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Journées Européennes des Métiers d'Art: «Le sur-mesure n'est pas si cher»
Luxembourg 11 4 min. 27.03.2015

Journées Européennes des Métiers d'Art: «Le sur-mesure n'est pas si cher»

Des jeunes séduits, des reconvertis conquis, des artisans de plus en plus nombreux: les métiers d'art ont le vent en poupe en Europe, au Luxembourg. Les Journées Européennes des Métiers d'Art se déroulent ce week-end, l'occasion d'en savoir un peu plus sur ces savoir-faire de plus en plus prisés.

Par Virginie Orlandi

On avait déjà entendu parler de Katty Chacun-Karapédian lors de l'exposition dédiée aux designers et aux artisans d'art en mai 2014 au château de Bourglinster qu'elle avait organisée et qui avait rencontré un certain succès auprès du public luxembourgeois. 

Un engouement tel qu'il lui donne l'idée de proposer la candidature du Luxembourg aux Journées Européennes de Métiers d'Art (JEMA), une initiative française dont c'est la neuvième édition cette année et qui se réjouit de la présence du Luxembourg comme nous l'a expliqué Gérard Desquand, son président: «Nous avons tout de suite accepté la candidature du Luxembourg et nous avons été surpris de voir le nombre d'artisans d'art que compte le pays. On n'a pas l'habitude de voir le Luxembourg sous cet angle et ça confirme bien l'universalité du geste de l'artisan.»

«L'universalité du geste de l'artisan», c'est également important pour Katty Chacun-Karapédian qui se félicite qu'une véritable prise de conscience se fasse autour de ces métiers: «Bien sûr, le but des JEMA est de sensibiliser le public aux métiers d'art, au savoir-faire luxembourgeois mais c'est surtout l'occasion de donner la parole aux artisans du pays et de leur permettre d'aller à la rencontre du public. Bien souvent, les gens n'osent pas aller vers eux pensant qu'ils sont hors de prix et les artisans ont parfois du mal à se faire entendre, à se vendre tout simplement».

«Des objets authentiques et porteurs de valeurs»

Pour la créatrice, «Le sur-mesure, ce n'est pas si cher et les artisans ont su s'adapter au contexte économique de ces dernières années et proposer aux particuliers des produits abordables et pourtant uniques».

Du côté du président des JEMA, le constat est identique «Certes, ce sont des produits un peu plus chers que ceux fabriqués en série mais depuis plusieurs années, on constate un vrai retour du public vers des objets authentiques, beaux et porteurs de valeurs. D'ailleurs, lorsque nous avons ouvert ces journées à l'Europe, nous sommes passés de 5 pays participants en 2012 à 14 cette année, ce qui montre bien qu'il s'agit d'un phénomène européen».

Un phénomène qui a le vent en poupe, c'est aussi l'avis de la Chambre des métiers du Luxembourg qui vient de lancer une campagne auprès de la jeunesse pour promouvoir les métiers de l'artisanat: «Hands Up a pour but de mettre fin aux préjugés sur ces métiers et de montrer aux jeunes qu'il y a là, une vraie possibilité de carrière pour eux», explique son directeur, Tom Wirion, «Nous avons lancé cette campagne et un jeu-concours et en 2 mois 1/2, nous avons remarqué un vrai intérêt de la part des jeunes qui postent des vidéos sur le sujet et réagissent sur les réseaux sociaux. Ces métiers sont en pleine évolution».

La plus-value des «reconvertis»

«La force de l'artisanat d'art, c'est que de nombreux reconvertis y officient» reprend Gérard Desquand, «Ils viennent de divers secteurs et vivent à travers l'artisanat une seconde vie professionnelle qu'ils enrichissent de leurs savoir-faire antérieurs et ouvrent ainsi de nouveaux horizons à la profession tout en leur donnant un nouveau souffle économique».

Katty Chacun-Karapédian est l'exemple même de ce nouveau mouvement dans la profession. Après avoir travaillé des années dans la finance, elle se lance à la naissance de son premier enfant dans une formation et devient créatrice d'abat-jour et reconnaît que son expérience professionnelle antérieure l'a aidée dans son nouveau parcours: «J'avais envie de faire un métier manuel en rapport avec le monde de la mode et j'ai choisi de créer des abat-jour en forme de chapeau de femme, une collection que je mène depuis 2003. Le modèle «Audrey» se trouve même dans le show-room de Givenchy».

Une profession qui évolue car les gens qui la composent sont plus diplômés et que ses talents émergeants n'hésitent plus à collaborer avec d'autres corps de métiers pour permettre à leurs créations de coller davantage aux besoins du public.

«Il y a une vraie prise de conscience en Europe de l'importance du secteur économique des métiers d'art et un changement est en train de s'opérer pour le plus grand bien de la profession».

Si vous avez envie de découvrir ce que le Luxembourg offre en matière d'artisanat d'art, de parler avec des professionnels du secteur, prendre des renseignements pour un aménagement ou sur un objet, ces journées sont faites pour vous. Elles se déroulent les 27, 28 et 29 mars à travers tout le Luxembourg. Le programme complet est ici.