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Le grand oral du ministre de l'Education

  • Une rentrée avec ou sans masque ?
  • Une quatrième vague pour la rentrée?
  • Vers plus de cours sur écran?
  • A quand plus d'écoles internationales ?
  • Un système éducatif à la hauteur?
  • Et quoi de neuf pour septembre?
  • Une rentrée avec ou sans masque ? 1/6
  • Une quatrième vague pour la rentrée? 2/6
  • Vers plus de cours sur écran? 3/6
  • A quand plus d'écoles internationales ? 4/6
  • Un système éducatif à la hauteur? 5/6
  • Et quoi de neuf pour septembre? 6/6

Le grand oral du ministre de l'Education

Le grand oral du ministre de l'Education
Interview

Le grand oral du ministre de l'Education


28.07.2021

Voilà maintenant sept ans que Claude Meisch est à la tête du ministère de l'Education nationale.Photo: Gerry Huberty

Pour la rentrée, Claude Meisch espère que la moitié des élèves seront vaccinés contre le covid. Un soulagement mais qui n'empêche pas le ministre de l'Education d'envisager bien des scénarios pour la prochaine année scolaire. Interview.

(pj avec Madalena QUEIRÓS) « Nous serons prêts au cas où il faudrait réagir à une quatrième vague.» La garantie est signée Claude Meisch. Il est vrai que les deux dernières années scolaires (bousculées par le covid-19 jusqu'aux derniers jours de classe) ont été riches en enseignements pour le ministre de l'Education. Un responsable qui s'est expliqué, pour Contacto, sur ce qui attend les élèves et le paysage scolaire pour le retour en classe, le 15 septembre prochain.

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Une rentrée avec ou sans masque ?
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Photo : Shutterstock

Claude Meisch : «J'espère que le port du masque ne sera plus obligatoire pour l'ensemble des élèves du fondamental et du secondaire. Il y aura certainement quelques mesures sanitaires, mais j'espère que la reprise des cours se fera le plus normalement possible. Mais il est encore trop tôt pour trancher car, pendant ces deux mois de vacances, tout peut changer. Fin août début septembre, nous déciderons avec le ministère de la Santé ce qu'il convient de faire.

Pendant cette pandémie nous avons toujours dû évaluer au jour le jour la situation et être très flexibles. Au final, cette dernière année scolaire s'est déroulée avec des restrictions réduites. Nous voulions nous assurer de la maîtrise de la circulation du virus (via les tests notamment) et que les écoles restent ouvertes pour garantir un bon enseignement. C'était cela nos critères d'évaluation et de décision. On ne peut exclure qu'après la rentrée il ne soit plus nécessaire de réagir dans une autre direction.»

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Une quatrième vague pour la rentrée?
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Photo : Claude Piscitelli

«Bien sûr, c'est pourquoi nous devons être flexibles selon que les infections se produisent au niveau d'une classe, d'un établissement ou augmentent au niveau national. Le protocole en place a bien fonctionné, on verra s'il faut l'adapter en fonction de l'impact des nouveaux variants. On sait qu'au moins la moitié des lycéens seront vaccinés avec les deux doses en septembre. Cela va déjà changer la donne dans le secondaire. 


Des cours d'été pour combler les lacunes
Le ministère de l'Education nationale a détaillé ce jeudi les modalités de la Summerschool 2021, qui proposera comme l'an dernier des cours gratuits en présentiel et en ligne. L'objectif: restreindre les écarts d'apprentissage creusés par la pandémie

Pour les jeunes du fondamental, la vaccination n'est pas encore permise au Luxembourg, mais il est encore trop tôt pour définir quelles mesures s'appliqueront au quotidien. Nous communiquerons le modèle sanitaire avant la rentrée. Je suis optimiste pour que cela soit une rentrée avec une grande normalité.»

