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Hôtellerie et Airbnb: Faut-il taxer Airbnb au Grand-Duché?
Luxembourg 3 min. 11.11.2016 Cet article est archivé

Hôtellerie et Airbnb: Faut-il taxer Airbnb au Grand-Duché?

Une grande partie de la clientèle, au Luxembourg, apprécie l'offre haut de gamme que le pays peut proposer (notre photo: hôtel Le Place d'Armes à Luxembourg).

Hôtellerie et Airbnb: Faut-il taxer Airbnb au Grand-Duché?

Une grande partie de la clientèle, au Luxembourg, apprécie l'offre haut de gamme que le pays peut proposer (notre photo: hôtel Le Place d'Armes à Luxembourg).
Photo: DR
Luxembourg 3 min. 11.11.2016 Cet article est archivé

Hôtellerie et Airbnb: Faut-il taxer Airbnb au Grand-Duché?

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
L'hôtellerie s'interroge sur son avenir à l'occasion de la Journée de l'Hôtellerie. Comment va le secteur, comment va-t-il évoluer et… que faire avec Airbnb? Le point avec Sarah Mellouet, économiste au sein de la fondation Idea.

L'hôtellerie s'interroge sur son avenir à l'occasion de la Journée de l'Hôtellerie. Comment va le secteur, comment va-t-il évoluer et… que faire avec Airbnb? Le site propose actuellement environ 300 chambres au Grand-Duché. Certains prix défient évidemment toute concurrence, surtout face au secteur professionnel. Il est question, comme c'est déjà le cas dans certains endroits en Europe, d'apposer une taxe liée à l'activité Airbnb.

Le tourisme se porte bien au Luxembourg, avait annoncé Francine Closener, secrétaire d'Etat à l'Economie, lors d'une conférence de presse en août. Le secteur de l'hôtellerie s'inquiète malgré tout pour son avenir. Le tourisme d'affaire a chuté de 6,4% en 2015 alors que le tourisme de loisir a progressé de 6,6%.

Nous avons interviewé Sarah Mellouet, économiste de la fondation Idea pour faire le point:

Quelle est la santé globale du secteur?

D’après les données chiffrées du Statec, le bilan touristique semble au beau fixe, avec une progression des indicateurs-clés de la performance hôtelière.

Entre 2014 et 2015, on note une évolution positive des nuitées de 1,4% pour l'hôtellerie et de 3,5% pour les auberges de jeunesse. Le record du nombre de nuitées a même été battu. On remarque une progression notable sur les trois dernières années si l'on regarde ces indications. Le taux d'occupation est de 73,2% avec une progression annuelle, lissée, de 1,4%. En comparaison, cette progression annuelle est d'environ 1% en Europe de l'ouest. Le revenu par chambre disponible a augmenté de 12,3% entre 2014 et 2015 alors que la moyenne européenne se situe autour de 2% seulement.

Malgré ces chiffres florissants, le secteur n’échappe pas à certaines difficultés (entre 2000 et 2014, 121 hôtels ont fermé au Luxembourg, ndlr).

L'idée de taxer Airbnb arrive elle aussi au Luxembourg, d'autres villes en Europe ont déjà fait ce choix. Comment l'envisager?

Sarah Mellouet, économiste au sein de la fondation IDEA (asbl).
Sarah Mellouet, économiste au sein de la fondation IDEA (asbl).
DR

À mon sens, la question de la taxation se pose mais il faut d'abord se demander: comment va-t-on qualifier l'activité juridique d'un particulier qui loue sur Airbnb, sur quelle base va-t-on le taxer?

Sur les revenus issus de la location de locaux à usage commercial, ou comme des établissements «destinés à héberger, contre paiement, des personnes de passage, et les restaurants», ou sur des revenus issus de locations de courte durée (saisonnières), comme pour les chambres d'hôtes? Quels «seuils» conviendrait-il d’adopter (niveau de revenu généré, durée, régularité, etc.)?

Peut-on comparer l'hôtellerie à Airbnb, proposé par des particuliers, et non professionnel? Sont-ils vraiment concurrents?

Il existe des points communs: le premier est d'avoir une plate-forme web de réservation avec un gestionnaire d'infrastructures unique, comme Airbnb. Le second est l'importance du réseau. Le troisième point commun est l'usage et non la possession par le client. C'est précisément l'un des principes de l'économie collaborative.

L'effet de réseau mentionné ci-dessus inspire confiance dans le cas d’Airbnb. Le consommateur gagne en pouvoir et le prestataire gagne en transparence grâce au système de notation. Il peut nourrir une certaine concurrence saine entre les prestataires de service. Et permettre ainsi un gain en qualité, comme c'est le cas avec les restaurants et le site Trip Advisor.

Au Luxembourg, la majeure partie de la clientèle hôtelière est habituellement une clientèle d'affaires. Le prix n'est donc pas le seul critère de choix. La recherche sera plus axée sur les prestations, le service (l’efficacité, le confort, la disponibilité du personnel, l’intimité voire l’anonymat…), qui seront plus facilement garantis dans un hôtel que chez un particulier de Airbnb.

Cela dit, ces prestations pourraient en réalité ouvrir de nouveaux marchés, à une clientèle qui n’aurait pas nécessairement recours aux services traditionnels, trop chers pour elle.

L'augmentation des nuitées dans les auberges de jeunesse au Luxembourg relativise l'idée de concurrence entre Airbnb et l'hôtellerie. Deux offres qui seraient donc complémentaires? Le débat est ouvert.

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