Changer d'édition

Henri Leconte: «Il m'a fallu réapprendre à marcher»
Luxembourg 6 min. 28.09.2022
Tournoi caritatif

Henri Leconte: «Il m'a fallu réapprendre à marcher»

Henri Leconte ne cache pas son plaisir d'arpenter les greens du Kikuoka Country Club: «J'adore, c'est tellement dépaysant.»
Tournoi caritatif

Henri Leconte: «Il m'a fallu réapprendre à marcher»

Henri Leconte ne cache pas son plaisir d'arpenter les greens du Kikuoka Country Club: «J'adore, c'est tellement dépaysant.»
Luxembourg 6 min. 28.09.2022
Tournoi caritatif

Henri Leconte: «Il m'a fallu réapprendre à marcher»

Charles MICHEL
Charles MICHEL
Henri Leconte réside au Grand-Duché où l'ancien tennisman s'adonne à son autre passion: le golf. Ce mercredi, il organise un tournoi dont une partie des bénéfices sera reversée à la Fondation Kiibskrank Kanner. Une association qui le touche...

Ce mercredi, à 12h sur les installations du Kikuoka Country Club, débutera la 2e édition de l'Invitationnal Golf Cup by Henri Leconte&Friends. L'occasion de s'entretenir avec l'ancien vainqueur de la Coupe Davis (1991). Au menu: James Bond, méningite foudroyante et grosses sacoches...

L'actualité du tennis a été marquée par les adieux à la compétition de Roger Federer. Que vous inspire sa retraite?

Henri Leconte : Ça faisait deux ans qu'il n'était pas revenu au plus haut niveau, on était tous un peu conscient que Roger allait arrêter. C'est une époque incroyable qui se termine. Certains parlent de Roger comme une légende ou une icône du jeu... Pour moi, Roger a amené avec lui des joueurs, des adversaires, dans une autre dimension. Il les a attirés, tractés et leur a permis d'aller bien au-delà de leurs ambitions initiales. 

Roger, c'est un artiste-peintre, il a hissé le tennis à un niveau inégalable

Certains le considèrent comme le meilleur joueur de tous les temps. Est-ce pertinent de jouer le jeu des comparaisons?

Rod Laver, Björn Borg ou Roger Federer ont été d'immenses joueurs et ont, chacun, marqué leur génération. 

Roger Federer a aussi marqué le tennis de par sa personnalité et son élégance...

Absolument. Si vous prenez Roger (Federer), Rafael (Nadal) ou Novak (Djokovic), vous avez trois personnalités différentes. Roger est magnifique, c'est la classe incarnée. Rafael, c'est la générosité et la puissance. Novak, lui, ne force pas, s'appuie sur sa propre technique. En fait, vous avez James Bond, Terminator et le Joker. Mais Roger, c'est un artiste-peintre, il a hissé le tennis à un niveau inégalable.

Ce talent, il l'a forgé...

Ce qui est amusant, c'est que la carrière de Roger ressemble un peu à celle de Borg qui, jeune, cassait les raquettes, insultait tout le monde et était insupportable sur le terrain. Roger, c'était le même, mais les deux ont réussi à se canaliser, à travailler sur leur mental et être aussi performant. Il a su maîtriser toute cette fureur afin d'atteindre le firmament. Si j'avais su travailler mon mental, j'aurais été beaucoup plus performant et moins blessé. 

Des pépins physiques, j'en ai eu quelques-uns: une opération du genou, trois hernies discales opérées dont la dernière en 1991, six mois avant la victoire en Coupe Davis où je bats Pete Sampras. 

Si j'avais su travailler mon mental, j'aurais été beaucoup plus performant et moins blessé

Les larmes de Roger Federer et de Rafael Nadal vous ont-elles surpris?

Roger est d'une sensibilité extrême et a dû travailler là-dessus. Son entourage, qui occupait une place très importante, était là pour le protéger. 

