Changer d'édition

«Il y aura forcément une augmentation des tarifs»
Luxembourg 6 min. 21.04.2016 Cet article est archivé
Point sur la réforme des taxis

«Il y aura forcément une augmentation des tarifs»

La nouvelle réforme des taxis a été adoptée mercredi, après trois ans de débats.
Point sur la réforme des taxis

«Il y aura forcément une augmentation des tarifs»

La nouvelle réforme des taxis a été adoptée mercredi, après trois ans de débats.
Chris Karaba
Luxembourg 6 min. 21.04.2016 Cet article est archivé
Point sur la réforme des taxis

«Il y aura forcément une augmentation des tarifs»

La majorité des députés présents hier au Parlement ont voté en faveur de la nouvelle réforme des taxis. Celle-ci prendra effet le 1er septembre prochain et laisse pour l'instant les chauffeurs de taxis dubitatifs. Olivier Gallé, président de la fédération des taxis annonce même une augmentation des tarifs due à cette loi.

Par Sophie Wiessler

La majorité des députés présents hier au Parlement ont voté en faveur de la nouvelle réforme des taxis. Celle-ci prendra effet le 1er septembre prochain et laisse pour l'instant les chauffeurs de taxis dubitatifs.

Quelles sont les nouveautés?

Après plus de trois ans de négociations et d'annonces diverses, la nouvelle réforme des taxis a enfin été votée ce mercredi, avec 53 voix en sa faveur. Plusieurs points vont donc évoluer à partir du 1er septembre prochain. En voici les sept principaux.

1Le Luxembourg est désormais divisé en 6 zones. C'est une des principales nouveautés de cette loi. Le pays était jusqu'alors divisé en 44 zones, par commune. Cette division permettra aux taxis d'élargir leur champ d'action. Retrouvez les différentes zones dans notre carte ci-dessous.

Une nouveauté qu'approuve Olivier Gallé, président de la fédération des taxis, malgré quelques problèmes, selon lui. «C'est bien que ça s'agrandisse mais certaines zones sont beaucoup trop grandes et devraient être encore coupées en deux. Notamment celle de Esch par exemple. Est-ce qu'un client va attendre une heure avant que son taxi arrive? Je ne pense pas», explique-t-il.

Cette répartition aura également pour «objectif de mettre fin au fait qu’actuellement un taxi retourne souvent à vide dans sa commune d’origine car il n’a pas le droit de prendre un passager en dehors de sa – petite - zone communale avec pour conséquence que le passager paie de manière implicite le retour à vide pour son trajet». 

  Est-ce qu'un client va attendre une heure avant que son taxi arrive?  

Une précision que n'approuve pas vraiment le président de la fédération des taxis. «C'est bien beau de pouvoir prendre quelqu'un en cours de route. Mais on ne connait pas toutes les zones, ce sera difficile pour le conducteur de se repérer en dehors de sa commune. Le service ne sera pas optimal. Et des passagers qui lèvent la main pour héler des taxis, il y en aura où? Sur le Boulevard Royal, où les arrêts et stationnements sont interdits...», souligne-t-il.

2. Le nombre de licences sera désormais limité par zones et elles seront distribuées par le ministère des Infrastructures. La distribution par communes sera donc abolie. Chaque zone aura un nombre maximal de licences. 

Ainsi la zone 1 du canton de Luxembourg en aura 290; la zone 2 de Capellen et Esch/Alzette en aura 140; la zone 3 comprenant Mersch et Redingen en aura 30; la zone 4 avec Echternach, Grevenmacher et Remich en aura 25, la zone 5 de Diekirch et Wiltz, 50 et la zone 6 de Clerf et Vianden, 15.

3. Les prix devront être affichés à l'intérieur et à l'extérieur des taxis. Une volonté de «transparence» souhaitée par le ministère des Infrastructures. «Du grand n'importe quoi» selon Olivier Gallé. «Cet affichage devait déjà se faire il y a bien longtemps. Si tout le monde le faisait déjà correctement, il n'y aurait pas eu besoin de cette loi. Vous croyez vraiment que les gens vont s'amuser à regarder les prix sur chaque taxi pour comparer? Et les prix affichés ne calculent pas la distance, le prix de la prise en charge etc... Je vois mal un client sortir son portable pour calculer tout ça avant de monter dans un taxi, c'est n'importe quoi. De toute manière, nous sommes tous à peu près au même prix», détaille-t-il.

