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Une ancienne friche deviendra le quartier le plus écolo de Luxembourg
Luxembourg 5 min. 26.02.2015 Cet article est archivé
« Hollerich Village »

Une ancienne friche deviendra le quartier le plus écolo de Luxembourg

Situation du projet « Hollerich Village ». En pointillés, la ligne de chemin de fer.
« Hollerich Village »

Une ancienne friche deviendra le quartier le plus écolo de Luxembourg

Situation du projet « Hollerich Village ». En pointillés, la ligne de chemin de fer.
Source: hollerichvillage.lu
Luxembourg 5 min. 26.02.2015 Cet article est archivé
« Hollerich Village »

Une ancienne friche deviendra le quartier le plus écolo de Luxembourg

C'est une zone artisanale et commerciale appelée à devenir un « éco-quartier » d'habitation modèle, avec l'ambition de s'afficher comme une référence au Luxembourg et dans la Grande Région : le « Hollerich Village » devrait sortir de terre dans quelques années.

PAR DOMINIQUE NAUROY

C'est une zone artisanale et commerciale appelée à devenir un « éco-quartier » d'habitation modèle, avec l'ambition de s'afficher comme une référence au Luxembourg et dans la Grande Région : le « Hollerich Village » devrait sortir de terre dans quelques années.

En descendant la route d'Esch depuis la Cloche d'Or, les 3,6 hectares de terrains se situent à gauche après le passage sous la ligne de chemin de fer, qu'ils jouxtent. Ils sont donc au nord de cette dernière, à la charnière des quartiers de Merl, Hollerich et Cessange.

Une ambition 100% verte

« Ce terrain était consacré aux énergies fossiles et on va le transformer en quartier zéro carbone », se félicite François Thiry, architecte urbaniste chez Polaris. Le projet est partie prenante de l'initiative One Planet Living, qui réunit des projets urbanistiques ayant pour point commun de se demander comment habiter avec une bonne qualité de vie en réduisant notre empreinte écologique. Or « si tout le monde vivait comme un résident luxembourgeois, nous aurions besoin de six à huit planètes Terre pour continuer à vivre selon le mode actuel », constate-t-il.

Le quartier « Hollerich Village» jouxtera la voie de chemin de fer
Le quartier « Hollerich Village» jouxtera la voie de chemin de fer
Photo: Dominique Nauroy

Le « Hollerich Village » s'inscrit dans le cadre plus global de la « Porte de Hollerich ». Ce dernier projet demeure en attente d’une modification du PAG (plan d’aménagement général) ouvrant la voie à un futur PAP (plan d’aménagement particulier).

Un quartier au cœur de la future « Porte de Hollerich »

La « Porte de Hollerich » vise à redessiner toute une zone, comprenant notamment la transformation de l'A4 à l'endroit où elle s'achève en boulevard urbain (à l'instar de ce qui a été réalisé sur le plateau du Kirchberg), mais aussi la renaturation des ruisseaux de Merl et de Cessange, l'ouverture de la vallée de la Pétrusse (les travaux doivent faire sortir de terre la rivière là où elle s'engouffre actuellement) et la création de trois parcs : il sera ainsi possible de se balader du Grund jusqu'à Cessange en restant dans un cadre vert.

Le projet « Porte de Hollerich » prévoit de renaturer le ruisseau de Cessange
Le projet « Porte de Hollerich » prévoit de renaturer le ruisseau de Cessange
Photo: Dominique Nauroy

« Dans l'inconscient collectif, c'est une zone mal identifiée, elle est pourtant très bien située », estime Xavier Delposen, directeur général du groupe Schuler. Le « Hollerich Village » sera pleinement intégré à cette zone : « Ce sera un morceau de ville, un moteur de cette zone redessinée mais pas un îlot », insiste-t-il.

Au sein des 3,6 hectares du « Hollerich Village », plusieurs centaines de logements sont prévus. Ces derniers, dont 10% au moins seront à coût modéré, sont prévus avec le standard passif AAA ou encore « Nearly Zero Energy ». Le premier bâtiment de ce type à Luxembourg est l'immeuble « Horizon » à Strassen, inauguré en décembre 2011. Les besoins en énergie thermique, frigorique et électrique seront assurés par des énergies renouvables. 100% des besoins thermiques seront autoproduits sur site, et 20% des besoins électriques. Les logements disposeront de toitures vertes et de bois durable. 50% des matériaux de construction proviendront d'un rayon de 150km autour du site.

L'ensemble des données techniques est disponible sur le site officiel du projet. Le groupe Schuler gardera une partie des logements en patrimoine, et les proposera en location, une autre sera vendue à des particuliers.

Un pavillon dédié à une exposition sur le thème « One Planet » existe déjà sur le site
Un pavillon dédié à une exposition sur le thème « One Planet » existe déjà sur le site
Photo: Dominique Nauroy

La part belle à la mobilité douce

Le quartier sera proche d'une gare qui devra constituer un point d’échange train-bus-tram. Des parkings sont prévus à la date de démarrage mais ils pourront être démontés progressivement en fonction de la montée en puissance des transports publics. Tout est en effet pensé pour inciter à la mobilité douce. « Les résidents seront encouragés à consommer plus intelligemment dans tous les aspects de leur vie, et aussi à préférer la marche, le vélo pour leurs déplacements », propose M. Delposen. « Tout est fait pour privilégier des chemins courts », avance-t-il, avec notamment la proximité de trois lycées, de l'ISL, de l'Ecole de commerce et de gestion et du Conservatoire.

Vue actuelle du quartier depuis la voie de chemin de fer
Vue actuelle du quartier depuis la voie de chemin de fer
Photo: Dominique Nauroy

Le projet fait la part belle au logement mais sont également prévus dans le quartier : des offres de biens et services de proximité, une crèche, une résidence pour personnes âgées, une bibliothèque, des ateliers, un jardin communautaire avec arbres fruitiers et ruches, un incubateur de 300m² dédié à des start-ups orientées vers l'innovation verte, un pôle de développement durable.

L'autopartage au cœur du quartier

« L'animation dans le quartier, c'est la clé du projet », estime M. Delposen. « L'ambition n'est pas de bâtir une zone résidentielle où on ne voit personne dans les rues mais bien de proposer un lieu de vie où une telle vision peut se réaliser. » A cette fin, il existe « un public de plus en plus demandeur qui aujourd'hui ne trouve pas ce qu'il cherche dans l'offre immobilière », complète François Thiry.

Dans cet esprit, le projet entend mutualiser certains équipements, que l'on retrouve la plupart du temps dans les caves surchargées de chaque logement d'un même lotissement.

Image d'illustration (non issue du projet)
Image d'illustration (non issue du projet)
Photo: Shutterstock

A l'origine du projet, le Groupe Schuler, propriétaire foncier de l'ensemble des 3,6 hectares, et les partenaires associés : le cabinet d’architectes-urbanistes Polaris, l’ONG internationale BioRegional, le bureau d’études Goblet Lavandier & Associés, le Centre Henri Tudor et la Fondation natur&ëmwelt.

C'est en 2010 qu'il prend véritablement corps et trois ans plus tard, en mars 2013, il est présenté au grand public. Concrètement, les premières transformations significatives devraient avoir lieu courant 2018 et les premiers bâtiments seront livrés en 2020. Un projet qui prend son temps, mais on est dans un cas différent du Ban de Gasperich car il s'agit d'un « brown field », d'une friche à reconvertir dans le périmètre urbain existant. Et justement, outre la vocation du quartier pilote à servir de référence au plan international, le but sera aussi de lutter contre l'étalement urbain en renforçant la densité de population au sein de la capitale.