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Internet agit «comme une caisse de résonance»
Luxembourg 3 min. 25.11.2022
Cyberharcèlement

Internet agit «comme une caisse de résonance»

En 2020, plus d'un adolescent sur dix affirme avoir été victime de cyberharcèlement.
Cyberharcèlement

Internet agit «comme une caisse de résonance»

En 2020, plus d'un adolescent sur dix affirme avoir été victime de cyberharcèlement.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 25.11.2022
Cyberharcèlement

Internet agit «comme une caisse de résonance»

Anne-Sophie DE NANTEUIL
Anne-Sophie DE NANTEUIL
Loin de n'être que virtuel, le cyberharcèlement peut rapidement prendre des proportions incontrôlables. Parfois invisibles, souvent tues, elles ne sont néanmoins pas sans conséquences sur la santé des victimes.

Moqueries, insultes, intimidations... Au Luxembourg, plus d'un adolescent sur dix aurait déjà été victime de harcèlement en ligne, révèle une étude de l'Unesco. Si les chiffres datent de 2020, force est de constater que le phénomène reste encore «relativement répandu», soulignent conjointement l'initiative gouvernementale Bee Secure et le centre psycho-social et d'accompagnement scolaires (Cepas). 


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Loin d'être virtuel, le cyberharcèlement constitue en effet un véritable enjeu sociétal, conséquence directe du développement des réseaux sociaux. Mais si le phénomène n'a pas attendu Snapchat, Tik Tok ou Instagram pour exister, en ligne, celui-ci prend de nouvelles formes. Avec une particularité : son aspect viral. 

Car Internet, alertent les deux services attachés au ministère de l'Education, agit «comme une 'caisse de résonance'». En cause, un affichage sur la place publique, un «effet des likes» et des éléments «disproportionnellement partagés», notent les porte-paroles. Plus concrètement, images et vidéos peuvent être visibles par des internautes du monde entier en un temps record.

Pensées suicidaires

Quant aux frontières entre le digital et le monde réel, elles peuvent s'avérer (très) minces. Bien que l'auteur des faits agisse généralement de manière anonyme, caché derrière un écran, le cyberharcèlement peut lui «se poursuivre à l'école - et inversement», précisent Bee Secure et le Cepas avant d'ajouter que dans la plupart des cas «harcèlement et cyberharcèlement sont indissociables». 

Si elle n'est pas toujours visible, souvent tue, cette «violence silencieuse» n'en est pas pour autant sans conséquences sur la santé - tant physique que morale - des victimes. Au total, 69% d'entre elles déclarent avoir subi des insomnies, des troubles de l'appétit ou ressenti du désespoir, précise un récent sondage publié par l'association française de protection de l'enfance e-Enfance. La moitié des personnes interrogées disent même avoir pensé au suicide.

Jusqu'à cinq ans de prison

Des actes graves que la France réprime sévèrement depuis le début de l'année. Mais si le harcèlement scolaire constitue désormais un délit dans l'Hexagone, ce n'est pas le cas au Luxembourg. Néanmoins, bien que le Code pénal ne réprime pas expressément ces violences- qu'elles soient en ligne ou non -, elles peuvent tout de même être sanctionnées par la loi. 

Menaces, injures, diffamation ou encore atteinte à la vie privée, les bourreaux risquent ainsi une amende et une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. Quant aux établissements scolaires, rappellent Bee Secure et le Cepas, il est de leur devoir de «prendre des mesures et sanctions appropriées». 

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