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Kussbus: «Ce sera moins cher qu'une voiture personnelle»
Nicolas Back: «Nous avons observé des études sur la mobilité des frontaliers. Ce qui les empêche souvent de prendre les transports en commun, c'est surtout le manque de confort».

Kussbus: «Ce sera moins cher qu'une voiture personnelle»

Photo: DR
Nicolas Back: «Nous avons observé des études sur la mobilité des frontaliers. Ce qui les empêche souvent de prendre les transports en commun, c'est surtout le manque de confort».
Luxembourg 3 min. 21.12.2016

Kussbus: «Ce sera moins cher qu'une voiture personnelle»

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
Qui se cache derrière Kussbus, la start-up qui veut révolutionner le transport des frontaliers? Interview avec l'un des fondateurs, Nicolas Back.

Propos recueillis par Anne Fourney

Qui se cache derrière Kussbus, la start-up qui veut révolutionner le transport des frontaliers?

Il s'agit de Nicolas Back, luxembourgeois, ingénieur dans le domaine de l'énergie. Il a lancé ce projet suite aux constats qui émanent des usagers de la route mais aussi grâce à son expérience en matière de mobilité, un domaine dans lequel il a une certaine expérience professionnelle.

«L'algorithme de Kussbus optimise les trajets et définit un arrêt commun pour plusieurs utilisateurs, près de leur domicile ou lieu de travail».

Nicolas Back nous explique comment il a mené sa réflexion:

wort.lu: Comment est née l'idée de Kussbus?

«Les routes qui relient le Luxembourg aux pays voisins sont saturées. Nous savons que de nombreux frontaliers sont seuls dans leur voiture. Notre première pensée a été le car pooling mais cela existe déjà, même si le succès est mitigé. Les gens n'aiment pas partager leur véhicule. Nous avons observé des études sur la mobilité des frontaliers. Ce qui les empêche souvent de prendre les transports en commun, c'est surtout le manque de confort. C'est en partie ce que nous souhaitons offrir avec Kussbus: une place assise garantie, du confort, le wifi. L'idée de Kussbus est née de ce constat, afin d'améliorer la mobilité sur les routes du pays et les routes limitrophes».

Où en est votre création d'entreprise?

«Nous avons une étude de marché en cours: notre campagne de préinscription a été lancée il y a un mois. Pour le moment nous en avons eu pas mal. Le lancement effectif dépend du nombre d'inscriptions. Si l'intérêt est suffisant, le premier minibus circulera en septembre 2017».

Combien d'inscriptions avez-vous?

«Je ne souhaite pas communiquer ce chiffre pour le moment, pas avant la fin de l'année 2016».

Combien de minibus mettrez-vous en circulation?

«Nous sommes actuellement en train de négocier avec des compagnies de transports luxembourgeoises. Nous verrons selon le nombre d'inscriptions et selon l'endroit où il y aura le plus de demandes. Ensuite, si par la suite nous avons davantage d'intéressés, nous passerons des minibus aux bus, avec le même confort».

Combien de personnes travaillent pour Kussbus?

«Nous sommes deux cofondateurs. Nous travaillerons avec des informaticiens pour mettre au point l'application, qui est en partie développée à l'heure actuelle».

Sur votre site internet, vous vantez un «prix imbattable». Quelle sera la fourchette de prix pour une navette, disons depuis Thionville jusqu'à Luxembourg-ville?

«Nous ne souhaitons pas communiquer sur les montants pour le moment. Nous devons d'abord nous assurer de l'intérêt que porteront les frontaliers à Kussbus. Le prix dépendra également du nombre de passagers. Ce sera moins cher qu'une voiture personnelle, qui coûte 30 à 40 centimes du kilomètre. Rappelons que Kussbus est destiné aux frontaliers de Belgique, d'Allemagne et de France, mais aussi aux résidents du Luxembourg».

Est-ce que ce sera le même prix que les transports en commun?

«Contrairement aux transports en commun, nous sommes une entreprise privée qui ne reçoit pas de subside de la part du gouvernement. L'une des possibilités pour le financement est de solliciter une contribution de la part des employeurs».

L'application que votre start-up va mettre au point prendra en compte le trafic. Comment fonctionnera-t-elle?

«Son fonctionnement sera similaire à celui de Google Maps. Nous nous baserons sur les données du système Here, qui recueille les données de différents systèmes de navigation. Ces données seront traitées par notre programme afin d'optimiser le trajet en fonction du trafic».

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