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L'allocation familiale révisée en 2022
Luxembourg 3 min. 26.01.2021

L'allocation familiale révisée en 2022

Jusqu'à présent le montant de l'allocation était fixe quelle que soit l'augmentation des prix.

L'allocation familiale révisée en 2022

Jusqu'à présent le montant de l'allocation était fixe quelle que soit l'augmentation des prix.
Photo : AFP
Luxembourg 3 min. 26.01.2021

L'allocation familiale révisée en 2022

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Depuis 2006, l’allocation familiale n'augmentait plus au rythme du coût de la vie. A compter du 1er janvier prochain, elle sera à nouveau indexée. Et si la commission de la Famille est favorable à ce changement, elle n'entend pas toucher au congé parental.

A bien relire l'accord de coalition passé entre les trois partis siégeant au gouvernement, il n'était pas prévu de réviser le montant de l'allocation familiale «avant la fin de la législature». Mardi, la ministre de la Famille a annoncé que, finalement, le retour à une indexation aurait lieu dès janvier prochain. Adieu 2023 donc. «Une excellente nouvelle de la part de Corinne Cahen», commente le député Max Hahn (DP) qui dirige les travaux de la commission Famille.


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Ainsi, depuis quatorze ans, le montant de l'allocation restait plafonné à 265 euros par enfant. Son évolution ne dépendait plus de l'augmentation de l'indice des prix, mais 2022 verra donc se réactiver le lien. «Mais il n'y aura pas d'effet rétroactif. La prochaine hausse de l'allocation versée se fera à la prochaine augmentation de l'index», indique Max Hahn. 

Mardi, la commission de la Famille a aussi abordé le devenir du congé parental. Le dernier toilettage, apporté en 2016 à ce dispositif instauré en 1999, «faisant de plus en plus ses preuves» aux yeux du député libéral. Ainsi, l'an dernier, pas moins de 10.900 parents se sont mis en retrait de leur activité salariale pour se rapprocher de leur enfant. Et au-delà de ce chiffre en augmentation constante ces dernières années, la commission a surtout remarqué la répartition «de plus en plus équitable entre hommes et femmes» dans la prise de ce congé.

«Il y a même eu plus de pères que de mères qui en ont bénéficié, en 2020. 5.800 papas pour 5.100 mamans», note Max Hahn. Une inversion de tendance qui était d'ailleurs l'un des objectifs de la réforme de 2016. «Tout comme, il est bon de constater que les familles profitent bien des six formes de congé qui avaient été décidées il y a cinq ans, pour leur permettre une meilleure adaptation entre vie familiale et vie professionnelle». 

Par contre, la Commission a définitivement fermé la porte aux propositions du député Marc Spautz (CSV). Il était notamment question que les parents puissent s'échanger leurs droits. L'un «offrant» tout ou partie des jours consentis à l'autre. «La plupart d'entre nous estiment que cette possibilité de transferts pourrait nuire à la parité qui se crée entre hommes et femmes. Et cela au détriment des mamans qui pourraient voir se retrouver sur leurs seuls bras le temps consacré à veiller à la santé et l'éducation des petits», argumente le libéral Max Hahn.


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Même refus pour un éventuel droit des grands-parents des enfants à bénéficier de tout ou partie du solde de jours de congé parental pour veiller sur les plus jeunes. «Là aussi, un aspect nous semble en contradiction avec ce que nous avons initié en 2016 dont une des finalités était d'assurer les liens d'affection entre parent et enfant via cette présence assurée de l'un auprès de l'autre. Ce n'est pas juste une question de garde.»

Par ailleurs, les députés ont remarqué que pareil transfert aurait un caractère inégalitaire dans la société luxembourgeoise. Et cela parce que nombre de couples ne pourraient s'appuyer sur la présence de grands-parents, soit décédés, trop âgés ou alors trop éloignés de la cellule familiale pour assurer cette présence attentive et affective auprès des enfants établis au Grand-Duché.


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