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Incendie à Esch: le procès a débuté mardi

Incendie à Esch: le procès a débuté mardi

Photo: Nicolas Bouvy
Luxembourg 3 min. 04.12.2012

Incendie à Esch: le procès a débuté mardi

En février 2011, un énorme incendie a ravagé un magasin de l'enseigne Hema, dans la rue de l'Alzette, à Esch-sur-Alzette. Le procès de l'homme suspecté d'être à l'origine de l'incendie a débuté ce mardi à la chambre criminelle de Luxembourg. Le détenu a avoué les faits.

L'homme suspecté d'être à l'origine de l'incendie qui a ravagé le magasin de l'enseigne Hema à Esch-sur-Alzette a comparu ce mardi devant la chambre criminelle de Luxembourg. Âgé de 63 ans, il est suspecté d'avoir mis le feu le 24 février 2011 à quatre reprises, notamment dans les magasins Hema, Delhaize et M&S Mode.

Lors du procès, qui s'étale sur trois jours, des experts psychiatriques seront notamment amenés à établir si le prévenu peut être tenu comme pénalement responsable ou non.

Rappelons les faits: le 24 février 2011, vers 17h20, l'homme, alors âgé de 61 ans, a mis le feu à une poubelle dans le boulevard J-F Kennedy à Esch-sur-Alzette. Une vingtaine de minutes plus tard, il a ensuite incendié le magasin M&S Mode, rue de l'Alzette. C'est ensuite chez Hema qu'il a allumé le feu, avant d'avoir tenté d'incendier le magasin Delhaize. Il a été arrêté par la police le soir même.

Appelé à la barre, le détenu a reconnu les faits qui lui sont imputés. En état d'ébriété aux moments des faits, il a avoué avoir agi sous le coup de la colère. « La seule façon de me calmer dans ces moments-là, c'est de voir des flammes », témoigne-t-il.

Une attirance pour le feu et une addiction à l'alcool ont été décelés chez le suspect présumé par la psychologue chargée d'établir le profil psychologique du prévenu, Angélique Laenen. « Sa fascination pour le feu est la seule chose qui lui apporte joie, paix et réconfort. Dès qu'il voit le feu, il se calme. Cela lui fait du bien et lui donne du réconfort. » Et malgré le fait qu'elle ait décelé quelques problèmes de concentration chez l'inculpé, celui-ci est parfaitement conscient de lui-même et des autres. « Etant donné que l'homme est conscient, il aurait pu éviter de mettre le feu s'il le voulait. Tout est une question de volonté. Je suis d'ailleurs obligée d'admettre que même s'il arrête de boire un jour, il risquera toujours de mettre le feu quelque part en cas de frustration. »

Romain Fisch, expert judiciaire en matière d'incendie, a lui conclu à un incendie volontaire qui s'est propagé à grande vitesse à cause d'une installation de ventilation dans le magasin. « Sans l'intervention des pompiers, le feu aurait pu se propager aux maisons situées à l'arrière de l'immeuble ». Il évoque également la défaillance d'un extincteur au moment des faits. Une déclaration qui sera ensuite confirmée par un des commissaires qui était présent sur les lieux.

S'il est reconnu coupable d'incendie volontaire, l'homme risque 15 à 20 ans de prison.

Le procès continuera mercredi et jeudi à la chambre criminelle de Luxembourg. Le neuro-psychiatre Marc Gleis devra alors établir la responsabilité pénale du détenu.

Cindy Garcia