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L'Abrigado attend de faire ses cartons
Luxembourg 3 min. 19.03.2021

L'Abrigado attend de faire ses cartons

Selon Raoul Schaaf, entre 180 et 190 personnes fréquentent quotidiennement la salle de shoot du quartier Gare.

L'Abrigado attend de faire ses cartons

Selon Raoul Schaaf, entre 180 et 190 personnes fréquentent quotidiennement la salle de shoot du quartier Gare.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 3 min. 19.03.2021

L'Abrigado attend de faire ses cartons

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Si différentes pistes ont été évoquées concernant la délocalisation de la salle de shoot de la rue de Thionville, aucun site n'a été retenu pour le moment, indique vendredi Raoul Schaaf, directeur du Comité national de défense sociale.

«Est-ce que dans le futur l'Abrigado se trouvera à un autre endroit? A l'heure actuelle, cela n'a pas été discuté.» Si Raoul Schaaf admet ce vendredi que la délocalisation de la salle de shoot est en réflexion, le directeur du Comité national de défense sociale (CNDS) ne fait qu'évoquer des pistes à nos confrères du Quotidien


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Evoqué il y a une quinzaine de jours par Paulette Lenert (LSAP), ministre de la Santé, et Lydie Polfer (DP), bourgmestre de Luxembourg-ville, ce déménagement permettrait selon elles de «mieux répondre aux besoins des bénéficiaires». En lieu et place d'une délocalisation, Raoul Schaaf penche plutôt pour une multiplication des lieux d'accueil pour «réduire la concentration de toxicodépendants en un seul endroit». 

En effet, la salle de shoot de la rue de Thionville accueille quotidiennement 180 à 190 personnes, ce qui crée «des nuisances et des tensions dans les alentours». Une situation qui pourrait être évitée, selon le représentant de l'Abrigado, si la Ville disposait de «trois centres fréquentés chacun par 60 personnes». Si déménagement il y a, le nouveau site ne devra pas être trop éloigné «des points de vente de drogues» opine le directeur du CNDS. 


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Référence notamment au quartier de Cessange, en plein développement et qui doit voir sortir de terre, dans les prochaines années, des centaines de logements. Une zone très largement résidentielle, à l'opposé des quartiers Gare et Bonnevoie qui «ne serait pas acceptée par les consommateurs», selon le porte-parole de l'Abrigado. D'autre part, Raoul Schaaf plaide pour une prise en charge des consommateurs dans d'autres régions du pays, comme à Esch-sur-Alzette où une seconde salle de shoot a ouvert en 2019. 

Dans la poursuite de cette décentralisation, le directeur du CNDS envisage plutôt un élargissement des dispositifs «à l'est ou à l'ouest du Grand-Duché». Autre piste envisagée, la création d'un lieu exclusivement dédié aux femmes. Représentant 20% des usagers de l'Abrigado, elles nécessitent «une prise en charge séparée» selon le directeur du CNDS car elles doivent faire face à «un milieu de plus en plus violent».


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S'il rappelle que le déménagement n'est pour l'instant qu'une «réflexion», Raoul Schaaf indique qu'il pourrait participer à «l'adaptation des différents services déjà en place». «En déplaçant l'Abrigado ou en créant une autre structure, on ne va pas forcément déplacer les dealers», rassure-t-il.

Pour mémoire, la question d'un déplacement de la «Fixerstuff» a été initiée début février par François Benoy (Déi Gréng) qui souhaitait améliorer les conditions de vie d'une partie de la population. Une question hautement politique rapidement associée à celle de l'insécurité ressentie, notamment dans le quartier Gare et à Bonnevoie. 

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