Les taxes que va ajouter l'Etat vont forcément augmenter nos prix.

Des prix qui normalement devaient baisser à l'aide de cette loi. Une illusion d'après Olivier Gallé qui, au contraire, annonce déjà une augmentation des tarifs. «L'Etat va encore nous rajouter des taxes. Ces coûts supplémentaires vont forcément se répercuter sur les prix. Il y aura une augmentation. Quand on voit qu'une autorisation de commerce est gratuite alors que celle pour les taxis coûte 400 euros... Pourquoi? On dit que les prix luxembourgeois sont trop chers mais ce sont les prix nécessaires pour notre survie. On n'a pas de subventions», plaide-t-il.

4. Les policiers et douaniers seront autorisés à verbaliser les taxis en faute. Davantage de contrôles seront ainsi mis en place pour lutter contre les «faux taxis», véritable fléau pour les professionnels du métier. Une action qu'applaudit le président de la fédération des taxis. «C'est très bien, on est forcément d'accord avec ce point. Les taxis illégaux seront enfin contrôlés et ceux qui travaillent correctement pourront continuer à travailler. Il n'y a que les hors-la-loi qui rouspètent face à cela. Nous, nous sommes d'accord. Et cela donnera une meilleure image de notre métier».

5. Abolition de la «tête de file». A l'avenir, les clients auront ainsi la possibilité de choisir leur taxi. Une mesure qui est déjà quelque peu en pratique selon Olivier Gallé. «Si un client, pour une raison X, ne souhaite pas monter dans le premier taxi de la file, il peut prendre le suivant et ainsi de suite. Mais là, les chauffeurs vont faire quoi? Crier comme sur les marchés pour appâter les clients. C'est n'importe quoi.»

6. Autre mesure de cette nouvelle loi pour les taxis: la création d'un bureau des plaintes au ministère des Infrastructures.

7. Enfin, dernière mesure mise en place par cette réforme des taxis: vingt nouvelles licences seront délivrées par an pour des taxis «zéro émissions». C'est une première, puisque des critères écologiques seront donc également pris en compte. Mais cette idée «coûte trop cher» selon le président de la fédération des taxis. «C'est clairement une question de budget. Les véhicules électriques coûtent plus cher et nous n'avons ni les données, ni les expériences et encore moins les infrastructures pour ce genre de véhicules», souligne-t-il.

Conclusion: des chauffeurs de taxis dubitatifs

Beaucoup de nouveautés donc et des propriétaires de taxis clairement mitigés face à cette réforme. «C'est un grand changement qui aurait dû avoir lieu il y a longtemps. S'il y avait eu une meilleure coopération entre la Fédération des Taxis et le gouvernement, tout ceci serait déjà en place depuis longtemps. Mieux vaut tard que jamais ! Mais je demande à voir. Est-ce que ça va vraiment nous apporter quelque chose? Je ne sais pas. J'attends de voir ce que cela va donner», conclut Olivier Gallé.

Verdict dans deux ans, lors du premier bilan demandé par les députés ayant acté la motion du CSV, qui réclamait justement un bilan à cette échéance.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

WebTaxi fait peau neuve: nouvelle application mobile, baisse des tarifs de nuit ou encore ouverture aux indépendants, la société fait le plein de nouveautés en ce début d'année 2017. Le tout pour contrer le géant Uber, qui risque de s'implanter au Grand-Duché?
Cela fait déjà 5 ans que WebTaxi circule sur les routes luxembourgeoises.
Près d'un mois et demi après sa mise en place, la nouvelle réforme des taxis semble faire des heureux. La fédération des taxis a en effet tenu à féliciter le ministre des Infrastructures et la police pour leur travail depuis le 1er septembre dernier.
La fédération des taxis a le sourire.
Plus besoin de prendre le premier taxi de la file et de trembler en attendant la note. Avec l'entrée en vigueur de la réforme des taxis ce 1er septembre, les tarifs seront affichés sur les voitures et le client prendra le taxi qu'il voudra.
Voitures avec chauffeur
Il faut, au moins une fois dans sa vie, avoir été confronté à un chauffeur de taxi très désagréable pour comprendre l'intérêt pour la start-up californienne Uber. Cinq ans après son lancement, elle est au coeur de nombreuses polémiques liées à la résistance... des taxis. Au Luxembourg, pas question de la voir débarquer.
Uber a déjà annoncé qu'il continuerait son développement et réagirait à chaque plainte...