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Jean Asselborn en terrain explosif
Luxembourg 3 min. 18.12.2016 Cet article est archivé
Visite à Bagdad

Jean Asselborn en terrain explosif

Jean Asselborn avec le ministre des Affaires étrangères de la Jordanie, Nasser Judeh.
Visite à Bagdad

Jean Asselborn en terrain explosif

Jean Asselborn avec le ministre des Affaires étrangères de la Jordanie, Nasser Judeh.
Photo: MAEE
Luxembourg 3 min. 18.12.2016 Cet article est archivé
Visite à Bagdad

Jean Asselborn en terrain explosif

Christoph BUMB
Christoph BUMB
Jean Asselborn, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, est arrivé samedi soir à Bagdad. Une visite dans un pays en état de guerre, meurtri à la fois par l'Etat islamique et un conflit inter-confessionnel d'une violence inouïe.

Par Gaston Carré (Bagdad)

Jean Asselborn, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, est arrivé samedi soir à Bagdad. Une visite dans un pays en état de guerre, meurtri à la fois par l'Etat islamique et un conflit inter-confessionnel d'une violence inouïe.

Certains déplacements ministériels sont annoncés longtemps à l'avance, d'autres ne sont communiqués qu'à l'instant précis où le visiteur arrive sur place. Nous signalons la visite d'Asselborn à Bagdad, pour d'évidentes raisons de sécurité, alors que ce dimanche déjà il quittera la ville pour poursuivre son périple vers Erbil dans le Kurdistan.

"Choc et stupeur"

Le passage à Bagdad aura permis de vérifier que l'antique perle de Mésopotamie est une ville en état de siège, dont la pierre est marquée encore par l'intervention américaine de 2003, dont le nom de code “Choc et stupeur” dit bien l'extrême violence. Aujourd'hui le souvenir de Saddam est loin déjà, mais son éradication a ouvert la boîte de Pandore du terrorisme islamiste, de l'affrontement inter-confessionnel entre Chiites et Sunnites et, enfin, des revendications territoriales de la part des Kurdes qui espèrent un surcroît d'autonomie, voire une véritable indépendance du Kurdistan pour récompense de la contribution des peshmergas à la reconquête en cours de Mossoul.

Alep évoquée à Amman

Prélude de la visite à Bagdad, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères s'était d'abord rendu dans la capitale jordanienne Amman, où il fut rejoint par ses homologues belge Didier Reynders et néerlandais Bert Koenders. Le Luxembourg en cette année 2016 assure la présidence tournante du Conseil Benelux, et c'est Jean Asselborn dès lors qui a pris l'initiative de cette mission en triumvirat en Jordanie puis en Irak. L'escale à Amman a permis une rencontre avec le chef de la diplomatie jordanienne Nasser Judeh, au cours de laquelle furent principalement évoquées la menace Daech (Etat islamique), la crise syrienne et ses conséquences migratoires. Les quatre ministres veulent croire encore à une issue honorable pour Alep, et considèrent qu'une solution politique reste possible.

C'est à bord d'un avion Hercules de l'armée belge que Jean Asselborn s'est rendu ensuite à Bagdad. Il est attendu ce dimanche matin par le Premier ministre Al-Abadi et le ministre des Affaires étrangères Al-Jaafari. Al-Abadi est contesté intra-muros, par la communauté chiite surtout, pour la lenteur du retour à un Etat de droit, mais reste l'interlocuteur privilégié de l'Occident qui sait que la moindre vacance de pouvoir replongerait l'Irak dans le chaos, au moment crucial où une armée irakienne recomposée s'emploie à arracher Mossoul à l'Etat islamique.

Une leçon de déminage

Jean Asselborn ne manquera pas de rappeler au Premier ministre les attentes que l'Europe surtout attache à sa personne, et son aide technique et financière pour la restauration d'un pays miné. “Miné” au sens propre comme au sens figuré du terme: la délégation européenne s'apprête à observer les travaux de déminage auxquels se livrent des spécialistes au service de l'armée belge à Salmanpak.

Puis, comme indiqué plus haut, Jean Asselborn sera ce dimanche soir au Kurdistan, dans la ville d'Erbil où affluent les civils qui réussissent à quitter la ville de Mossoul toute proche. Asselborn, qui avait été au Kurdistan en mars 2015 déjà, y retrouvera le président Massoud Barzani, qui pourra préciser les aspirations de la communauté kurde et rendre compte des conséquences pour Erbil des opérations militaires dans la ville voisine.

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