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«L'absence d'éclairage ne diminue pas la sécurité»
Luxembourg 3 min. 21.08.2019 Cet article est archivé

«L'absence d'éclairage ne diminue pas la sécurité»

Le démontage des lampadaires sur l'A13 entre le tunnel Aessen et le tunnel Ehlerange est en cours ce mercredi matin.

«L'absence d'éclairage ne diminue pas la sécurité»

Le démontage des lampadaires sur l'A13 entre le tunnel Aessen et le tunnel Ehlerange est en cours ce mercredi matin.
Photo: Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 21.08.2019 Cet article est archivé

«L'absence d'éclairage ne diminue pas la sécurité»

Maurice FICK
Maurice FICK
Critique au moment de l'annonce de François Bausch en 2014, l'ACL , tout comme la Sécurité routière, ne voient pas la suppression de l'éclairage public le long des autoroutes luxembourgeoises comme une source d'insécurité. Au contraire.

En cinq ans, l'Automobile Club du Luxembourg (ACL) a changé son fusil d'épaule sur la question de l'éclairage des autoroutes. En avril 2014, après l'annonce de François Bausch de supprimer l'éclairage public sur le réseau autoroutier, l'ACL avait tenu à rappeler «son opposition à cette décision du ministère du Développement durable et des Infrastructures», car du point de vue de la sécurité routière «cette décision représente un mauvais signal et pourrait conduire à des situations dangereuses (par exemple la visibilité de piétons la nuit après un accident ou une panne)».


La suppression des lampadaires autoroutiers continue
L'acte 2 de la politique de suppression de l'éclairage public le long des autoroutes luxembourgeoises pour faire des économies d'énergie a démarré. Depuis ce mardi matin et jusqu'à la fin du mois, les lampadaires sont sciés sur des tronçons de l'A1 et l'A13.

Mais ça, c'était avant. Directeur de l'Automobile Club Luxembourg depuis le mois de mai, Jean-Claude Juchem, qui passe quotidiennement par l'A6 désormais plongée dans le noir, «ne peut pas dire», en tant qu'usager, «que l'absence d'éclairage diminue la sécurité.» Et fait remarquer qu'«en Belgique, en France et en Allemagne bon nombre d'autoroutes ne sont pas éclairées non plus».

Les lampadaires sont gommés du paysage autoroutier à cause de la vétusté des mâts.
Les lampadaires sont gommés du paysage autoroutier à cause de la vétusté des mâts.
Photo: Lex Kleren

Le directeur de l'ACL reconnaît «ne pas avoir reçu de réclamation de la part des membres de l'ACL (qui en compte 185.000)» et relève surtout le fait qu'«il n'y a pas eu plus d'accidents» sur l'A6 qui est non éclairée. 

Même si la mortalité sur les routes luxembourgeoises en général a fait un bond de 30% entre 2017 et 2018, les statistiques les plus récentes dévoilées en mai 2019 par le ministre de la Mobilité, ne font état d'aucune progression flagrante du nombre de morts sur les routes et autoroutes depuis 2014:

«Je peux comprendre qu'un ministre écologique enlève un trop-plein de lumière», relève de son côté Paul Hammelmann. Le président de la Sécurité routière asbl souligne qu'à l'époque «ce n'était pas un scandale pour nous». 

Lui non plus «ne pense pas savoir qu'il y ait eu des accidents graves à cause d'un moins bon éclairage des autoroutes». Personnellement il se dit clairement contre la pollution lumineuse engendrée par l'éclairage de nuit du réseau autoroutier et demande «pourquoi faudrait-il éclairer les autoroutes comme aux Emirats arabes unis?» 

Fait est qu'aux yeux de Paul Hammelmann, «ça ne change rien pour la sécurité». Il est même persuadé du contraire. De toutes ces années passées à la tête de l'asbl il retient la règle selon laquelle «plus le soleil brille, plus on ose au volant». Autrement traduit: «Sur une autoroute moins bien illuminée on se sent moins en sécurité» et donc, on conduit plus prudemment.

L'A6 «constamment saturée» 

Le sujet qui préoccupe bien davantage le directeur de l'ACL est la pénible circulation sur l'autoroute d'Arlon «qui est constamment saturée» et sur laquelle peuvent se créer des bouchons d'une dizaine de kilomètres dès qu'il y a accrochage. 

Il y a six mois l'ACL s'était tourné vers le ministère de la Mobilité pour critiquer «le fait qu'en cas d'accident ça dure tellement longtemps avant que l'autoroute ne soit dégagée» durant les heures de pointe, notamment quand les journées sont plus sombres et la météo maussade.

Un groupe de travail planche sur le sujet et pourrait aboutir à l'amélioration des interventions des sociétés de dépannage et de remorquage sur l'autoroute.