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«J'espère un budget courageux pour 2021»
Luxembourg 4 min. 10.10.2020 Cet article est archivé

«J'espère un budget courageux pour 2021»

A 35 ans, le député Déi Gréng François Benoy a la chance et la responsabilité

«J'espère un budget courageux pour 2021»

A 35 ans, le député Déi Gréng François Benoy a la chance et la responsabilité
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 10.10.2020 Cet article est archivé

«J'espère un budget courageux pour 2021»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Rapporteur du futur budget, le député François Benoy espère trouver dans les chiffres du ministre des Finances la traduction d'une volonté d'aller vers plus de justice sociale et une transition écologique visible.

14 octobre. La date est cochée sur l'agenda de François Benoy. C'est en effet ce mercredi que le député Déi Gréng recevra la première ébauche du budget 2021. A charge ensuite pour celui qui, cet été, a été nommé rapporteur dudit budget d'amender le projet avec ce qu'il aura retiré de ses analyses, des échanges avec ses collègues parlementaires mais aussi des représentants de la société civile. «Une chance et une responsabilité», tremble (un peu) l'élu arrivé à la Chambre en 2018.

Au contraire de son prédécesseur dans le rôle de rapporteur, Yves Cruchten (LSAP), François Benoy sait qu'il n'aura pas à se plonger dans des colonnes de chiffres dopés par une croissance forte. Le covid est passé par là. «Mais ce qu'il faut éviter par-dessus tout, c'est un Etat qui se recroquevillerait face à la crise et se crisperait sur le dogme de l'indispensable équilibre budgétaire». Aussi, l'élu espère-t-il que le ministre des Finances et, plus largement, le gouvernement auront envisagé 2021 «avec courage plutôt que timidité». 


station d'essence - Diesel - Benzin- Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
L'Etat doit carburer avec un quart d'impôts en moins
Après une baisse déjà inquiétante au premier trimestre, les recettes fiscales ont chuté de 25% de mars à juin. Un effondrement dû notamment aux impôts réglés en moins par les sociétés mais aussi au manque de recettes provenant des ventes de carburant ou tabac.

Dans l'attente des premières orientations données par le Premier ministre, dans son discours sur l'état de la Nation mardi 13, François Benoy ne saurait avancer des chiffres sur ce budget. Ni dire si, au global, il sera supérieur aux 20 milliards d'euros du budget en cours pour cette année. Lui encourage Xavier Bettel et Pierre Gramegna à «montrer l'image d'un Etat fort, quitte à investir plus, à continuer à emprunter (jusqu'à présent à taux négatif) et à creuser un peu notre déficit national.»

Aux yeux de l'élu de 35 ans, ce qui a permis au pays de traverser au mieux ces premiers mois de crise, «c'était justement le fait que le pays était dans un bon élan. Accroître la dépense publique -même en augmentant la dette- c'est conserver cette énergie positive pour ne pas avoir à souffrir aujourd'hui, et vite se relever demain.»

Pour l'année à venir, le député plaide volontiers pour deux pistes : «le soutien à la transition énergétique et le combat pour une meilleure justice sociale». Derrière les millions attribués aux différents ministères, François Benoy espère ainsi une transcription des objectifs fixés par la coalition avant que le virus ne frappe le pays, sa population comme son activité économique. «Investir coûtera cher, prolonger au-delà du 31 décembre les mesures de chômage partiel (si c'est le cas) coûtera. Mais la facture sera bien moins lourde si nous agissons maintenant, plutôt que de laisser notre société s'effondrer.»

Parmi les priorités budgétaires, le rapporteur du budget entend que l'aide à la construction publique de logements soit aussi confortée. «Aujourd'hui, l’accès à  l'habitat est devenu un facteur de précarité et tensions», constate le conseiller communal de la capitale. Certes le ministre Kox annonce déjà près de 1.000 nouveaux logements abordables par an construits «par la main publique et restant dans le parc public», mais l'effort doit être plus fort encore. Tout comme les mesures des pactes Energie-Climat et Nature, chers à ses collègues Déi Gréng Claude Turmes et Carole Dieschbourg, devront obtenir les outils financiers de leurs ambitions.

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