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Ils ont apprivoisé le blob

Ils ont apprivoisé le blob

Ils ont apprivoisé le blob
Une expérience menée au lycée Aline Mayrisch

Ils ont apprivoisé le blob


11.07.2022

Menée sur cinq jours par onze élèves, l'étude visait à comparer le développement de onze blobs dans des conditions climatiques usuelles (± 23 degrés) et de onze autres sous une température de ± 32 degrésCrédit: LW

Le nom parle à tout le monde, mais peu savent réellement ce que c’est. Contrairement à la créature de cinéma, le blob est inoffensif. Mieux : cet «alien» inclassable serait d’une importance vitale pour nous, alors même que cet organisme est bien fragile. Voilà ce que l’expérience menée par des élèves d’une classe de 3e scientifique a démontré.

De prime abord, l’aspect n’est pas attrayant. Ce petit mystère, de couleur jaune, est pourtant un défi à nos connaissances. Cet organisme rampant vit surtout en sous-bois et peut doubler de volume chaque jour. Il peut s’unir à d’autres s’il croise l’un de ses congénères sur son passage.

Ce n’est ni un animal, ni une plante, ni un champignon, il est dépourvu de cerveau, de système nerveux et pourtant : il est capable d’apprendre de ses expériences et de les transmettre à un autre blob. L’importance de cet organisme unicellulaire pourrait bien être fondamentale, tant il est avéré qu’il contribue à l’équilibre de la biodiversité et au bien-être de l’écosystème au sein duquel il évolue. Parmi ses fonctions, son rôle de digestion de matière biologique pour secréter des minéraux nécessaires aux plantes est central.

Un blob dans le bois de Bambesch
Un blob dans le bois de Bambesch
Photo: Jocelyne Kohnen

À terme, sa capacité à détoxifier les sols permettrait de les dépolluer voire, pourquoi pas, d’absorber des déchets radioactifs : c’est tout le sens des recherches menées actuellement. Par ailleurs, il pourrait être en capacité de produire des antibiotiques et serait en mesure de servir de modèle en cancérologie.

Photo: Sibila Lind

Parmi ces recherches, certaines étudient les conséquences climatiques sur le blob, autrement appelé Physarum polycephalum. Au sein du Centre français de la recherche scientifique (CNRS), Audrey Dussutour, directrice de recherche, mène des expériences et a impliqué la classe de Jocelyne Kohnen, au sein du lycée Aline Mayrisch, afin de comprendre à quel point une élévation des températures pourrait être préjudiciable à cet organisme.

Les blobs étaient répartis en deux groupes : l'un sous des conditions climatiques normales (23 degrés), l'autre sous 32 degrés.
Les blobs étaient répartis en deux groupes : l'un sous des conditions climatiques normales (23 degrés), l'autre sous 32 degrés.

L’expérience

Menée sur cinq jours par onze élèves, elle visait à comparer le développement de onze blobs dans des conditions climatiques usuelles (± 23 degrés) et de onze autres sous une température de ± 32 degrés. Les résultats sont sans appel : dans le premier groupe, plus de la moitié poursuit sa croissance au bout de la semaine (deux étaient par ailleurs morts ou immobiles au premier jour de l’expérience) ; dans le second, aucun ne parvient à survivre.

C’est l’une des conclusions auxquelles conduit cette expérience, qui a aussi valeur de sensibilisation : par la pratique, on comprend l’impact négatif qu’aurait le réchauffement climatique sur le développement du Physarum polycephalum et donc, en conséquence, sur la biodiversité.

Trois questions à Audrey Dussutour, directrice de recherche au CNRS

À présent, nous vous soumettons quelques questions pour tester vos connaissances sur le blob.

Cet article est le fruit d'une collaboration entre la rédaction (Christophe Olinger, Sibila Lind, Dominique Nauroy) et les élèves de la 3CC1, dans le cadre de leur cours de français, sous la direction de Jocelyne Kohnen :

  • ANJOS Eva
  • BODSON Lilly
  • CASTEL Emma
  • CERQUEIRA Maïwenn
  • DUMAYE Clément
  • FABER HAAGEN Louis
  • HÉDOUIN Laure
  • KAUFFMANN Clara
  • MARX Juliette
  • MEIERS Nikki
  • NECSA Marie
  • RUPPERT Anne
  • SLONGO Anouk
  • TRIGNOL Rphaël
  • VON HATTEN Eloïse 

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