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Kersch persiste et signe sur la «taxe covid»
Luxembourg 2 min. 03.08.2021
Impôt de crise

Kersch persiste et signe sur la «taxe covid»

Cinq mois après avoir dévoilé son idée d'imposition spécifique sur ceux qui ont tiré parti des opportunités liées à la crise sanitaire, Dan Kersch développe son idée en parlant d'une imposition «de 5% ou de 10%».
Impôt de crise

Kersch persiste et signe sur la «taxe covid»

Cinq mois après avoir dévoilé son idée d'imposition spécifique sur ceux qui ont tiré parti des opportunités liées à la crise sanitaire, Dan Kersch développe son idée en parlant d'une imposition «de 5% ou de 10%».
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 2 min. 03.08.2021
Impôt de crise

Kersch persiste et signe sur la «taxe covid»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Pour compenser les coûts engendrés par la crise sanitaire sans devoir réaliser une hausse généralisée des impôts pour les ménages, le vice-Premier ministre socialiste réaffirme sa volonté de voir appliquer une taxation des «gagnants de la crise».

Lancée au printemps, l'idée d'introduire une «taxe covid» reste plus que jamais d'actualité pour Dan Kersch (LSAP) qui entend bien en faire un leitmotiv pour les législatives d'octobre 2023. Interrogé mardi sur les ondes de RTL Radio Lëtzebuerg, le vice-Premier ministre et ministre du Travail assure que la proposition «reste sur la table», puisqu'il ne serait pas «de ceux qui disent quelque chose en mars puis qui se rétracte quelques mois plus tard sous la pression».


Taina Bofferding, ministre de l'Intérieur
L'idée d'une «taxe covid» reste toujours sur la table
Pour Taina Bofferding (LSAP), ministre de l'Intérieur, la taxation des entreprises ayant fait partie des gagnants de la crise constitue une option et assure qu'une réforme de l'impôt foncier devra être mise en place pour lutter contre la pénurie de logements.

Comprenez que la mise en place d'un impôt sélectif sur ceux que le socialiste nomme «les gagnants de la crise» se heurte à une opposition ferme et nette de la part d'une partie de la classe politique, DP en tête. Pour Dan Kersch, l'équation soulevée par la crise sanitaire et son coût de «cinq à six milliards d'euros pour le moment» ne doit pas aboutir à une solution qui impliquerait «une augmentation générale des impôts pour les ménages privés et pour les entreprises ou une transmission de la dette aux générations futures».

Si rien ne serait encore définitivement arrêté, le chef de file LSAP au gouvernement évoque la possibilité de comparer le niveau moyen des bénéfices réalisés pour la période 2015-2019 avec celui enregistré en 2020-2021 et de taxer ceux qui enregistreraient une progression supérieure à 10%. Un seuil qui déclencherait alors un prélèvement supplémentaire «de 5% ou de 10%». 


IPO , Bilanzpressekonferenz LSAP-Fraktion Chamber , Georges Engel , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Le LSAP place la justice fiscale en enjeu électoral
Si l'année parlementaire qui s'achève a été principalement marquée par la crise sanitaire et ses conséquences, les socialistes entendent que les deux années restant avant la fin de la législature mettent l'accent sur la redistribution des richesses.

En assurant que ce nouvel impôt relève avant tout «d'une décision politique», le locataire du ministère de la rue Sainte-Zithe s'attaque frontalement aux libéraux, pourtant membres de l'actuelle coalition gouvernementale. Car si Dan Kersch assure avoir entendu «les oppositions» à cette idée qui entend apporter de «la justice sociale», ce dernier assure ne pas avoir entendu de propositions concrètes «pour parvenir à combler les trous» dans le budget.

A noter que les membres du DP ne sont pas les seuls à avoir exprimé des doutes quant à l'efficacité d'une «taxe covid», puisqu'il en a été de même de la part de Franz Fayot (LSAP). Interrogé par nos confrères de Paperjam, le ministre de l'Economie assure préférer «avoir un débat, plus fondamental sur l'imposition des grandes fortunes, et en particulier, sur le capital non productif.» En clair, l'ancien président du LSAP préfère à cette «taxe covid» un impôt sur la fortune portant notamment sur les importants propriétaires fonciers, car, selon lui, «une distinction fondamentale existe entre les rentes perçues sur les propriétés et le travail productif ou le capital productif.»

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