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«Il serait irresponsable de ne pas trouver d'accord»
Luxembourg 5 min. 20.09.2022
Réunion tripartite

«Il serait irresponsable de ne pas trouver d'accord»

Si cela se passe selon la vision du gouvernement, un accord devrait être en place d'ici mardi afin que l'aide arrive le plus rapidement possible.
Réunion tripartite

«Il serait irresponsable de ne pas trouver d'accord»

Si cela se passe selon la vision du gouvernement, un accord devrait être en place d'ici mardi afin que l'aide arrive le plus rapidement possible.
Photo: SIP / Luc Deflorenne
Luxembourg 5 min. 20.09.2022
Réunion tripartite

«Il serait irresponsable de ne pas trouver d'accord»

Simone MOLITOR
Simone MOLITOR
Les négociations tripartites se sont poursuivies lundi. Le gouvernement et les partenaires sociaux ont discuté jusque tard dans la soirée. Aucun accord n'a encore été conclu.

Après un round de négociations de près de huit heures lors de la première journée de la tripartite dimanche, le travail a repris dès 9 heures lundi matin au château de Senningen. «La soirée sera probablement longue», a-t-on brièvement annoncé aux journalistes entre-temps. En effet, il a fallu attendre 21h20 pour que le gouvernement, les syndicats et le patronat quittent la salle et se précipitent vers leurs véhicules. Les négociateurs n'ont pas réussi à se mettre d'accord au deuxième jour. Les discussions se poursuivront ce mardi matin à partir de 10 heures.

Les syndicats ont encore besoin de temps pour réfléchir

«Aujourd'hui, nous avons encore échangé sur la situation et les différentes propositions. Maintenant, nous avons besoin d'une pause jusqu'à demain. Nous avons besoin de plus d'informations, notamment de la part du gouvernement. Les syndicats ont également demandé un temps de réflexion», a déclaré le Premier ministre Xavier Bettel (DP), qui n'a guère laissé filtrer d'informations dans sa brève déclaration.


Politik , Tripartite , 18H , PK zu den bilateralen Konzertationen mit UEL und Syndikaten , PK Xavier Bettel , Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
«Aucune discussion ne devra être taboue»
Le Premier ministre Xavier Bettel a présenté lors d'une conférence de presse les conclusions des rencontres bilatérales avec le patronat et les syndicats de ce mercredi. Il veut des aides rapides, pour la fin septembre ou début octobre au plus tard.

Il n'a pas voulu commenter la méthode envisagée pour freiner les prix de l'énergie : «Nous sommes encore en phase de négociation, je n'entrerai donc pas dans les détails. Il y a un paquet sur la table que j'essaie de ficeler.» Il s'agit de trouver un accord, et pas un accord bipartite, «mais un accord qui soit soutenu et signé par tous les partenaires sociaux qui sont autour de la table». Pour cela, des négociations sont encore nécessaires, selon Bettel.

Le ministre d'État n'a pas non plus abordé la question de l'index . «Dans l'ensemble du paquet que je veux faire passer demain (ce mardi, NDLR), l'index est bien sûr une des questions importantes, mais il sera recalculé avec l'impact d'un frein énergétique. Tout cela sera encore calculé et affiné», a-t-il déclaré, renvoyant à nouveau au lendemain, où l'on entrera dans les détails. «Nous avons convenu de ne pas parler des détails maintenant, car tout le monde a encore besoin de temps pour réfléchir».

Un accord tripartite serait un signe fort de cohésion sociale.

Xavier Bettel, Premier ministre

Comment évalue-t-il les chances d'aboutir à un accord mardi ? «C'est ce que je souhaite. Je me répète quand je dis que les gens sont inquiets. Il serait irresponsable de ne pas trouver d'accord. Nous devrions alors prendre nos responsabilités en tant que gouvernement. Mais ce serait un signe fort de cohésion sociale et de défi à relever ensemble si nous parvenions à un accord», poursuit le Premier ministre.

Quant à savoir quel est le fossé qui sépare encore le patronat et les syndicats, Bettel a répondu de manière évasive : «Il y a encore des discussions qui ont lieu et des points qui doivent être clarifiés. Mon objectif serait un accord à trois avec lequel chaque partie pourrait vivre. C'est dans l'intérêt de notre économie. Les emplois sont importants, mais il est également important d'aider les citoyens. Pour cela, nous avons besoin d'un package dans lequel chacun se retrouve». Il n'a pas été possible d'en savoir plus lundi soir.

