Il faut sensibiliser les salariées au fait qu’elles ont le droit de se manifester si elles remarquent une inégalité de salaire pour travail égal avec un collègue.

Du côté des entreprises, il est prévu de les sensibiliser encore plus à travers les programmes d’actions positives que le ministère a mis en place. Le but est de les aider à identifier les problèmes et les besoins afin d’améliorer leur politique d’égalité. Il existe le logiciel logib.Lux qui est un instrument destiné aux entreprises pour leur permettre d’identifier les causes d’éventuelles inégalités salariales.

  • Selon vous, qu'est-ce qui doit changer dans l’éducation des enfants pour que l’égalité des sexes devienne quelque chose de normal ?

Il faut parler de l’égalité des sexes à l’école, dans les maisons relais et dire qu’il n’y a pas une grande différence entre les femmes et les hommes dans leurs idées et surtout soutenir les enfants dans l’orientation professionnelle.

L’école doit avoir une neutralité en terme de genre et dépasser les clichés.

Depuis quelques mois, nous sommes en train de mener une étude avec l’université du Luxembourg pour analyser les stéréotypes chez les enfants et les adolescents et regarder comment, nous, les politiques nous pouvons agir en intégrant cette problématique dans les programmes scolaires. Les résultats devraient être disponibles dans une à deux années.

  • Votre ministère a changé de nom. Est-ce du marketing politique ou une vraie finalité ?

Ce changement de nom est pour mettre en évidence l’égalité entre femmes et hommes et surtout pour montrer qu’on ne traite pas la discrimination car c’est le ministère de la Famille qui s’en charge. Par ce changement, le gouvernement voulait montrer sa volonté politique d’établir l’égalité des sexes au sein de notre pays.

  • C'est un ministère qui n'est jamais dirigé par un homme. Comment l’expliquez-vous ?

Oui, c’est vrai, on n’a encore jamais vu un homme à la tête du ministère de l'Egalité entre hommes et femmes. Cependant, c’est ma décision de l'avoir en plus de celui de l’Intérieur où là, c’est la première fois qu’une femme en est ministre. Grâce au ministère de l’Intérieur, je suis proche des communes et cela me donne une vision plus nette de ce qui se passe au niveau local afin d’oeuvrer de manière performante pour l'égalité des sexes.

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