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Kersch menace de démissionner, Asselborn le rassure
Luxembourg 2 min. 17.06.2019

Kersch menace de démissionner, Asselborn le rassure

Kersch menace de démissionner, Asselborn le rassure

Photo: LW
Luxembourg 2 min. 17.06.2019

Kersch menace de démissionner, Asselborn le rassure

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Alors que le ministre du Travail a annoncé vendredi qu'il quitterait le gouvernement si le Luxembourg soutenait une guerre américaine contre l'Iran, le ministre des Affaires étrangères s'est également exprimé ce lundi sur le sujet et tente de calmer les esprits.

«NON, NON et encore NON à une guerre contre l'Iran!». Vendredi soir, le ministre du Travail, Dan Kersch (LSAP), s'est vivement exprimé sur les réseaux sociaux concernant une potentielle implication du Luxembourg dans une éventuelle guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.

Le ministre a souligné qu'à l'évidence «une guerre contre l'Iran se prépare», vu la «campagne médiatique de préparation à ce conflit», qui a lieu actuellement selon lui.

«Ce n'est pas notre guerre»

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Economie sociale et solidaire fait ici référence à l'attaque de deux pétroliers, jeudi 13 juin dernier, en mer d'Oman, qui conduisent Téhéran et Washington à se rejeter mutuellement la faute.  

Mais pour Dan Kersch, la position du Luxembourg dans ce conflit est simple: «Il ne peut y avoir qu’une position possible du gouvernement luxembourgeois: ce n’est pas notre guerre, nous ne paierons pas pour cela et Luxembourg ne donnera aucune forme d’aide logistique».

Ajoutant, «si le Luxembourg devait avoir une autre position, cela voudrait dire que je quitterais automatiquement mes fonctions».

Un appel fort, qui n'a pas manqué d'être relayé par la presse et sur les réseaux sociaux alors qu'une réunion du Conseil des Affaires étrangères de l'Union européenne a lieu ce lundi à Luxembourg et sera justement l'occasion pour le gouvernement d'évoquer les tensions dues à ces attaques.

Une «enquête impartiale»

Face à cet élan de son collègue socialiste, Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères, - de retour au travail après dix jours d'absence - , se veut rassurant et plus diplomate.

Dimanche vers 16 heures, il s'est ainsi exprimé sur ce sujet. «Il est nécessaire et urgent que toute la lumière soit faite sur ces attaques et que les responsabilités soient établies. Nous rejoignons l’appel lancé vendredi à New York par le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, pour qu’une enquête impartiale soit effectuée».

«Ce n’est pas maintenant le moment de pointer du doigt les uns ou les autres. Une confrontation dans le Golfe serait une grave menace à la paix et à la sécurité de toute la région. J’espère que la raison prévaudra, que les responsables concernés garderont la tête froide et ne s’aventureront pas dans des actions militaires» a-t-il ajouté.

Ce lundi matin, Asselborn n'a toutefois pas manqué de tacler le président américain: «Est-ce que vous croyez que quelqu’un de vraiment raisonnable peut penser que le conflit entre l'Arabie saoudite et l'Iran serait résolu avec des armes? Ce serait la catastrophe, ce serait fatal pour cette région», a-t-il glissé face caméra.


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