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Inauguration «électrique» à Differdange: Le Luxembourg Science Center ouvre au grand public
Luxembourg 12 3 min. 05.10.2017

Inauguration «électrique» à Differdange: Le Luxembourg Science Center ouvre au grand public

Maurice FICK
Maurice FICK
Observer et découvrir des phénomènes scientifiques tout en jouant et en apprenant comment ça marche. Voilà ce que propose via une soixantaine de «stations expérimentales» surprenantes le tout nouveau Luxembourg Science Center qui ouvre ce jeudi à Differdange. A tester quel que soit votre âge!

Par Maurice Fick

Observer et découvrir des phénomènes scientifiques tout en jouant et en apprenant comment ça marche. Voilà ce que propose via une soixantaine de «stations expérimentales» et des shows animés par des médiateurs scientifiques, le tout nouveau Luxembourg Science Center qui a ouvert ce jeudi matin à Differdange.

Antoine, 11 ans, et Maxence, 8 ans, les avaient testées en avant-première fin mars, juste avant l'ouverture test aux élèves qui s'est soldée par un véritable succès puisqu'«en quatre mois -entre avril et juillet- nous avons accueilli 5.000 élèves du fondamental et du secondaire mais aussi de la Grande Région», relève Guillaume Trap, directeur scientifique. Désormais le Luxembourg Science Center est ouvert à tous les curieux, quel que soit leur âge puisqu'il a été conçu pour toute la famille.

Situé pile en face de l'entrée d'ArcelorMittal à Differdange (au 50, rue Emile Mark) et voisin du futur centre commercial «Opkorn», le Luxembourg Science Center se trouve dans l'ancienne école professionnelle d'ArcelorMittal. Il est maintenant ouvert sept jours sur sept, toute l'année, excepté quelques jours fériés comme Noël ou Nouvel An, grâce à une soixantaine de salariés.

«Je vais commencer par dépouiller le gouvernement en vous demandant Messieurs les ministres de me donner vos cartes bancaires... mais on ne va pas les démagnétiser, ce serait ballot!», lance l'air de rien Guillaume Trap dans son micro à l'attention de Xavier Bettel, Premier ministre, et de Claude Meisch, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche qui se préparent pour un geste inaugural... inédit et électrique devant un électro-aimant géant. L'assistance venue nombreuse mercredi soir pour l'inauguration officielle, se régale.

L'idée imaginée par Nicolas Didier, initiateur opiniâtre et président du Science Center est d'utiliser les champs électromagnétiques de l'aimant pour que «se noue la chaîne du partenariat», sous-entendu du partenariat public-privé qui a conduit à la réalisation du projet en un court laps de temps.

Au traditionnel couper de ruban, le président du Luxembourg Science Center, Nicolas Didier, a préféré une expérience pour relier une chaîne coupée en deux via l'électromagnétisme.
Au traditionnel couper de ruban, le président du Luxembourg Science Center, Nicolas Didier, a préféré une expérience pour relier une chaîne coupée en deux via l'électromagnétisme.
Photo: Claude Piscitelli

«Nous allons pousser un courant électrique très puissant mais il se peut que l'expérience connaisse quelques ratés...», continue de faire monter la pression Guillaume Trap qui joue de la complicité d'un Xavier Bettel toujours disposé à en faire un peu plus. Progressivement l'«érection magnétique» des maillons se produit et la magie fait se réunir les deux chaînes.

C'est d'un autre «aimant» que Claude Meisch, ancien bourgmestre de Differdange, a parlé lors de son discours inaugural: «Les premiers mois de pré-ouverture ont montré qu'on peut vraiment faire de ce centre un aimant touristique pour Differdange et un outil de la promotion culturelle scientifique». Une promotion nécessaire aujourd'hui au Luxembourg où il y a «pénurie de chercheurs, d'informaticiens, etc. Tous les secteurs de notre économie liés aux technologies et sciences vont recruter du personnel qualifié», assure le ministre de l'Enseignement supérieur.

Ces hololens sont utilisées par Cargolux pour former ses futurs mécaniciens d'avion. Les visiteurs du Luxembourg Science Center peuvent s'y essayer.
Ces hololens sont utilisées par Cargolux pour former ses futurs mécaniciens d'avion. Les visiteurs du Luxembourg Science Center peuvent s'y essayer.
Photo: Claude Piscitelli

Et au Premier ministre d'expliquer que le «grand challenge» est de relever le «défi digital». Xavier Bettel cite l'exemple de «l'Estonie qui a choisi d'héberger ses données digitales au Luxembourg et j'ai d'autres Etats ou institutions qui se renseignent déjà». Une révolution digitale qui entrainera la suppression d'emplois existant aujourd'hui et qui, a contrario, créera des emplois encore insoupçonnés.

Voire des façons de travailler et de se former révolutionnaires. Comme c'est déjà le cas pour les mécaniciens d'avion chez Cargolux par exemple. Au Science Center les visiteurs peuvent chausser des hololens, des lunettes à réalité mixte qui permettent de découvrir devant soi un avion et l'ensemble des pièces ou des systèmes qui lui permettent de voler. Par un simple ordre donné, la lunette décompose par exemple le réacteur pour aller chercher avec l’œil la pièce défaillante. Magique!

«Il s'agit de montrer aux jeunes qu'il y a une évolution dans l'apprentissage et que cette nouvelle technologie est utilisée pour travailler et s'entraîner, on ne sait d'ailleurs pas où ça s'arrêtera...», sourit Marc Arendt, technical training manager chez Cargolux.