Mesure principale : le frein aux prix de l'énergie

Via Twitter et Facebook, le Premier ministre Xavier Bettel (DP) avait fait savoir après la première journée de négociations dimanche que le gouvernement avait proposé aux partenaires sociaux de plafonner les prix de l'énergie. Cette mesure permettrait d'aider directement et rapidement les citoyens et les entreprises. La priorité du gouvernement est de «lutter contre la hausse des prix», a déclaré M. Bettel. Le frein aux prix de l'énergie est cité comme mesure principale. Lundi, le Statec devait encore présenter des calculs à ce sujet.


ARCHIV - 23.11.2021, Baden-Württemberg, Karlsruhe: Ein Drehstromzähler, aufgenommen in einem Haushalt. Stromkunden der EnBW müssen ab Oktober im Schnitt fast ein Drittel mehr für Haushaltsstrom bezahlen. (zu dpa: «EnBW hebt Strompreise deutlich an») Foto: Uli Deck/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Le plafonnement des prix de l’énergie pose question
Pour venir en aide aux ménages, le gouvernement planche sur une limitation des prix de l'énergie, une mesure accueillie avec prudence par l'opposition.

Pour le député pirate Sven Clement, cette mesure n'est pas une bonne idée, comme il l'a clairement indiqué sur Twitter. Si le gouvernement paie la différence, le «petit consommateur économe» subventionnera en fin de compte celui qui est «cupide et inefficace». Le CSV salue en revanche le frein aux prix de l'énergie. Comme l'a souligné le coprésident du parti Claude Wiseler lundi matin sur RTL, son parti avait déjà proposé cette mesure il y a plusieurs mois.

Suite probablement la semaine prochaine

Trois jours de négociations sont prévus pour cette deuxième tripartite. On espère toujours trouver un accord d'ici mardi, afin de pouvoir l'adopter dès le prochain conseil de gouvernement. Si aucun accord n'est trouvé d'ici mardi, les discussions reprendront la semaine prochaine, probablement jeudi, avec pour objectif de mettre en place des aides d'ici fin septembre ou début octobre au plus tard.

Controverse autour de la dette publique

La discussion sur l'indice n'est pas la seule source de conflit - selon le Statec, jusqu'à cinq nouvelles tranches pourraient être dues en 2023 -, le montant de la dette publique est également un sujet de discorde. «Aucune discussion ne doit être taboue», avait déclaré le Premier ministre Bettel à la fin des entretiens bilatéraux de vendredi dernier. Il s'en tient toutefois au seuil de 30% maximum de dette publique inscrit dans l'accord de coalition, tandis que Claude Haagen (LSAP), ministre de la Sécurité sociale, a fait savoir sur Twitter qu'en période exceptionnelle, on n'avait «pas besoin de dogmatisme budgétaire».


Jusqu'à 5 indexations en 10 mois dans le pire des scénarios
Avec l'emballement récent des prix sur les marchés de l'énergie, le Statec a dû revoir ses prévisions d'inflation à la hausse. Un pic devrait être atteint en janvier 2023.

«Les agences de notation qui définissent le triple A doivent proposer des solutions au lieu de dresser des frontières incompréhensibles», a écrit Claude Haagen en réaction à un tweet de l'ancien député LSAP Alex Bodry, qui avait remis en question le quota de 30 % de dette. Il s'agit selon lui d'un «objectif politique fait maison». Selon Bodry, la seule norme contraignante en matière de limitation de la dette est de 60 % pour les pays de l'UE. «Les situations exceptionnelles exigent parfois des efforts budgétaires exceptionnels et temporaires».

Avant cela, lors de leur conférence de presse de rentrée politique fin août, les Verts avaient eux aussi déjà envisagé un dépassement du plafond de la dette comme une issue possible. «Nous avons actuellement une marge de manœuvre financière et devons maintenant faire preuve de flexibilité», a déclaré le coprésident du parti Meris Sehovic. De son côté, le coprésident du parti CSV Claude Wiseler s'oppose également à ce que la limite de 30% de la dette publique soit dépassée.

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