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Klaxit prend le covoiturage en route
Luxembourg 3 min. 31.01.2020

Klaxit prend le covoiturage en route

L'application est désormais valable au Luxembourg, comme en France et en Suisse.

Klaxit prend le covoiturage en route

L'application est désormais valable au Luxembourg, comme en France et en Suisse.
Photo : Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 31.01.2020

Klaxit prend le covoiturage en route

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Une nouvelle plateforme est active depuis aujourd'hui pour qui souhaite covoiturer sur ou vers le Luxembourg. Après l'échec de CoPilot, l'enjeu est grand pour l'opérateur français.

Depuis 2014, Klaxit fait partie de ces start-up qui étonnent par leur montée en puissance. Agile, habile, dans l'air du temps, efficace: l'opérateur spécialisé dans l'organisation du covoiturage est devenu rapidement un leader européen dans le domaine. Avec, excusez du peu, plus de deux millions de trajets proposés chaque jour sur sa plateforme. En rachetant voilà sept mois Ecolutis, titulaire du marché du covoiturage au Grand-Duché, la petite entreprise a poursuivi son expansion. Pas de quoi freiner les ardeurs de son jeune créateur dirigeant, Julien Honnart.

En rachetant IDVROOM l'été dernier, vous avez mis la main sur Ecolutis. Etait-ce une belle aubaine?

Julien Honnart: «C'était un des contrats qui rendait la mariée plus belle. Les solutions mises en place en France et ailleurs, comme CoPilot, par Idvroom n'ont jamais atteint l'efficacité qu'a Klaxit. Au moment du rachat, ils avaient un million d'inscrits et nous 200.000, mais nous réussissions à générer 50 fois plus de trajets en covoiturage qu'eux. 

A compter du vendredi 31 janvier, les quelque 5.000 personnes inscrites sur CoPilot depuis un an et demi (et les autres) peuvent télécharger notre appli gratuitement et bénéficier de nos services. Ici, comme en France ou en Suisse.


Stau im Bahnhofsviertel: Die vielen Baustellen verschlechterten die Verkehrssituation in der Hauptstadt im Vorjahr beträchtlich.
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Au Luxembourg, la problématique est doublement intéressante. Il y a d'abord un défi de transports à relever. Le ministère de la Mobilité a fixé la barre haute dans son plan de déplacement Modu 2.0, avec une volonté affichée de diminuer de 34.000 le nombre d'autosolistes d'ici 2025.

Ensuite, les flux de déplacement massifs sont clairement localisés sur certains axes (A3, A31, A6, E411, A1 et dans la capitale) et à des horaires fixes. Les usagers connaissent donc bien le problème des embouteillages et savent qu'il va falloir adopter d'autres comportements. Le covoiturage est l'une des meilleures solutions.

Comment Klaxit compte s'y prendre pour faire décoller le nombre de covoitureurs?

«Nous avons déjà rodé notre approche depuis quelques années. Nous sommes convaincus que le premier bastion à conquérir est l'entreprise. Les grandes sociétés d'abord. En effet, elles concentrent beaucoup de personnels, arrivant et partant dans le même tempo, et résidant bien souvent pas si loin les uns des autres. Si un patron ou son directeur RH nous font confiance pour parler de la solution Klaxit, on peut passer à des taux de conversion impressionnant. Au-delà de 50% des effectifs. Ces grandes firmes peuvent vite constituer une colonne vertébrale montrant que le covoiturage tient debout. C'est pratique, utile, facile à utiliser. La première étape consiste donc à faire qu'un grand nombre de personnes «se trouvent».

Julien Honnart, CEO de Klaxit : «Pour faciliter la démarche intellectuelle de quitter sa voiture, rien de tel d'abord que l'incitation financière».
Julien Honnart, CEO de Klaxit : «Pour faciliter la démarche intellectuelle de quitter sa voiture, rien de tel d'abord que l'incitation financière».
Photo : Romain GAILLARD

L'approche grand public vient ensuite. Là, l'incitation financière reste le déclencheur qui peut tout faire basculer. Dans les prochaines semaines, nous allons donc discuter avec le ministre François Bausch pour voir ce que le gouvernement est prêt à octroyer.

Quels sont vos retours d'expérience sur ces incitations utiles?

«La collectivité (ville, communautés de communes ou comme ici l'Etat) doit démontrer que le covoiturage est une solution attractive pour les deux parties: passager comme conducteur. Ces derniers sont généralement les plus nombreux à s'inscrire. Mais l'idée étant de diminuer le nombre de véhicules en circulation sur le réseau routier du Luxembourg et alentours, il va falloir convaincre du monde de lâcher le volant. 

Une personne quitte sa voiture généralement quand elle perçoit qu'elle a un avantage supérieur au coût ressenti de l'usage qu'elle a de son véhicule dans ses trajets domicile-travail. Soit grosso modo économiser les frais de carburant. Si le gain est inférieur à, disons, 10 cents/km, la personne restera dans son véhicule et ne sera accompagnée qu'occasionnellement. 


Politik, Interview Francois Bausch, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
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Il faudra aussi faire entrer dans les esprits qu'il est possible de switcher dans les rôles. Un jour à conduire, un jour à se laisser transporter. Covoiturer n'est pas une privation, mais un avantage: tranquillité d'esprit, socialisation, pollution moindre, réduction de la circulation. Ajouter quelques euros dans la formule, et ça roule. Reste à trouver le bon levier pour passer à la vitesse supérieur: remboursement, avantage fiscal. Cela va être l'enjeu des discussions avec le ministère.»


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