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« Jamais Contente » v/s ZEOD RC
Luxembourg 3 min. 14.09.2020 Cet article est archivé

« Jamais Contente » v/s ZEOD RC

« Jamais Contente » v/s ZEOD RC

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« Jamais Contente » v/s ZEOD RC

105 ans précisément séparent ces deux obus dont vitesse et électro-motricité furent les marques de fabrique.

L’histoire est connue. Elle fait notre fierté. Le 29 avril 1899 à Achères, en France dans le département des Yvelines, le Belge Camille Jenatzy fut le premier au monde à franchir la barre des 100 km/h au volant d’une voiture.

La bien nommée

Drôle d’engin que cette « Jamais Contente », sorte de torpille juchée sur 4 petits pneus. Elle est animée par deux moteurs électriques d’une puissance totale évaluée à 68 chevaux. Son pilote est originaire de Schaerbeek. Fils d’un industriel produisant des bandages en caoutchouc pour les roues de fiacres, Jenatzy a la barbe rousse et le tempérament explosif. On le surnomme Diable Rouge, c’est dire ! Il a dessiné la « Jamais Contente » et la maison Rothschild l’a construite. Angoisse : elle pèse 1.450 kilos. C’est lourd… Trois mois avant son jour de gloire, Jenatzy avait dû se contenter de 66,66 km/h à bord d’une CGA Dogcart qu’il croyait pourtant très prometteuse. Sauf qu’elle manquait d’aérodynamisme et que, dans sa quête des records, il fallait le meilleur profilage possible pour fendre l’air. Voilà pourquoi il a voulu la « Jamais Contente » plate et très pointue. En fait, totalement singulière dans le paysage automobile naissant. Et ça paye, puisqu’elle sera chronométrée à 105,88 km/h ! Camille Jenatzy devient une icône. Mais jamais content comme sa chère monture, il n’en restera pas là, atteignant 200 km/h à Ostende 10 ans plus tard aux commandes d’une surpuissante Mercedes. Ironie du sort, il trouvera la mort, non sur la route, mais lors d’une partie de chasse en 1913.       

Même recette, composite et électronique en prime

En 2011, un groupe d’industriels fortunés, parmi lesquels Don Panoz, se lance dans l’élaboration d’une curieuse aile delta à 4 roues disposées en triangle. Judicieusement baptisé DeltaWing, le bolide – car c’en est un – abrite un bloc Nissan à 4 cylindres turbocompressés libérant 304 ch pour à peine 475 kg grâce à une carrosserie en REAM, un matériau composite plus léger que la fibre de carbone. Cet excellent rapport poids-puissance permet d’atteindre en pointe 315 km/h. Avec un atout supplémentaire, essentiel pour la consommation : longue de 4,65 m et large de 2 m, la DeltaWing possède un CX de 0,24. C’est moitié moins que toutes les autres voitures engagées aux 24H du Mans ! Car la DeltaWing obtient son ticket pour la classique sarthoise en 2012. Sous la bannière du Highcroft Racing, l’équipage Franchitti-Krumm-Motoyama se qualifie à un honorable 29e rang, mais renonce en course dès 23h00 sur accrochage. Nismo, le service-course de Nissan, décide de prendre en main ce concept prometteur. La DeltaWing devient la ZEOD RC, encore plus futuriste avec, cette fois, une carrosserie fermée et deux moteurs électriques couplés à un 3 cylindres suralimenté en position longitudinale centrale arrière. Au banc, l’ensemble délivre 406 ch. En 2014, la ZEOD RC tente sa chance au Mans avec… un Belge (mais oui !) pour la piloter : Wolfgang Reip, associé à Lucas Ordonez et le récidiviste Motoyama. S’élançant de la 27e place sur la grille, l’étrange oiseau capitulera dès le 5e tour, après seulement 23 minutes, pour un problème de transmission. Mais on n’est pas près d’oublier l’allure incroyable de cette flèche blanche déboulant dans les Hunaudières. 

La DeltaWing devient la ZEOD RC, encore plus futuriste avec, cette fois, une carrosserie fermée et deux moteurs électriques couplés à un 3 cylindres.
La DeltaWing devient la ZEOD RC, encore plus futuriste avec, cette fois, une carrosserie fermée et deux moteurs électriques couplés à un 3 cylindres.

Il fallait le meilleur profilage possible pour fendre l’air. Voilà pourquoi Jenatzy a voulu la « Jamais Contente » plate et très pointue.


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