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L'effort de défense atteindra près d'un milliard d'euros
Luxembourg 4 min. 24.06.2022
En 2028

L'effort de défense atteindra près d'un milliard d'euros

Le Luxembourg veut développer des secteurs clés de son armée, comme le transport aérien, les technologies spatiales et la cybersécurité.
En 2028

L'effort de défense atteindra près d'un milliard d'euros

Le Luxembourg veut développer des secteurs clés de son armée, comme le transport aérien, les technologies spatiales et la cybersécurité.
Photo: Nico MULLER
Luxembourg 4 min. 24.06.2022
En 2028

L'effort de défense atteindra près d'un milliard d'euros

«Pour rester un partenaire solidaire et fiable en matière de défense au sein de l’OTAN et de l’UE», le Luxembourg va augmenter le budget alloué à la Défense, lui permettant de poursuivre plusieurs projets majeurs.

1% du PIB à l’horizon 2028. Voilà l'objectif que s'est fixé le Luxembourg par rapport à son effort de défense. L'évolution de la situation sécuritaire en Europe mais aussi du contexte politique, avec l'éclatement du conflit en Ukraine, a poussé les autorités concernées à revoir leur position en la matière. Et à augmenter substantiellement cet effort de défense au cours des prochaines années, pour respecter les engagements luxembourgeois au sein de l’OTAN et de l’UE, alors que la question d'une armée commune européenne a été remise plusieurs fois sur la table ces derniers mois.


Wirtschaft, carsharing, François BauschFoto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
François Bausch défend les efforts du Luxembourg
Alors qu'en matière d'investissements pour la défense, l'objectif de l'OTAN est situé à 2% du PIB de ses pays membres, le Luxembourg semble à la traîne. Il s'agirait cependant d'un calcul ne correspondant pas aux spécificités du Grand-Duché, argue François Bausch.

Par rapport à 2014, l’effort de défense grand-ducal aura été multiplié par 5, pour atteindre presque 1 milliard d’euros dans six ans. Cet effort sera augmenté petit à petit au cours des six prochaines années. 

Cette planification, adoptée par le gouvernement en conseil sur proposition du ministre de la Défense, se base sur l’analyse des besoins actuels et futurs de l’armée et de la direction de la Défense et elle sera mise à jour régulièrement.  

Lors du sommet du Pays de Galles en 2014, l'OTAN avait demandé aux États membres de tendre vers un effort de défense à hauteur de 2% du PIB, une recommandation de longue date. Au Luxembourg, depuis 2014, le budget de défense a augmenté de plus de 230%.

Un calcul biaisé

Mais le pays présente cependant une situation particulière par rapport à ses voisins européens. Le Grand-Duché affiche en effet un PIB par habitant bien au-dessus de la moyenne des États membres de l’Alliance. Mais ce chiffre est biaisé à la hausse par le nombre important de travailleurs frontaliers, qui contribuent au PIB du pays sans être comptabilisés dans sa population. Or, la méthode de calcul de l’effort de défense se base sur le PIB de chaque nation. Elle ne tient donc pas compte de la réalité du terrain. 

«Dépenser plus ne doit pas être une fin en soi»

«La planification budgétaire, et plus particulièrement la mise sur pied de nouveaux projets, doit tenir compte de la taille de la Défense luxembourgeoise et être en phase avec les ressources humaines disponibles», souligne la direction de la Défense dans un communiqué. 

Une augmentation trop rapide des dépenses pour se rapprocher de la recommandation OTAN de 2% du PIB risquerait de bloquer des ressources humaines, qui ne pourraient plus être utilisées pour accomplir les objectifs en matière de défense fixés par l’OTAN pour le Luxembourg. «Dépenser plus ne signifie pas nécessairement être plus efficace et ne doit pas être une fin en soi», note le ministre de la Défense, François Bausch (déi Gréng).

Combler des lacunes capacitaires

La nouvelle planification de l’évolution de l’effort de défense vise à contribuer à combler des lacunes capacitaires au niveau de l’OTAN et de l’UE, tout en se focalisant sur le développement des domaines clés de la Défense luxembourgeoise. Soit l'ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance), le transport aérien, les technologies spatiales et la cybersécurité.

Sur base d’études réalisées auprès de la direction de la Défense et de l’armée, les acteurs concernés ont estimé qu’il était réaliste d’atteindre les 1% du PIB au plus tôt en 2028 et de maintenir aussi cet effort, sous certaines conditions.

La trajectoire retenue pour l’effort de défense entrainera des dépenses additionnelles de l'ordre de 793 millions d'euros sur la période 2024-2028, par rapport à l'ancienne planification.

Les projets majeurs

Les fonds qui seront alloués à la Défense seront utilisés pour différents projets. En premier lieu, la Défense espère concrétiser son objectif capacitaire du bataillon de reconnaissance belgo-luxembourgeois dès 2028. L'argent servira également à poursuivre les engagements de la Défense dans le domaine aérien. Le développement des capacités des systèmes aériens de surveillance et d’observation pilotés à distance est un des autres objectifs poursuivis. 

Parmi les autres projets, citons encore l’élargissement et le développement des capacités de défense dans le domaine spatial et dans celui de la cybersécurité.

«Les investissements planifiés répondent à nos objectifs capacitaires, à nos besoins et à ceux de nos partenaires. À travers cette approche, le Luxembourg affirme sa position de partenaire solidaire et fiable en matière de défense au sein de l’OTAN et de l’UE», conclut le ministre François Bausch. 

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