On se souvient de vos larmes lors de la victoire en Coupe Davis, mais avez-vous déjà pleuré sur un green?

Non, pas encore. Mais avoir une émotion quand on rentre un «put» de 15 mètres, c'est sympa. Quand on fait un birdie, c'est une émotion incroyable. Le golf est un sport simple, mais peut-être le plus compliqué. Tout entre en jeu: mental, technique, terrain, météo... C'est un sport de maboul. 

Comment expliquez-vous l'attrait pour d'anciens sportifs de haut niveau, comme Laurent Blanc ou Alain Boghossian, tous deux champions du monde de football en 1998, pour le golf?

Le golf, quand tu t'y mets, c'est un challenge de tous les jours. Et puis, il y a cet esprit de compétition qui, même quand tu raccroches, est toujours là. D'autres, comme Arnaud Clément ou Laurent Jalabert vont faire des triathlons. Moi, non, aller courir, même plus en rêve (rires). 

Est-ce plus facile de se mettre au golf quand on vient du tennis?

On est un peu aidé dans la mesure où tu joues côté revers. Il y a des facilités, c'est évident. Mais j'aurais tendance à dire qu'en général, le sportif de haut niveau a plus de facilités.

Combien d'heures par semaine consacrez-vous à cette passion?

Dès que je peux. Je me suis même préparé un programme technique pour cet hiver. Je crois que j'ai les deux doigts dans la prise...

Comme disent les anglais «On peut même jouer au golf quand il fait beau...»

Quel est votre niveau?

14, 18... Mais j'aimerais descendre à un chiffre.

Ce mercredi, vous organisez la deuxième édition de l'Invitationnal Golf Cup Henri Leconte & Friends. Comment s'est fait le casting?

C'est simple: j'ai invité des gens avec qui j'avais envie de passer une journée et demie ici. Pour partager un moment agréable avec les partenaires. On a envie de pérenniser afin d'organiser plus de tournois par la suite. La seule chose qu'on ne maîtrise pas, c'est le temps. Mais comme disent les anglais «On peut même jouer au golf quand il fait beau...». 

Comme l'an dernier, une partie des bénéfices sera reversée à l'association Kriibskrank Kanner. Êtes-vous sensible à ce genre de cause?

L'an passé, on avait récolté 3.100 euros. L'objectif sera de faire mieux. Beaucoup mieux. Un invité qui a eu un empêchement de dernière minute a déjà fait un chèque de 2.000 euros. Donc, c'est bien parti ! Mais pour en revenir à votre question, oui, ça me tient à cœur. J'aide toujours beaucoup d'associations, notamment dans le domaine de l'autisme car j'ai autour de moi des personnes qui y sont confrontées. Et puis, sur le plan personnel, j'ai frôlé la paralysie et failli passer de l'autre côté... À 39 ans, en revenant d'un tournoi, j'ai chopé une hépatite mais surtout une méningite foudroyante. Résultats, trois semaines d'hospitalisation et une perte totale de l'équilibre. Pendant six mois, j'étais en rééducation complète. Il m'a même fallu réapprendre à marcher. 

Depuis quelques années, vous résidez au Luxembourg. Pourquoi ce choix?

J'adore le Luxembourg. On est proche de tout le monde, c'est un petit village. Moi, les grandes villes, c'est fini. Quand on vieillit, on a besoin de sérénité. D'être bien, d'être heureux. D'aller me balader dans la nature. 

Où avez-vous l'habitude de jouer?

Au Kikuoka Country Club. À Preisch aussi. 

Avez-vous déjà croisé Mandy Minella sur un green?

Mandy? Je suis au TC Arquebusiers, je la vois souvent. Comme l'an dernier, on devait avoir Gilles Muller, mais cette fois il n'était pas disponible. Bon, lui, il envoie des sacrés sacoches! Moi, je ne joue pas du tout au golf comme au tennis où je prenais des risques dans tous les sens. Je suis plus consciencieux. Ça doit être l'âge... Mais si Mandy est disponible à l'occasion, avec plaisir.



Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Un match palpitant, des sourires avec Rafael Nadal son complice de double, mais aussi des larmes après la balle de match. Le Suisse est passé par toutes les émotions lors de ses adieux, à Londres.
Switzerland's Roger Federer does a lap of honour after playing his final match, a doubles with Spain's Rafael Nadal of Team Europe against USA's Jack Sock and USA's Frances Tiafoe of Team World in the 2022 Laver Cup at the O2 Arena in London, early on September 24, 2022. - Roger Federer brings the curtain down on his spectacular career in a "super special" match alongside long-time rival Rafael Nadal at the Laver Cup in London on Friday. (Photo by Glyn KIRK / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE
Le Suisse Roger Federer a annoncé, ce jeudi 15 septembre, sur les réseaux sociaux, sa retraite sportive à l'issue d'une ultime compétition, la Laver Cup, qui se déroulera du 23 au 25 septembre à Londres.
(FILES) In this file photo taken on July 16, 2017 Switzerland's Roger Federer kisses the winner's trophy after beating Croatia's Marin Cilic in their men's singles final match, during the presentation on the last day of the 2017 Wimbledon Championships at The All England Lawn Tennis Club in Wimbledon, southwest London. - Roger Federer announces his retirement in a statement on September 15, 2022. (Photo by Glyn KIRK / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE
Carlos Alcaraz, sacré dimanche à l'US Open, a décroché un premier titre Majeur et en prime la place de N.1 mondial. A 19 ans, il est désormais le plus jeune de l'histoire à occuper cette place.
NEW YORK, NEW YORK - SEPTEMBER 11: Carlos Alcaraz of Spain celebrates with his support team after defeating Casper Ruud of Norway during their Men�s Singles Final match on Day Fourteen of the 2022 US Open at USTA Billie Jean King National Tennis Center on September 11, 2022 in the Flushing neighborhood of the Queens borough of New York City   Julian Finney/Getty Images/AFP
Souffrant d'une douleur au pied gauche, le N°4 mondial de tennis s'est résolu à déclarer forfait pour l'US Open. Le joueur espagnol préfère arrêter la compétition «pour cette année» plutôt que de prendre des risques, a-t-il indiqué ce vendredi.
(FILES) In this file photo taken on April 25, 2021 Spain's Rafael Nadal reacts during his ATP Barcelona Open tennis tournament singles final match against Greece's Stefanos Tsitsipas at the Real Club de Tenis in Barcelona. - Rafael Nadal announced on August 20, 2021 that he puts an end to his season due to a sore foot. (Photo by Josep LAGO / AFP)
Associé à Sam Querrey, au tournoi Masters 1.000 d'Indian Wells, Gilles Muller a passé le cap des quarts de finale de l'épreuve des doubles. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la paire luxembourgo-américaine a dominé le duo Kontinen - Peers en trois manches: 6 (2)-7, 6-3, 10-6 en 1h35 de jeu.
INDIAN WELLS, CA - MARCH 14: Gilles Muller of Luxembourg plays a forehand against Kei Nishikori of Japan in their third round match during day nine of the BNP Paribas Open at Indian Wells Tennis Garden on March 14, 2017 in Indian Wells, California.   Clive Brunskill/Getty Images/AFP
== FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY ==
Aujourd'hui âgé de 44 ans, Pete Sampras consacre le plus clair de son temps à sa famille et ses amis. Lorsqu'on lui demande un pronostic pour le prochain US Open, «Pistol Pete» dégaine le patronyme de Novak Djokovic. Rencontre avec une légende du tennis lors de l'Optima Open, la semaine dernière à Knokke-Heist.
«Pistol Pete» se fait rare sur les courts mais il était la semaine dernière au tournoi de Knokke-Heist.