«L'ASTI fait de la propagande politique»
«L'ASTI fait de la propagande politique»
La hache de guerre ne semble pas encore prête à être enterrée entre l'ASTI et l'ADR. Interrogé mercredi sur les ondes de RTL, Fred Keup (ADR) n'a pas retenu ses coups à l'encontre de l'asbl, qui aurait «toujours du mal à accepter les résultats du référendum» de 2015 et qui «n'accepte pas qu'une partie importante de la population ne partage pas son avis». A l'origine de ces attaques en règle, la plainte déposée contre X par l'Asti après la publication, sur le compte Facebook du député, de commentaires visant personnellement Laura Zuccoli, présidente de l'association.
Si Fred Keup reconnaît que l'ASTI «est dans son bon droit de porter plainte» et qu'«il existe une limite» à ne pas franchir, «aussi bien à la Chambre que sur les réseaux sociaux», ce dernier estime que les démarches entreprises devant la justice visent avant tout à «censurer la liberté d'expression». Un argumentaire dans la droite ligne de la position défendue depuis plusieurs semaines par le parti nationaliste qui s'attaque de front à «une ONG qui joue un rôle important dans la vie publique, de surcroît et du moins partiellement avec l'argent du contribuable».
Et le remplaçant de Gast Gibéryen à la Chambre d'avancer, mercredi, un subventionnement étatique à hauteur de «deux millions d'euros» qui seraient utilisés par l'Asti pour faire «de la propagande politique». En l'occurrence, la défense d'un Luxembourg multiculturel et la lutte contre «toutes les formes de discrimination, avec une attention particulière contre celles en lien avec la 'race' et l’origine ethnique ou nationale, réelle ou supposée». A noter que pour le député, le ton employé sur les réseaux sociaux «peut être très dur», mais «tous les acteurs politiques doivent pouvoir le supporter». Et qu'au final, ce sera «au tribunal de trancher» sur l'éventuel franchissement de la ligne rouge.
Pour mémoire, cette affaire a débuté avec la publication, en début d'année, d'une carte blanche de Laura Zuccoli dénonçant les discriminations dont seraient victimes les jeunes Capverdiens dans leur orientation scolaire. Un avis qui avait alors été commenté sur le profil Facebook du député, certains internautes n'ayant pas hésité à utiliser des termes tels que «sorcière» ou «vache». Fred Keup n'avait pas appelé à la modération, suscitant l'émoi de l'Asti qui avait dénoncé «un discours de haine dans les discours politiques au Luxembourg».
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