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Vers plus de cours sur écran?
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Photo : AFP

«Je dirais qu'il faut différencier. Il y a des matières dans lesquelles il faudrait  continuer à enseigner dans des classes avec l'enseignant au contact direct des élèves dans une salle. Mais je pense évidemment qu'on peut aussi innover. Nous avons eu l'occasion d'expérimenter pendant la crise sanitaire cet «apprentissage mixte» (présentiel/distanciel). Les élèves ont eu la possibilité de participer à des cours numériques à distance puis de retourner en classe avec cet acquis pour en discuter avec leurs professeurs ou participer à un projet avec leurs camarades de classe. Un modèle dans lequel l'enseignant joue le rôle de «coach» et pas seulement d'enseignant.


E-Learning from home. Teenage boy studying from home
Déjà 26.500 iPads à disposition des lycéens
Depuis 2016, le programme "one2one" propose de doter d'une tablette chaque élève de lycée. Plus qu'utile cette semaine notamment, alors que tous les scolaires sont à nouveau invités à suivre les cours depuis la maison.

Déjà des écoles, pendant la crise covid, ont fait quelques expériences. Nous avons également lancé un important processus de dialogue et de concertation pour tirer les enseignements de ces changements dans la façon d'enseigner. Si au final les plateformes numériques d'enseignement ont très bien fonctionné d'un point de vue technique, il faut analyser l'impact de ces cours sur le savoir des jeunes.

Il faut discuter des limites des nouvelles technologies, car on sait très bien que la présence d'un enseignant ne pourra jamais être remplacée. Ce facteur humain garantit une qualité bien supérieure à celle des leçons à distance. J'ai lancé un dialogue avec tous les partenaires du milieu scolaire à ce sujet (parents, enseignants, élèves, chefs d'établissement) pour voir quel chemin emprunter. Je crois que ces innovations doivent obtenir l'adhésion de toute la communauté scolaire pour qu'elles soient bien mises en œuvre et qu'elles puissent atteindre leurs objectifs pédagogiques.»

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A quand plus d'écoles internationales ?
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Photo : Tania Feller

«Il existe déjà quatre écoles internationales au Luxembourg, et l'an prochain une autre ouvrira à Mersch. Toutes gratuites et publiques. Je suis très satisfait de ces établissements ouverts depuis 2016 avec, en premier, l'Ecole internationale de Differdange. Ce projet a eu tellement de succès que nous avons dû créer des classes supplémentaires dans un bâtiment annexe à Esch. Il y a aussi des établissements à Junglinster, Clervaux et Mondorf. Et pour 2022 une école internationale, qui sera aussi une école européenne, débutera dans la capitale. C'est une nécessité absolue compte tenu de la population cosmopolite qui vient vivre à Luxembourg-ville. 


Lokales, Rentrée Scolaire, Erster Schultag, Schule, Schüler Grundschule Sassenheim, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
La réserve d'employés-enseignants prolongée, au cas où
Les députés ont choisi de maintenir en place le dispositif qui avait permis aux écoles de disposer de personnels prêts à pallier toute absence de professeur infecté ou vulnérable au virus. On ne sait jamais...

Nous sommes aussi en discussion avec le Lycée de Belval pour créer un bâtiment supplémentaire, à côté des structures actuelles, afin de permettre à cet établissement d'offrir aussi des cours dans le système européen. Il y a une forte demande pour cela dans le sud du pays.  

Le ministère de l'Education a décidé de réaliser une évaluation spécifique des classes européennes dans le système national. Comme elles ont un programme scolaire différent, elles ne peuvent pas participer aux tests standardisés. Il faut faire un autre bilan et voir si cet enseignement permet à la population scolaire de se développer et d'avoir une réussite scolaire. 

Il y a beaucoup de familles qui souhaitent que leurs enfants intègrent une école internationale. Ce sont des parents étrangers, mais aussi des parents luxembourgeois souhaitant avoir un modèle alternatif pour leurs enfants. Il y a beaucoup d'enseignants aussi qui suggèrent à certains cette orientation qui peut constituer une bonne alternative pour développer certaines capacités au-delà de ce qui pourrait advenir dans le système pédagogique national. Il faudra gérer ces demandes, et sans doute développer plus de classes européennes, plutôt que des établissements entiers. 

Personnellement, je ne pense pas que le système européen soit meilleur que l'autre. Mais je suis convaincu que c'est mieux pour un certain nombre d'élèves.»

