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L'avis du ministre: "Oui, il faut un droit à la déconnexion"
Luxembourg 2 min. 09.02.2017 Cet article est archivé

L'avis du ministre: "Oui, il faut un droit à la déconnexion"

Nicolas Schmit veut encadrer la connexion des salariés en dehors des heures de travail

L'avis du ministre: "Oui, il faut un droit à la déconnexion"

Nicolas Schmit veut encadrer la connexion des salariés en dehors des heures de travail
Chris Karaba
Luxembourg 2 min. 09.02.2017 Cet article est archivé

L'avis du ministre: "Oui, il faut un droit à la déconnexion"

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
Pour le ministre du Travail et de l'Emploi, instaurer un droit à la déconnexion serait dans l'intérêt des salariés mais aussi des entreprises, notamment face au risque de burn-out.

Le ministre du Travail et de l'Emploi, Nicolas Schmit, constate que le droit à la déconnexion est un vrai sujet et qu'il est d'ailleurs aujourd'hui reconnu par beaucoup d'entreprises. Pour autant, il ne peut en citer aucune au Luxembourg qui se soit engagée en faveur de la déconnexion.

Parmi les différentes options, il estime que "le choix de la France est intéressant car il crée un vrai droit à la déconnexion tout en laissant une latitude aux entreprises pour le mettre en oeuvre en accord avec leur domaine de compétence."

D'ailleurs, en 2015, Nicolas Schmit avait rencontré Bruno Mettling, directeur général adjoint de Orange et auteur du rapport à l'origine de la loi française sur le droit à la déconnexion, lors d'une conférence sur la digitalisation de l'économie à Luxembourg.

La nécessité de légiférer n'est cependant pas à l'ordre du jour pour le ministre qui juge que le flou en matière d'hyperconnexion est actuellement contrebalancé par l'obligation de l'employeur à veiller à la santé des salariés et par les règles de temps de travail existantes.  Néanmoins, il concède qu'"il y a besoin de fournir un cadre pour régler cette question."

Un débat prévu le 22 mars

Pour cela, il annonce l'ouverture d'un grand débat le 22 mars, en collaboration avec la Chambre de commerce et la Chambre des salariés, afin de déterminer quelles sont les règles qui devront être adaptées dans le monde du travail face à l'arrivée du numérique. "Le temps de travail fait partie des éléments qui, avec le numérique, se sont transformés et doivent être adaptés."

Il ne fait pas de doute pour Nicolas Schmit qu'un droit à la déconnexion serait dans l'intérêt des salariés mais aussi des entreprises: "On a besoin de repos et on y a droit. Si les gens sont sans arrêt sollicités, à un moment, ils craquent et cela peut aller jusqu'au burn-out."

"Je suis favorable à la création d'une véritable incitation au niveau des entreprises, pour prendre les mesures adéquates, en concertation avec les partenaires sociaux."


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