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Journée des Femmes: "Le féminisme est une avancée pour les hommes aussi"
Luxembourg 2 min. 07.03.2017

Journée des Femmes: "Le féminisme est une avancée pour les hommes aussi"

Le 8 mars permet de braquer les projecteurs sur la lutte pour le droit des femmes dans le monde entier

Journée des Femmes: "Le féminisme est une avancée pour les hommes aussi"

Le 8 mars permet de braquer les projecteurs sur la lutte pour le droit des femmes dans le monde entier
Shutterstock
Luxembourg 2 min. 07.03.2017

Journée des Femmes: "Le féminisme est une avancée pour les hommes aussi"

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
A l'occasion de la journée des Femmes célébrée ce 8 mars, nous avons demandé à Càtia Gonçalves, militante socialiste et personnalité politique connue pour son engagement, les trois combats prioritaires à ses yeux en matière de droits des femmes au Luxembourg.

En décembre dernier, alors que le LSAP lance sa campagne "Madame on Tour - Un sac à main plein d'idées" sous le feu des moqueries, elle n'avait pas hésité à claquer la porte, démissionnant du poste de présidente des Femmes socialistes qu'elle occupait depuis 2014.

A l'occasion de la journée des Femmes célébrée ce 8 mars, nous avons demandé à Càtia Gonçalves les trois combats prioritaires à ses yeux en matière de droits des femmes au Luxembourg. 

"La violence physique et psychique est sous-estimée"

"Les violences physiques et psychiques sont très fortes et largement sous-estimées au Luxembourg. Les chiffres indiquent une augmentation des cas de violences conjugales notamment, et les foyers d'accueil sont pleins.

Càtia Gonçalves: "Notre avenir a besoin de plus de femmes"
Càtia Gonçalves: "Notre avenir a besoin de plus de femmes"
archives 2012 / Guy Jallay

Cela reste un tabou parce que les gens pensent que ça ne touche que les couches les plus fragiles de la population. Or, c'est faux! Les familles luxembourgeoises les plus privilégiées sont concernées également.

L'une des raisons pour lesquelles les femmes victimes de violences ne quittent pas leur conjoint est l'argent: elles ont peur de ce que pourrait devenir leur vie en quittant leur foyer.

La question centrale est comment la société permet à ces femmes de dénoncer ces violences et comment la justice traite ces cas. Les femmes sont encore trop souvent culpabilisées, avec cette question lancinante: pourquoi avoir attendu autant pour en parler? Comme si ça allait de soi pour les victimes... J'ai recueilli beaucoup de témoignages dans ce sens.

Il faut comprendre le cycle de la violence: en parler semble insurmontable pour ces femmes."

"Les femmes souffrent du syndrome de l'imposteur"

"Du côté de la représentation politique, on est à la traîne au Luxembourg: on n'arrive pas à franchir le seuil de 25% de femmes au Parlement. Les quotas constituent un premier pas mais il y a encore beaucoup à faire pour contrer le syndrome de l'imposteur dont souffrent les femmes du Luxembourg.

Les militantes sont toujours prêtes à s'investir, à soutenir, mais ne parviennent pas à se lancer. Pour beaucoup, c'est clairement un manque de confiance en leurs capacités. Les hommes se posent beaucoup moins de questions! 

C'est une question d'éducation, de représentation des femmes dans les médias aussi, de messages véhiculés par la société."

"Le mot féminisme fait toujours peur"

"Quant à la cause féministe, j'ai l'impression que le mot fait toujours peur. Certaines femmes se démarquent volontairement du féminisme et ça, ça m'interpelle. Je ne comprends pas. 

Il y a encore tant à faire au niveau pédagogique: en 2017, on en est toujours à expliquer que le féminisme n'oppose pas les hommes et les femmes mais défend l'égalité. Les hommes doivent comprendre que le féminisme, c'est une avancée pour eux aussi."


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