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Un système éducatif à la hauteur?
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Photo : AFP

«Je sais que le Luxembourg est le pays qui consacre le plus d'argent par élève parmi les pays de l'OCDE. Malgré tout, certaines études de niveau scolaire (type PISA) ne reflètent pas les fruits de cet investissement. Mais le problème est plus complexe qu'une question d'euros. L'investissement dans l'éducation au Luxembourg restera une priorité politique, car il faut tout faire pour garantir des opportunités d'avenir à notre jeunesse. Seulement, il faut aussi tenir compte de la complexité que l'on retrouve au Grand-Duché si l'on veut établir des comparaisons. 


Des cours d'été pour combler les lacunes
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La Finlande est ''meilleure'' que nous, et alors? Elle a aussi une situation très différente avec seulement 2% d'immigration. Au Luxembourg, nous avons deux tiers des écoliers qui entrent dans notre système éducatif, à 3 ou 4 ans, et qui ne parlent pas luxembourgeois à la maison. Donc pour un tiers des enfants, le système traditionnel est bien adapté, pour les autres, il faut l'améliorer. Nous avons une situation polyglotte plus complexe qu'ailleurs. 


ARCHIV - 28.09.2020, Baden-Württemberg, Leutenbach: Schülerinnen und Schüler nehmen im Klassenzimmer einer 9. Klasse der Gemeinschaftsschule Leutenbach am Geografieunterricht mit Hilfe von Laptops und Tablets teil. (zu dpa/lnw: «Viele Lehrer in Nordrhein-Westfalen wollen in Informatik dazulernen») Foto: Marijan Murat/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Satisfecit autour du décrochage scolaire
En quatre rentrées, le nombre d'élèves abandonnant l'enseignement avant l'obtention d'un diplôme ou une qualification a diminué de 250 jeunes par an. Un résultat confirmé même lors du premier épisode covid.

Il n'empêche, les comparaisons internationales doivent être étudiées. Mais nous avons proposé de revoir la fréquence des tests (de tous les trois ans, à tous les six ans). En trois années scolaires, les changements éducatifs peuvent-ils déjà se concrétiser par de meilleurs résultats? Je ne pense pas : il faut du temps. 

Et puis, en plus de l'étude PISA, nous avons un système de suivi scolaire, basé sur des tests standardisés qui ne se passent pas seulement à 15 ans (comme PISA), mais qui se déroulent en début de 2e cycle, 3e cycle et au lycée et à la fin de la 3e année de lycée. Cela nous permet d'avoir des informations qui peuvent nous guider dans la prise de décisions pour faire évoluer notre système éducatif.»

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Et quoi de neuf pour septembre?
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Photo : AFP

«Avant la crise sanitaire, l'une de nos priorités était de moderniser les contenus et les matières scolaires, notamment en se focalisant sur le numérique. C'est pourquoi nous avons introduit le coding dès les petites classes, en nous concentrant sur la 4e année. Mais nous allons le généraliser au 2ème cycle maintenant. A la rentrée, une nouvelle option sera introduite au lycée : les «sciences du numérique». 


In der Grundschule setzen die Schüler sich im Zyklus 4.1 mit dem Programmieren auseinander. Im Herbst wird das Coding auf die Zyklen 1 bis 3 ausgeweitet und im Secondaire startet eine Pilotphase zur Einführung des Fachs "Digital sciences".
Les sciences numériques invitées pour la rentrée
Ce sera LA nouveauté de la prochaine rentrée scolaire. Dès septembre, les élèves du secondaire luxembourgeois vont être sensibilisés au digital

Dans une première phase, il s'agira d'un projet-pilote dans 18 établissements. L'initiative se généralisera partout ensuite, dès la rentrée 2022. Le contenu de cet enseignement comprendra aussi bien de l'informatique, des sciences numériques, mais y sera aussi abordé le bon usage des nouveaux médias. Que vont nous apporter toutes ces technologies, en positif comme en négatif? Quelles implications auront-elles sur la société ? Comment doit-on réagir ? Il faut que cette jeunesse, digital native, prenne conscience de ces interrogations».

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Lokales,Start Premiersexamen- Lycée Robert Schumann.. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
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