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L'ADR ne décolère toujours pas
Luxembourg 5 min. 08.10.2021
Politique

L'ADR ne décolère toujours pas

Roy Reding, Jeff Engelen, Fernand Kartheiser et Fred Keup représentent le parti à la Chambre.
Politique

L'ADR ne décolère toujours pas

Roy Reding, Jeff Engelen, Fernand Kartheiser et Fred Keup représentent le parti à la Chambre.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 5 min. 08.10.2021
Politique

L'ADR ne décolère toujours pas

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Pour sa rentrée parlementaire, le parti d'opposition n'a pas ménagé ses coups à l'encontre des choix gouvernementaux d'une coalition que l'ADR estime à bout de course.

(pj avec Danielle SCHUMACHER) «Je n'attends pas grand-chose du discours sur l' état de la Nation du Premier ministre.» Voilà qui est dit! Et le chef de fraction ADR, Fernand Kartheiser, n'entend pas ménager ses coups avant même que Xavier Bettel ne prenne la parole devant la Chambre le 12 octobre prochain. D'ailleurs le parti ne voit pas comment le gouvernement actuel pourrait satisfaire la population tant la coalition est aujourd'hui divisée, estime la formation d'opposition. 


IPO,Presseiessen ADR. Fernand Kartheiser.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
L'ADR tient au référendum constitutionnel
Pas de réforme constitutionnelle sans référendum : l'ADR l'avait déjà signifié lors de son congrès du parti, mais la mesure a été à nouveau évoquée par le parti à l'occasion de son bilan de session parlementaire.

Premier point d'attaque : la réforme constitutionnelle. Même si une campagne d'information est maintenant lancée, l'ADR reste attaché à son idée de référendum sur le sujet. «La campagne d'information officielle, c'est de la propagande.» Aussi, la formation a-t-elle lancé ses propres documents sur les changements qui pourraient impacter la «loi la plus importante du pays». 

Pour que ce référendum constitutionnel devienne réalité, le parti ne s'appuiera pas sur le nécessaire soutien de 25.000 signataires, mais il entend motiver toujours plus de députés à réclamer cet appel au vote de la population sur le texte fondamental dans l'organisation politique du pays. Et de pointer au passage la trahison des partis de gouvernement (DP, LSAP, Déi Gréng) ou de l'opposition (CSV) qui avaient tous promis lors des dernières législatives qu'ils feraient de la consultation des électeurs un passage obligé avant tout changement de Constitution.

Même colère quand il est question de la politique fiscale suivie. «Nous sommes contre les augmentations d'impôts et contre l'introduction de nouvelles taxes», résume le parlementaire Roy Reding. Pour l'ADR, depuis 2013 et le premier gouvernement Bettel, le paysage fiscal s'est de plus en plus dégradé et la vis fiscale s'est resserrée «excessivement». Taxe CO2, hausse de TVA, taxe sur l'automobile sont autant de mauvais choix pour le parti. 


A girls walks to her primary school with her mother on the first day of the new school year in Vertou, western France, on September 4, 2017. / AFP PHOTO / LOIC VENANCE        (Photo credit should read LOIC VENANCE/AFP/Getty Images)
Pourquoi l'impôt pèse-t-il tant sur les monoparentaux?
Des années que les parents isolés avec un ou plusieurs enfants à charge dénoncent une fiscalité injuste. Et des années que les avancées sur ce dossier tardent à être votées. Explications.

Par contre, l'ADR avance des propositions sur un ajustement de l'impôt sur le revenu. La grille d'imposition pourrait être adaptée à l'inflation, l'abattement pour parents isolés pourrait se muer en crédit d'impôt. De plus, Roy Reding considère qu'un droit de succession en ligne directe est «mauvais, répréhensible et immoral» car la propriété a déjà été taxée. 

Sur ce thème, l'ADR suggère que les successions jusqu'au troisième degré soient exonérées d'impôt. Tout comme le parti en finirait avec la taxe foncière pour les entreprises, cela pour que les sociétés puissent mobiliser plus d'argent dans leurs investissements. Quant à la réforme de la taxe foncière dont tout le monde parle actuellement, Kartheiser et les siens appellent  à «la plus grande prudence».

La levée du secret bancaire pour les résidents ne fait surtout pas partie des attentes de l'ADR. N'en déplaise à l'ancien directeur de l'administration fiscale, Guy Heintz, qui l'a réclamée dernièrement au micro de RTL. Pour le chef de fraction du parti, cette levée reviendrait à «fouiner dans l'intimité». Sachant que l'ADR repousse avec la même vigueur l'idée d'un ''impôt covid'' comme suggéré par le vice-Premier LSAP, Dan Kersch (idée repoussée par Bettel depuis quelques semaines).

Sur la gestion de la crise covid, l'ADR regrette que certaines mesures aient été prises au détriment des libertés individuelles. Selon le parti : pas question d'accepter la vaccination obligatoire, nécessité de prolonger des aides aux entreprises à prévoir et urgence surtout à présenter maintenant un «plan post-covid». 

Enfin, l'ADR n'a pas manqué de critiquer la ligne suivie par le ministre de l'Education, Claude Meisch (DP). La multiplication des écoles européennes irritant particulièrement le parti conservateur : «Elles conduisent à des mondes parallèles», tranche Fred Keup, dernier arrivé à la Chambre sous les couleurs du parti mais qui a déjà su imposer la voix de l'ADR dans les débats. 

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IPO , Ettelbreck , Daichhal , ADR Nationalkongress , Alternativ Demokratesch Reformpartei  , Jean Schoos , Präsident Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort