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Fin de la grève des sans-papiers à Bruxelles
Luxembourg 3 min. 22.07.2021
Immigration

Fin de la grève des sans-papiers à Bruxelles

Après soixante jours sans nourriture, certains participants ont dû être transportés vers des hôpitaux de la capitale belge.
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Fin de la grève des sans-papiers à Bruxelles

Après soixante jours sans nourriture, certains participants ont dû être transportés vers des hôpitaux de la capitale belge.
Photo : AFP
Luxembourg 3 min. 22.07.2021
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Fin de la grève des sans-papiers à Bruxelles

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Les grévistes qui refusaient de s’alimenter ont mis fin à leur action sans qu’un éventuel compromis avec les autorités ne soit confirmé.

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles) - La grève de la faim et de la soif que menaient depuis le 23 mai dernier quelque 430 sans-papiers à l’église du Béguinage, à Bruxelles, s’est arrêtée mercredi. Et cela sans que l’on ne sache exactement quel compromis a été trouvé avec les autorités. Officiellement, celles-ci n’ont pas plié. «On ne va pas faire des accords sur la politique de migration. Il y a une politique avec des règles qui doivent être suivies», a déclaré Sammy Mahdi, le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration.


A migrant rests on a makeshift bed under a placard reading "clandestinity kills, live in dignity or die" during the occupation of  St. John the Baptist Church at the B�guinage, in the center of Brussels on June 20, 2021. - Undocumented migrants, some of them having started an hunger strike, have occupied the 17th-century church since the end of January to denounce their lack of rights in Belgium and to call calling for a legal status. (Photo by JOHN THYS / AFP)
Le désespoir des sans-papiers heurte la Belgique
Ils sont 430 à mener une grève de la faim depuis plus d’un mois pour obtenir la régularisation qui leur est refusée.

De leur côté, les représentants des grévistes ont affirmé que des accords ont été mis en place, «des accords qui ne sont pas encore validés». A les entendre, l’arrêt de la grève a été décidé «pour qu'il n'y ait plus de stress et d'angoisse à l'intérieur de l'église».

Ainsi se termine une action qui aura duré 60 jours. Les sans-papiers étaient entrés en grève de la faim, puis de la soif ces derniers jours pour certains d’entre eux, afin d’attirer l’attention sur leur situation. Plusieurs cas d’automutilation ont été rapportés au fil des semaines, des grévistes se cousant les lèvres.

Pas de régularisations massives

Cette grève a remis sous les feux de l’actualité la piètre condition des sans-papiers. Certains vivent illégalement en Belgique depuis de longues années. Ils ont un travail, des enfants qui vont à l’école. Mais ils n’ont pu à ce jour obtenir leur régularisation, soit parce que l’administration traîne, soit parce que leur demande d’asile a été rejetée, tous les recours ultérieurs échouant.

Les autorités n’ont pas cédé. Elles rejettent toute idée de renouveler ces régularisations massives qui, dans le passé, ont permis à des milliers de sans-papiers de vivre en toute légalité en Belgique. Attesté ou non, l’«appel d’air » qui en résulterait serait du pain bénit pour le Vlaams Belang (extrême droite flamande), à deux doigts de devenir le premier parti du pays.

Il reste que, selon certaines sources, des négociations se seraient déroulées loin des caméras entre représentants du gouvernement et grévistes.  Elles auraient abouti mercredi, jour de Fête nationale, à un compromis qui n’a pas été révélé. Le secrétaire d’Etat Mahdi s’est gardé de jouer les vainqueurs, estimant qu’il n’y a « rien que des perdants aujourd'hui ». «Pour moi, a-t-il poursuivi, ce n'était pas un combat contre des gens, mais pour une politique correcte. Espérons que personne ne restera avec des séquelles permanentes.»

Sammy Mahdi explique encore avoir «pu convaincre que la régularisation collective n'est pas une solution et que les procédures existantes sont humaines». Une zone neutre mise en place par le gouvernement pour aider les sans-papiers individuellement restera ouverte «pendant un certain temps». Mercredi, les grévistes ont pris le chemin de l’hôpital, plusieurs étant admis en soins intensifs.

La fin de la grève des sans-papiers ôte une énorme épine au pied du gouvernement De Croo. En dépit de la pression des médias et de la société civile, il est resté fidèle à son approche légaliste de la migration. Il y a des règles, a-t-il martelé, elles doivent être respectées et chaque cas doit être examiné séparément. Il ne peut y avoir de régularisation massive – 100.000 à 150.000 illégaux vivraient actuellement en Belgique.

Mais ces derniers jours, les socialistes et les écologistes avaient menacé de quitter le gouvernement si un gréviste venait à succomber aux séquelles engendrées par la privation de nourriture. Les deux partis se disent aujourd'hui heureux de la tournure prise par ce dossier.

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