Initiative citoyenne inédite

«J'ai tricoté des écharpes et bonnets pour les gens qui ont froid»

Par Maurice Fick

«Je ne suis pas perdue, si vous avez froid prenez-moi!» peut-on lire sur la petite étiquette qui flotte au vent glacial de la gare centrale à Luxembourg. Celui qui a froid peut attraper une écharpe ou un bonnet accrochés aux arbres par Marie-Rose Hary, toujours soucieuse des moins chanceux. Elle veut lancer une chaîne de partage.

Son cabas remplis d'écharpes et de bonnets assortis, elle se fond dans la foule pressée des voyageurs et vagabonds du parvis de la gare de Luxembourg pour accrocher, incognito, des cadeaux aux arbres. Le plus simplement du monde, elle a répondu aux questions que soulevait cette drôle d'action... en apparence:

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Ce sont des accessoires en belle laine que Mary-Rose Hary a tricotés à la main «et avec Amour» glisse-t-elle, pour souligner que c'est là la clef de son action insolite.

La dame, distinguée, est toujours prête à écrire un nouveau chapitre sur l'entraide dans un Luxembourg où «plus personne ne regarde à côté de soi». En mai dernier, c'est elle qui avait endossé avec bonheur le rôle de la marraine du «Doudou de Manon». Grâce à son doudou et à des personnes engagées comme Marie-Rose, la jeune femme vivant à Liévin et atteinte de neurofibromatose, une maladie génétique rare, a pu voyager à travers le monde et a découvert le Luxembourg en 2017.

L'idée de tricoter écharpes et bonnets lui est venue durant «sa longue maladie» qui a coupé, la femme énergique de ses nombreuses activités cette année.

Son but est de «créer une chaîne». Marie-Rose aimerait que «les gens tricotent ou fouillent dans leurs armoires pour faire la même chose».

Paraphrasant le fameux refrain des Enfoirés, aux yeux de Marie-Rose «personne n'a plus le droit d'avoir faim, ni d'avoir froid, surtout» au Luxembourg.

Sitôt accrochées, les écharpes interpellent une touriste bulgare de passage qui n'est visiblement pas suffisamment couverte. Marie-Rose n'hésite pas une seconde. Et lui offre une écharpe et un bonnet qu'elle aura mis dix heures à tricoter.

Le sourire et le «je suis tellement heureuse» de son hôte de passage, comblent Marie-Rose. Très vite, elle constate que la demande à la gare est bien supérieure à ce qu'elle peut offrir. Une autre forme de récompense.