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L'appli qui ne vous rendra pas accro
Luxembourg 3 min. 12.12.2019

L'appli qui ne vous rendra pas accro

Parmi les fonctionnalités, une touche permet de mieux connaitre les différents produits addictifs.

L'appli qui ne vous rendra pas accro

Parmi les fonctionnalités, une touche permet de mieux connaitre les différents produits addictifs.
Photo : Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 12.12.2019

L'appli qui ne vous rendra pas accro

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Modernité oblige: trois acteurs de la prévention de la toxicomanie viennent de lancer l'application «Suchtberodung» pour que consommateurs comme proches appréhendent mieux risques et moyens de s'en sortir.

«Le problème de nos métiers, c'est de toucher le plus de monde possible. Développer une application dédiée aux questions de toxicomanie, accessible 7j/7, 24h/24 et sérieuse, nous a semblé une idée géniale.» Voilà comment Günter Biwersi relate le parcours qui a conduit à la création de l'appli Suchtberodung Online. Et le directeur adjoint de Jungend- an drogenhëllef d'embarquer dans l'aventure deux autres partenaires, eux aussi, bien au fait des questions d'addiction: Impuls (orienté vers les moins de 21 ans) et le Centre de prévention des toxicomanies (CePT).

Un quatrième acteur a fait passer le projet à la réalité. Il s'agit de l'Oeuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte. La Fondation n'a pas hésité à financer la quasi-totalité des 200.000 euros nécessaires au lancement. A compter de vendredi donc, voilà l'application en service même s'il est déjà possible de la télécharger sur l'App Store comme sur Google Play.


Bilan un mois après l?ouverture de la salle de shoot à Esch, Reportage Salle de Shoot Esch, Fotos: Julian Pierrot /Luxemburger Wort / Foto: Julian PIERROT
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Il y a un peu plus d'un mois, une deuxième salle de consommation de drogues supervisée a ouvert ses portes à Esch-sur-Alzette. Jean-Nico Pierre, directeur de la Youth Aid Foundation, dresse un premier bilan.

Pour René Meneghetti, chargé de direction à Impuls, l'outil est le bienvenu. «D'abord parce que c'est une forme de communication qui peut attirer des jeunes. Des adolescents ou des jeunes actifs qui seraient réticents à venir se renseigner auprès de nos bureaux.» Ensuite, comme la totalité des informations accessibles a été produite par les équipes des trois partenaires: «c'est du fiable. Du sérieux qui pourrait être utile non seulement à ceux qui pensent être dépendants mais aussi à leurs amis, collègues ou parents qui voudraient savoir comment les aider à décrocher».

D'un coup de pouce sur l'écran du mobile, «de façon gratuite et anonyme», chacun peut ainsi en apprendre plus sur les produits à risques. Du tabac à l'héroïne, en passant par l'alcool, le cannabis (drogue la plus consommée au Grand-Duché) ou les nouvelles substances psychoactives : tout tient dans la main.

Des spécialistes derrière l'écran

Le statut juridique (consommation légale ou non), les effets, les modes de consommation, les risques, les effets secondaires, les aides possibles : tout est bien résumé. Les textes ayant été rédigés en français comme en allemand, histoire de s'adapter à un maximum de personnes. 

«Mais le cœur de l'application, c'est bien la fonction de consultation en ligne», insiste Günter Biwersi. Ainsi, est-il possible aux utilisateurs de Suchtberodung Online de poser toutes les questions concernant le monde des drogues et des dépendances. A charge pour l'équipe de spécialistes «derrière l'écran» de répondre le plus précisément. En fonction des interrogations, la plateforme dispatchera les messages tantôt à des psychologues, tantôt à des assistants sociaux, des pédagogues ou des éducateurs. 

«L'application sera active le 13 décembre. Nous nous laissons le temps de voir quelles sont les attentes, les pages les plus consultées pour la faire évoluer au fil du temps», indique René Meneghetti, chargé de direction d'Impuls.
«L'application sera active le 13 décembre. Nous nous laissons le temps de voir quelles sont les attentes, les pages les plus consultées pour la faire évoluer au fil du temps», indique René Meneghetti, chargé de direction d'Impuls.
Photo : Lex Kleren

«L'un ou l'autre de nos intervenants professionnels se chargera de répondre dans un délai de 48h maximum», mentionne d'emblée René Menegheti. Un délai qui peut sembler bien long à l'heure de l'hyperréactivité mais que le responsable d'Impuls justifie: «Cette attente n'est pas si élevée. Parfois prendre rendez-vous avec les professionnels que nous mobilisons peut prendre plusieurs semaines. Là, en deux jours, vous avez votre réponse et le lien qui se crée pour converser au sujet de ces sujets graves.»

Ensuite, il n'était pas question pour les initiateurs de se lancer dans une appli version tchat. «Les réponses correspondront au cas précis évoqué, sans précipitation, ni généralité. C'est bien un entretien individualisé, précis que cette consultation en ligne (ou via son ordinateur sur www.suchtberodungonline.lu permet.»


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