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Il ne faut pas diaboliser l’usage de la voiture !
Luxembourg 3 min. 14.09.2020 Cet article est archivé

Il ne faut pas diaboliser l’usage de la voiture !

Benji Kontz, mobilité douce, Foto: Guy Wolff / Luxemburger Wort

Il ne faut pas diaboliser l’usage de la voiture !

Benji Kontz, mobilité douce, Foto: Guy Wolff / Luxemburger Wort
Guy Wolff/Luxemburger Wort
Luxembourg 3 min. 14.09.2020 Cet article est archivé

Il ne faut pas diaboliser l’usage de la voiture !

Benji Kontz perpétue une activité entièrement vouée aux solutions de mobilité individuelle. Il est aussi le fervent défenseur d’un système de transports multimodal « où tout le monde y trouve son compte en fonction de ses besoins ».

Vous êtes le représentant d’une famille qui se targue de « vendre de la mobilité » depuis 100 ans…

Benji Kontz : Tout ce que nous proposons est complémentaire. En 100 ans, nombreux sont ceux qui ont acquis leur premier tricycle chez nous, puis leur première trottinette, leur premier vélo… Avant de passer à la voiture ou à la moto… Nous avons toujours considéré qu’il fallait offrir une solution de mobilité la plus complète possible. Cette vision était juste – ce que nous constatons actuellement le prouve, si besoin en était. De plus en plus de gens considèrent la bicyclette comme moyen de transport et plus uniquement comme un engin dédié au sport ou aux loisirs. La voiture n’est pas morte pour autant. Pouvoir se déplacer est une liberté individuelle et il ne faut pas y toucher.

Écologiquement parlant, il y a quand même un sacré fossé entre un scooter électrique et une Aston Martin, deux « produits » qu’on peut acquérir chez vous…

BK : Ce n’est pas parce qu’on roule en voiture qu’on ne s’intéresse pas à l’écologie. Les automobiles actuelles sont plus propres que jamais, et cela vaut pour tous les types de véhicules, même à moteur thermique – essence ou diesel. Restent les émissions de CO2 et leur incidence sur le réchauffement climatique. C’est un vrai débat, qu’il faut mener, mais qui va bien au-delà du secteur automobile. Il ne faut donc pas diaboliser l’usage de la voiture. Ce qui compte, c’est de rendre le parc automobile le plus propre possible en remplaçant les véhicules plus anciens par des nouveaux qui ne polluent plus, ou pratiquement plus.

Les discours autour de la mobilité, en général, et de la voiture électrique, en particulier, sont souvent manichéens. Le client potentiel, lui, ne sait plus qui croire…

BK : C’est exactement mon sentiment. De plus en plus ! Au lieu de chercher des solutions pour polluer moins et de faire quelque chose de réellement utile pour l’environnement, certains font tout pour enlever aux gens l’envie de rouler en voiture ou de les déstabiliser, à tel point qu’ils ne savent plus quel type d’auto acheter. Du coup, nombreux sont ceux qui retardent l’achat d’un véhicule neuf – ou plus récent – et continuent à rouler plus longtemps avec leur ancienne voiture qui pollue plus… Donc, l’effet est négatif. J’entends souvent dire que le « lobby automobile » ne veut pas vendre davantage de voitures électriques. Ce n’est absolument pas vrai. D’un point de vue commercial, cela ne joue aucun rôle pour le concessionnaire s’il vend une voiture électrique ou conventionnelle. Mais nous nous posons des questions sur la manière dont sont construites les voitures et les matériaux utilisés, en quelles quantités elles seront livrables et comment, derrière, les réseaux et infrastructures doivent être gérés pour que tout fonctionne correctement et de manière durable, dans tous les sens du terme.

Votre avis sur le système actuel de subventions et l’approche du gouvernement en termes de mobilité ?

Benji Kontz, mobilité douce, Foto: Guy Wolff / Luxemburger Wort
Benji Kontz, mobilité douce, Foto: Guy Wolff / Luxemburger Wort
Guy Wolff/Luxemburger Wort

BK : Ces primes ont un impact réel et sont nécessaires, car les voitures électriques sont plus chères à l’achat. Ce que je regrette, c’est que les primes destinées aux voitures hybrides ne soient pas plus élevées. Pour nous garagistes, ces véhicules sont très importants pour inciter le consommateur à s’intéresser – et de manière progressive – à la mobilité électrique. Nous saluons tout effort contribuant à ce que la pollution liée à la mobilité diminue. Mais tout ne convient pas à tout le monde. On ne peut pas mettre tout le monde sur un vélo, un scooter, dans une voiture ou dans un tram. Il faut un système multimodal, où chacun y trouve son compte.     


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