L'apprentissage du français, un défi cognitif pour les élèves luxembourgeois

Une recherche de l'universite du Luxembourg dans le domaine de l'apprentissage des langues chez les enfants révèle que  les élèves de langue luxembourgeoise apprennent l'allemand et le français de façon différente.

Pour les élèves de langue luxembourgeoise, l'apprentissage du français représente un défi cognitif
Pour les élèves de langue luxembourgeoise, l'apprentissage du français représente un défi cognitif
Photo: Shutterstock

Les résultats d'une étude de l'université du Luxembourg mettent en avant que les enfants de 8 à 9 ans apprennent le vocabulaire allemand en se référant au vocabulaire déjà  acquis dans la langue luxembourgeoise, tandis que l'acquisition du français se fonde principalement sur leur capacité à détecter et à analyser les phonèmes inconnus composant les mots.

Contrairement à  l'allemand, que les enfants de langue luxembourgeoise acquièrent «naturellement», l'apprentissage du français représente un défi cognitif.

Les conclusions de l'étude publiée mardi dans le "Journal of Educational Psychology", ont des répercussions sur la pédagogie des deuxièmes langues.

Pour les jeunes enfants de langue luxembourgeoise, les mots français contiennent des sons et combinaisons phoniques inconnus que les enfants devront, par conséquent, tout d'abord reconnaître et analyser individuellement afin d'apprendre efficacement tout nouveau mot.

Les conclusions des travaux suggèrent que des capacités élémentaires d'analyse phonologique constituent un atout important pour l'apprentissage réussi d'une deuxième langue dont la structure phonique est inconnue.

Les conclusions mettent en exergue l'importance de deux facteurs lors de l'apprentissage de la deuxième langue.

Implications sur la pédagogie des deuxièmes langues

La mémoire opérationnelle est essentielle pour les tâches de compréhension à la lecture et d'écriture, tandis que les capacités de traitement phonologique sont indispensables au décodage des mots et à l'apprentissage du vocabulaire en français.     

La conscience phonologique d'un enfant peut être améliorée par des exercices reposant sur des jeux de rimes et des activités autour des sons.

Cette étude comporte dès lors clairement des implications sur la pédagogie des deuxièmes langues.

«L'entraînement de la conscience phonologique devrait faire explicitement partie des cursus en classe maternelle et durant les premières années de l'école primaire. En effet, la recherche démontre que ces activités peuvent aider les enfants à acquérir une ou plusieurs deuxièmes langues et améliorer leur aptitude à la lecture. Par ailleurs, ces exercices peuvent être bénéfiques aux enfants présentant un risque de dyslexie ou des difficultés d'apprentissage de la deuxième langue», affirme le Dr. Engel de Abreu, de l'université du Luxembourg, qui dirige cette étude.