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Jean-Claude Juncker: "Rien n'est plus comme avant!"
Luxembourg 4 min. 28.04.2013

Jean-Claude Juncker: "Rien n'est plus comme avant!"

Jean-Claude Juncker: "Rien n'est plus comme avant!"

Photo: Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 28.04.2013

Jean-Claude Juncker: "Rien n'est plus comme avant!"

Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a tenu le tant attendu discours sur l'état de la Nation ce mercredi matin. Une déclaration axée sur les efforts de guerre à fournir dans les années à venir pour consolider les finances de l'Etat.

Jean-Claude Juncker a démarré son discours en évoquant les affaires qui entachent la réputation de l'Etat à savoir l'affaire du Bommeleeër et du Service de renseignement de l'Etat (SREL).

"Il y a une crise de confiance dans les institutions", lance le Premier ministre, "nous n'avons pas de crise d'Etat, mais ça crise au sein de l'Etat".

"Souvent on parle d'affaires d'Etat, je m'abstiendrais de tout commentaire", poursuit-il, "je tiens juste à rappeler que l'Etat n'est pas là pour cacher les dysfonctionnements de ses organes".

Sur ce, le Premier ministre a annoncé que le SREL serait réformé. "Nous devons renforcer la confiance en l'Etat", souligne-t-il, "si elle se gagne très lentement, elle se perd très vite".

Finances: on n'échappera pas à de nouvelles mesures de consolidation

"Les finances de l'Etat sont en train de vaciller, il va falloir les stabiliser", explique Jean-claude Juncker.

Malgré les temps difficiles, le Premier ministre a souligné que l'Etat continuerait à investir dans l'éducation et la formation, à savoir 9,7 milliards d'euros.

"Nous investissons beaucoup par rapport aux autres Etats-membres", explique le Premier ministre, "si nous les imitions, nous pourrions épargner 500 millions d'euros par an".

En revanche, Jean-Claude Juncker a annoncé que le pays devra encore procéder à des consolidations massives pour rétablir l'équilibre budgétaire d'ici 2016-2017.

La TVA ne changera pas d'ici 2015

Taclé de nombreuses fois par l'opposition concernant les recettes liées au commerce électronique, qui seront abolies en 2015, Jean-Claude Juncker a déclaré que le gouvernement ne toucherait pas à la TVA d'ici 2015.

"Compte tenu des pronostics liés à la croissance économique, qui démontrent que jusqu'en 2014, on ne pourra pas le relancer, la TVA ne changera pas", explique-t-il, "elle sera adaptée après 2015 tout en veillant à ce que le taux reste le plus bas d'Europe".

"Ce ne serait pas correcte d'adapter le taux de la TVA en ce moment vu la situation économique du pays", ajoute-t-il.

Echange d'informations bancaires à partir du 1er janvier 2015

D'ici le 1er janvier 2015, le Luxembourg instaurera l'échange d'informations bancaires. "Cette décision n'a rien avoir avec la pression exercée par l'Union européenne ou les Etats-Unis", explique Jean-Claude Juncker.

"Pour les citoyens luxembourgeois, cela ne changera rien", poursuit-il, "ils bénéficieront encore du secret bancaire et seront imposés sur les intérêts à la source".

Le Premier ministre a souligné au passage que toute l’excitation autour des affirmations du ministre des Finances, Luc Frieden, dans la presse allemande, n'était pas justifiée.

"Le ministre des Finances et moi-même avions déjà fait allusion au secret bancaire dans la presse au début de l'année 2013", précise-t-il.

"Il faut arrêter avec cette attitude larmoyante qui traverse le pays"

"L'opposition politique affirme que la situation du Luxembourg est mauvaise", explique Jean-Claude Juncker, "je suis d'avis qu'elle n'est pas si mauvaise que ça".

"Si nous étions moins bien loti que nos voisins, alors je pourrais comprendre ce pessimisme", renchérit-il, "ce qui nous manque ici, c'est du courage face à l'avenir et un peu plus d'humilité".

La solidarité consolide une société et ne la détruit pas selon le Premier ministre. "L'actuelle coalition a toujours œuvré pour l'égalité sociale. Elle a changé le pays et l'a fait avancé", souligne-t-il.

Jean-Claude Juncker a conclu sa déclaration en revenant une dernière fois sur les finances de l'Etat: "Nous devons épargner et consolider, mais dans un rythme qui correspond à la conjoncture".

Pour retrouver une équilibre budgétaire d'ici 2016-2017, l'Etat prévoit des mesures de consolidation à hauteur de 250 à 300 millions d'euros.

"Je suis désormais libéré de mon devoir européen. J'ai plus de temps maintenant, non pas pour la politique et les problèmes du Luxembourg, car je jonglais déjà avec avant, mais pour expliquer, argumenter et plaider avec le même engouement qu'au premier jour", conclut-il.

Charline Lebrun


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