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L'accord tripartite sera signé ce mercredi
Luxembourg 5 min. 27.09.2022
Feu vert des partenaires sociaux

L'accord tripartite sera signé ce mercredi

Contrairement au printemps, le nouvel accord tripartite a été accepté sans discussion par l'OGBL.
Feu vert des partenaires sociaux

L'accord tripartite sera signé ce mercredi

Contrairement au printemps, le nouvel accord tripartite a été accepté sans discussion par l'OGBL.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 5 min. 27.09.2022
Feu vert des partenaires sociaux

L'accord tripartite sera signé ce mercredi

Simone MOLITOR
Simone MOLITOR
Les syndicats sont satisfaits, le patronat un peu moins, ce qui n'a pas empêché que l'accord tripartite ait été approuvé par tous.

Trois journées intensives de tripartite ont été nécessaires pour ficeler un paquet de mesures dont le gouvernement, les syndicats et le patronat se sont montrés - plus ou moins - satisfaits. Après que l'UEL, l'organisation faîtière du patronat luxembourgeois, a déjà annoncé qu'elle soutiendrait les décisions, l'OGBL, le LCGB et la CGFP ont également obtenu l'accord de leurs instances respectives, de sorte que l'accord pourra être signé mercredi.


Sie gingen geschlossen in die Verhandlungen hinein und sind zufrieden mit dem Ergebnis: LCGB-Präsident Patrick Dury, OGBL-Präsidentin Nora Back und CGFP-Präsident Romain Wolff (v.l.n.r.).
«Le plafonnement des prix n'est pas socialement juste»
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Le Premier ministre Xavier Bettel (DP) fera alors également une déclaration à la Chambre et laissera ensuite le pupitre aux parties. Dès le mois d'octobre, les premières mesures visant à faire baisser l'inflation et à soulager les citoyens et les entreprises prendront effet.

«Des attaques contre d'importants acquis sociaux repoussées»

Lundi, le LCGB a été le premier syndicat à donner son feu vert. «Pour le LCGB, les mesures adoptées constituent un paquet ambitieux et équilibré, adapté à la situation de crise actuelle et à l'imprévisibilité de l'évolution socioéconomique dans les mois à venir», pouvait-on lire dans un communiqué. L'indexation automatique des salaires des salariés et des pensionnés n'est pas remise en cause, a également précisé le syndicat.

Pour le LCGB, les mesures adoptées constituent un paquet ambitieux et équilibré.

Extrait du communiqué du LCGB

Le maintien intégral du mécanisme indiciaire a également été salué par la CGFP, dont le comité national a approuvé l'accord à l'unanimité mardi. Les syndicats ont réussi à repousser de nombreuses attaques contre des acquis sociaux importants, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Nous avons pu repousser les attaques salariales du patronat.

Nora Back, présidente de l'OGBL

«Le plafonnement des prix du gaz et le gel des prix de l'électricité qui ont été décidés constituent un soutien précieux pour de nombreuses personnes en ces temps difficiles», a souligné le syndicat des fonctionnaires.

La CGFP n'a pas voulu laisser passer le reproche selon lequel le frein aux prix de l'énergie, en vigueur jusqu'à fin 2023, n'incite pas à faire des économies. Malgré l'intervention de l'Etat sur les prix, les paiements anticipés resteraient à un niveau très élevé, raison pour laquelle une grande partie des ménages serait soucieuse de réduire sa consommation d'énergie.

Les principales revendications ont été prises en compte

«Nous avons pu repousser les attaques salariales du patronat», a entre-temps souligné la présidente de l'OGBL Nora Back, dont le syndicat était le seul à avoir convoqué une conférence de presse mardi pour annoncer que l'accord avait été approuvé sans discussion (avec une abstention) par le comité national.

«Nous ne nous attendions pas à autre chose, car nos principales revendications ont été prises en compte, contrairement à ce qui s'était passé en mars. Le système d'indexation fonctionnera à nouveau normalement, les prix de l'énergie seront plafonnés, tout comme les prix dans les maisons de repos, et la TVA baissera. Nous nous sentons confirmés dans notre position», a-t-elle résumé.

L'exigence d'une plus grande justice fiscale demeure

Selon Nora Back, il s'agissait néanmoins de «négociations difficiles», car les employeurs avaient parfois des positions complètement opposées. Malgré tout, un compromis a été trouvé, même si une grande revendication de l'OGBL n'a pas été satisfaite : l'adaptation du barème fiscal à l'inflation. La CGFP ne renonce pas non plus à cette revendication de longue date. Après tout, la réforme fiscale prévue fait partie du programme de la coalition actuelle, a rappelé le syndicat des fonctionnaires. «Nous ne lâcherons pas prise», a promis Nora Back. L'OGBL a déjà prévu une campagne autour de la réforme fiscale.


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Ces derniers jours, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le manque de sélectivité sociale des mesures. Tant pour la CGFP que pour l'OGBL, celle-ci doit justement être réalisée par une politique fiscale équitable. «La situation financière difficile dans laquelle se trouvent de plus en plus de ménages exige une action rapide. Mais l'élaboration d'une réforme fiscale socialement différenciée aurait pris beaucoup plus de temps et ne convenait donc pas à cette tripartite», a indiqué la CGFP.

Nora Back a fait la même remarque : «L'objectif était de trouver une solution rapide à cette situation de crise. Si nous avions encore dû discuter de la question de savoir à partir de quel niveau de revenu on reçoit quelle aide, il y aurait eu des querelles et les négociations auraient traîné en longueur», a-t-elle déclaré. L'action sur les prix de l'énergie est cependant une «aide énorme» pour les ménages à faibles revenus, c'est ce qui compte en fin de compte.

Le budget de l'État offre une marge de manœuvre

Lundi, la ministre des Finances Yuriko Backes (DP) a présenté aux membres des commissions parlementaires des finances et du contrôle budgétaire un aperçu des finances publiques. Même si la ministre ne s'est pas exprimée explicitement sur l'impact sur le budget de l'État, les chiffres présentés - près d'un milliard d'euros d'excédent dans le budget de l'État - laissent penser qu'il existe une marge de manœuvre financière pour les mesures décidées lors de la tripartite.

Cet article a été publié pour la première fois sur wort.lu/de

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(de dos, de g. à dr.) Paulette Lenert, Vice-Premier ministre, ministre de la Protection des consommateurs, ministre de la Santé, ministre déléguée à la Sécurité sociale ; Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d’État ; François Bausch, Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, ministre de la Mobilité et des Travaux publics ; Lex Delles, ministre des Classes moyennes, ministre du Tourisme