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L'e-consultation en pleine forme
Luxembourg 3 min. 10.12.2020

L'e-consultation en pleine forme

Déjà 673 professionnels de santé se sont convertis au système développé via l'Agence eSanté.

L'e-consultation en pleine forme

Déjà 673 professionnels de santé se sont convertis au système développé via l'Agence eSanté.
Photo : Guy Wolff
Luxembourg 3 min. 10.12.2020

L'e-consultation en pleine forme

Depuis mars, les échanges entre médecins et patients ne se font plus seulement en présentiel. Question santé aussi, le "à distance" a pris une nouvelle dimension depuis le début de l'épidémie covid.

(pj avec Thomas Klein) Selon une récente étude du Statec, 17% des internautes luxembourgeois ont consulté en ligne un médecin ou un professionnel de santé durant le confinement. C'est dire si la mise en place, depuis mars, de la plateforme de télémédecine eConsult est arrivée au bon moment. A l'heure où fréquenter une salle d'attente devenait une situation potentielle d'infection au covid, où la libre circulation de tous se trouve limitée, patients et médecins ont trouvé sur internet une autre forme de consultation.


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La plateforme de prise de rendez-vous médicaux en ligne n'en finit pas de grandir. La mise en place de la vidéo-consultation depuis le printemps ayant ajouté un atout de plus pour les cabinets comme pour les patients.

«En termes de fonctionnement, c'est similaire aux plateformes vidéo telles que Zoom», rassure David Celis, associé directeur de CMD Solutions, l'un des partenaires techniques dans la mise en œuvre du projet engagé à l'échelle nationale. «La différence réside principalement dans le niveau de sécurité plus élevé de la solution avec un cryptage de bout en bout de la consultation», poursuit le technicien.

De plus, l'ensemble des données échangées ou stockées sur le cloud individuel des malades sont préservées au Luxembourg, et non dans des data centers étrangers.

David Celis (CMD Solutions) et André Reitenbach (G-Core Labs) réfléchissent déjà à la prochaine évolution d'eConsult..
David Celis (CMD Solutions) et André Reitenbach (G-Core Labs) réfléchissent déjà à la prochaine évolution d'eConsult..
Photo : Guy Jallay

André Reitenbach, directeur général de G-Core Labs, deuxième partenaire de développement d'eConsult savait que la téléconsultation deviendrait vite populaire. Mais il reconnaît aussi volontiers que la crise covid a agi «comme un catalyseur», accélérant l'usage de la formule tant auprès des professionnels de santé que de la population.  

Mais à peine en place, chacun a trouvé son avantage, au-delà même de l'essentiel atout sanitaire. Par exemple, les patients peuvent stocker le détail de leurs frais de soins, les diagnostics ou les prescriptions dans un compartiment numérique privé. «Cela permet aux particuliers de gérer plus facilement leurs informations médicales et de les partager avec d'autres médecins traitants si besoin», explique David Celis.

Depuis le printemps, l'accès à la plateforme est entièrement gratuit pour médecins et patients, cela grâce au soutien du ministère de la Santé. Sitôt la vague covid maîtrisée, eConsult devrait prendre une autre forme, un autre modèle commercial. La piste la plus probable à l'heure actuelle étant que médecins ou hôpitaux payent une redevance mensuelle pour l'utilisation de ce service leur assurant des consultations (donc des revenus) sans toutefois avoir à se déplacer. 

Mais aujourd'hui surtout, les deux développeurs sont conscients que la forme des téléconsultations est loin d'offrir tous les potentiels. «Le patient peut témoigner de ses symptômes, mais difficilement prendre et transmettre certaines données physiologiques par exemple», souligne David Celis. Par conséquent, un certain nombre d'appareils, tels que des tensiomètres portables compatibles avec internet, ont été identifiés. Leurs informations pourraient compléter les déclarations orales. «Ces dispositifs intelligents peuvent aussi aider à surveiller la santé des patients atteints de maladies chroniques et informer le médecin traitant lorsque des tendances inquiétantes sont notées.»

Ainsi à l'avenir, l'intelligence artificielle contribuera à améliorer les diagnostics à distance. Par exemple, Amazon veut apprendre à son assistant vocal Alexa à reconnaître, en analysant un toussotement, s'il s'agit d'un simple coup de froid ou d'une autre maladie. «De nombreuses conclusions peuvent être tirées de l'apparence ou du comportement d'un patient. Les séquences de mouvements, la posture, les expressions faciales peuvent fournir tous les indices pour certains tableaux cliniques et les nouvelles aides électriques peuvent les signaler», indique André Reitenbach.

Reste que l'avenir des plateformes de consultation médicale en ligne dépendra non seulement de l'acceptation de la technologie par les patients et leurs médecins, mais aussi des limites que fixeront les décideurs politiques sur le traitement de données de santé jusque-là confidentielles. 

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