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«Il n'y a pas de raison de supprimer le congé collectif»
Luxembourg 2 min. 18.07.2019

«Il n'y a pas de raison de supprimer le congé collectif»

«Il n'y a pas de raison de supprimer le congé collectif»

Photo: Marc Wilwert
Luxembourg 2 min. 18.07.2019

«Il n'y a pas de raison de supprimer le congé collectif»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
A compter de ce vendredi 26 juillet, près de 98% des salariés du BTP bénéficieront de trois semaines de vacances. Pour le Groupement des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics, la mesure s'avère aussi bonne pour les personnels que les entreprises.

Attaqué parfois, mis à mal jamais. Ainsi se porte le congé collectif qui, deux fois par an, s'impose à quelque 18.000 salariés travaillant tous dans les domaines du bâtiment, du génie civil, des installations sanitaires, chauffage et climatisation. Pourtant, quelques exceptions sont admises.

Pour cet été, Pol Faber, secrétaire général du Groupement des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics l'annonce formellement : «98% des salariés concernés partiront bien en repos dans la période déterminée en fonction de leur activité». C'est-à-dire, pour la plupart, entre le 26 juillet et la reprise du travail lundi 19 août.

Écoles, hôpitaux et grands chantiers

Qui sont les 2% restants? «Il s'agira uniquement des entreprises déterminées par la commission ad hoc qui rassemble les organisations patronales et des représentants de l'État, à commencer par l'Inspection du travail», indique le responsable. 

Cette année, l'exemption a donc été accordée aux sociétés en charge notamment de la construction ou de la rénovation d'écoles ou d'hôpitaux, mais aussi à celles qui doivent assumer des opérations de maintenance sur des sites industriels majeurs. Sans parler des compagnies qui participent à l'installation des lignes du tram. 

Travaux urgents en priorité

«Pour 2019, il y a eu 190 demandes de report de congé collectif», informe le ministère du Travail. Dans 121 cas, un avis favorable a été accordé.

Dans 47 cas, il s’agira pour ces sociétés de poursuivre les travaux dans des écoles/lycées dans les semaines à venir. Selon les chiffres du ministère, 39 demandes concernent des chantiers en entreprises «et dans 104 cas, la demande a été introduite parce qu’il s’agit de travaux urgents».


Le chantier du tram ne connaîtra pas d'arrêt au mois d'août. Les entreprises choisies sur ces travaux ne bénéficieront pas du congé collectif.
Le chantier du tram ne connaîtra pas d'arrêt au mois d'août. Les entreprises choisies sur ces travaux ne bénéficieront pas du congé collectif.
Patrick Jacquemot

Mais n'allez pas parler à Pol Faber de supprimer la mesure imposant une date de repos à la majeure partie de la population active du pays. «Il n'y a pas de raison de supprimer le congé collectif», tranche-t-il. 

Ses arguments : «Les personnels qui travaillent constamment dehors n'ont pas à supporter les plus fortes périodes de chaleur. Les petites entreprises - nombreuses dans ce secteur - ont plus de facilités ainsi pour organiser leurs effectifs. Les entrepreneurs ont tous la même visibilité sur qui travaille et quand.»

Mesure trop contraignante

Pourtant l'idée revient régulièrement dans les débats. Dernier exemple en date: le dépôt de pétition publique de Robert Denneval, ancien président de la FEDIL. L'ex-responsable de la Fédération luxembourgeoise de l’industrie n'avait rallié à sa cause que 811 signatures, en avril 2019. Pas de quoi ouvrir un débat à la Chambre.


27.7. Chantier / Bauferien / Conge Collectif / Chantier Roud Breck Foto:Guy Jallay
Le secteur du bâtiment tient à son congé collectif
La pétition lancée par Robert Dennewald, président honoraire de la Fedil, demandant l'abolition pure et simple des trois semaines d'arrêt complet des chantiers pendant l'été n'a recueilli que 810 signatures. Bien loin des 4.500 nécessaires pour lancer un débat public.

Il reprochait au congé collectif de «diminuer la capacité de production alors que les conditions climatiques sont optimales pour un secteur fortement tributaire des conditions météorologiques». Robert Denneval estimait aussi que la mesure devenait trop contraignante pour les salariés du BTP, «leur imposant quand prendre leurs congés». 

Quelques années plus tôt, François Bausch (Déi Gréng) alors ministre du Développement durable avait lui aussi tenté de remettre en cause le congé collectif. Mal lui avait pris de réclamer plus de flexibilité, il avait dû faire face à une vague de contestations, y compris de la part des syndicats ouvriers.