Changer d'édition

L'armée reprend les commandes de LUXEOSys
Luxembourg 2 min. 12.10.2021
Espace

L'armée reprend les commandes de LUXEOSys

Le ministre Bausch a fait machine arrière sur le rôle des militaires luxembourgeois dans la mise en action du satellite d'observation.
Espace

L'armée reprend les commandes de LUXEOSys

Le ministre Bausch a fait machine arrière sur le rôle des militaires luxembourgeois dans la mise en action du satellite d'observation.
Photo archives : Lex Kleren
Luxembourg 2 min. 12.10.2021
Espace

L'armée reprend les commandes de LUXEOSys

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le satellite d'observation luxembourgeois n'a pas encore décollé qu'il fait déjà (beaucoup) parler de lui. Après les interrogations sur son coût, voilà que sa gestion vient de changer de mains.

Finalement, il se peut que LUXEOSys ne coûte pas si cher. Enfin, moins que les dernières estimations avancées par le ministre de la Défense. En mai dernier, François Bausch (Déi Gréng) pronostiquait une facture de l'ordre de 309 millions d'euros, la note finale pourrait finalement graviter autour des 274 millions. Le responsable politique du projet vient d'en informer, lundi, la commission du contrôle de l'exécution budgétaire. 


SES16 LuxGovSat
LUXEOSys échappe à la commission d'enquête
Les députés demandent toutefois à la Cour des comptes un rapport spécial sur la gestion financière du projet. La facture du satellite étant passée de 170 à 209 millions d'euros.

Certes, le montant final reste encore bien loin de ce que le ministre Etienne Schneider (LSAP) avait avancé alors qu'il mettait le premier satellite luxembourgeois sur la rampe de lancement. En 2018, il n'était question «que» de 170 millions d'euros. «Reste que cette diminution n'est pas une mauvaise nouvelle», sourit mi-figue, mi-raisin Diane Adehm, présidente de ladite commission et parlementaire CSV. 

Si le budget pourrait ne plus être autant astronomique que craint, c'est que le ministère de la Défense commence à avoir les retours des premiers appels d'offres lancés. Et les entreprises répondant au cahier des charges s'avèrent moins gourmandes que le scénario envisagé. Les coûts de l'operating center ou du date center (confiés à des exploitants privés) semblent ainsi plutôt favorables aux finances publiques. 


LUXEOSys descendu en flamme par l'opposition
CSV, ADR, Déi Lenk et Pirate ne se contenteront pas de voter contre l’impressionnante rallonge budgétaire demandée pour financer le satellite, ils réclament l'ouverture d'une commission d'enquête.

Mais, lundi, les députés ont aussi découvert que l'exploitation même du fonctionnement du satellite devrait retomber entre les mains de l'armée luxembourgeoise. Chose jusqu'alors inenvisageable, faute des compétences nécessaires en interne, selon François Bausch. En 2020 encore, il justifiait ainsi le choix de laisser le privé gérer le quotidien de l'engin faisant de l'observation de la Terre sa mission exclusive.

Mais, finalement, l'armée a pu recruter un volant d'officiers performants autant dans les domaines du juridique spatial que de technologies. Des Néerlandais, Belges et quelques nationaux aussi. Résultat, une équipe de neuf spécialistes en uniforme a été constituée autour de LUXEOSys. Les sociétés mettraient en place le système d'exploitation des images saisies en orbite, mais les soldats donneraient les ordres de quoi regarder et vers qui adresser les clichés. 

Pour qui les clichés ?

«Le ministre de la Défense nous a assurés qu'il n'était toujours pas prévu de vendre ces images pour le privé. Leur but sera militaire ou humanitaire, point», indique Diane Adehm. Ainsi, les principaux destinataires des vues prises par le satellite luxembourgeois resteraient des institutions comme l'Union européenne, les Nations Unies ou encore l'OTAN. 

D'ailleurs, François Bausch a bien insisté qu'une partie de la facture du satellite entrerait dans la ''dotation'' que doit le Grand-Duché à l'organisation du Traité de l'Atlantique Nord. A l'exemple de ce qui avait déjà été fait à l'occasion de l'achat d'un avion de transport militaire A400M. Il s'agissait alors d'un investissement (conjoint avec la Belgique) de près de 197 millions d'euros.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Non, il n'est pas prévu que le Grand-Duché envoie un spationaute à bord de la station spatiale internationale. Par contre, des étudiants luxembourgeois auront la chance de voir leur expérience être menée 400 km au-dessus de leur tête. Il faut juste qu'elle tienne dans une boite...
Backdropped by Earth's horizon and the blackness of space, a portion of the International Space Station is featured in this image provided by NASA and photographed by a crew member on the International Space Station while space shuttle Endeavour remains docked with the station Monday Feb. 15, 2010. (AP Photo/NASA)
Avant d'expédier deux astronautes sur l'unique satellite naturel de la Terre, la NASA y enverra en 2023 un robot en mission de reconnaissance. Et c'est à Luxembourg que l'équipe d'Ispace conçoit ce rover aussi léger qu'intelligent.
Le matin en commission parlementaire, et le soir face à la presse, le ministre de la Défense François Bausch a évoqué tous les éléments qui avaient détourné de son orbite financière le satellite LUXEOSys. Un dossier dont le lancement était plus qu'incertrain.
Politik, Pressekonferenz Minister Francois Bausch zu Militär Satelit LUXEOSys, foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort