Changer d'édition

Hëllef Doheem prête à rajeunir son offre
Luxembourg 3 min. 22.11.2019

Hëllef Doheem prête à rajeunir son offre

Benoit Holzem a trois pistes de développement possibles pour la fondation qu'il dirige.

Hëllef Doheem prête à rajeunir son offre

Benoit Holzem a trois pistes de développement possibles pour la fondation qu'il dirige.
Photo : Steve Eastwood
Luxembourg 3 min. 22.11.2019

Hëllef Doheem prête à rajeunir son offre

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le 18e employeur du pays fête ses vingt ans. Et le réseau d'aide et de soins luxembourgeois, fort de 1.940 salariés, entend bien s'engager activement dans les gardes de nuit, le suivi ambulatoire ou le Telecare.

Depuis 1999, Stëftung Hëllef Doheem dispose du plus grand réseau d'aide et de soins du Luxembourg. Mais son directeur, Benoit Holzem, sait combien le développement de la fondation peut être fragile. En 2015 encore, il était question de supprimer près de 90 postes. Depuis, grâce à une perfusion indispensable de l'Etat, la structure a pu poursuivre ses missions d'accueil des seniors, de services à domicile, téléalarme et autres. 

Il y a quatre ans, la Fondation était sauvée de justesse. Aujourd'hui, la santé semble être revenue.

Benoit Holzem : «La transfusion venue de l'Etat avait effectivement assuré notre survie dans un instant délicat. Hëllef Doheem était alors à la bascule d'un modèle à l'autre: après une croissance historique du nombre de résidents pouvant bénéficier de l'Assurance dépendance de 5 à 6% par an, le chiffre a chuté à 1% à compter de 2014. Alors qu'elle avait tablé sur plus de potentiels, la fondation a donc vécu une crise de croissance. Cette baisse de régime a affecté en même temps tout le secteur de la santé et des soins, et c'est clair que l'Etat a servi d'amortisseur de choc social durant l'année 2015.

Aujourd'hui, Hëllef Doheem figure parmi les 20 plus gros employeurs du pays avec 1.940 salariés. Et l'avenir peut être synonyme de croissance.

A 20 ans, tout va donc bien?

«Tout irait bien si... Si nos véhicules qui circulent de patients en patients pouvaient circuler avec plus de facilité, dans la capitale et sur l'ensemble du réseau national. Quand, comme nos personnels, vous passez d'un quartier à l'autre, l'engorgement devient un véritable souci d'entreprise.

Se pose aussi la question des locaux. Le prix de l'immobilier est exorbitant et certains de nos locaux ne sont plus forcément parfaitement adaptés. Déménager dans ce contexte devient là encore un véritable tracas. Parmi la dizaine de foyers de jours seniors que gère Hëllef Doheen, celui du Rollingergrund avec ses étages n'était plus satisfaisant, il va donc être fermé car nous avons eu la chance que les sœurs franciscaines du quartier Belair nous mettent à disposition un espace de plain-pied où nous pourrons poursuivre nos activités, sinon cela devient compliqué d'ouvrir de nouvelles structures.

Quelles sont maintenant vos pistes de développement pour les années à venir?

«Je pense que la fondation a trois challenges qui l'attendent. Autant de perspectives qui assureront notre avenir. Hëllef Doheen devra s'adapter à un virage technologique. Celui de la télémédecine, du Telecare. Autrement dit de la consultation et de la surveillance médicale à distance. Il faudra aussi se montrer réactif sur le virage ambulatoire que prennent les hôpitaux.


Maternité Dr. Bohler - Photo : Pierre Matgé
Plus de 3 milliards d'euros pour l'assurance-maladie
Pour 2020, les dépenses courantes prévisibles de cette branche de la Caisse nationale de santé augmenteront de 6%. Elles devraient atteindre un niveau jamais atteint jusqu'alors, avec de nouvelles prises en charge assurées.

Ces derniers laissent sortir de plus en plus tôt les soignés, les opérés mais cela implique une présence à domicile de professionnels d'aide et de soins. Nous pouvons nous placer sur ce créneau porteur. Au vu du développement de ce présentiel obligatoire pour observation, la création de nouveaux postes va s'imposer naturellement à Hëllef Doheem, je pense. Nous recruterons donc certainement des infirmières à court terme.

Vous parliez d'une troisième piste...

«Notre avenir passera aussi par les gardes de nuit qui nous sont de plus en plus demandées. La refonte de l'Assurance dépendance a instauré le droit pour chacun à bénéficier du remboursement de 10 gardes en nocturne. Une mesure qui permet de soulager les aidants informels, des proches bien souvent, qui s'usent à veiller sur un parent, un enfant lourdement atteint. Via cette solution, ils peuvent un peu souffler en confiant leur malade aux soins et à la vigilance de nos personnels formés. Que ce soit sur des cas de soins palliatifs, les changements de lange ou de précaution à prendre pour éloigner tout risque d'escarres chez une personne trop longtemps alitée. 

Là encore, cela nous pousse à adapter notre offre au-delà de la plage 6h30/22h et nécessitera des embauches, avec des suppléments salariaux qu'il convient de bien évaluer. Mais je préfère cette situation d'espoirs à celle de 2015. Donc, ces vingt ans sont un bel anniversaire.» 


Sur le même sujet

La renaissance attendue du métier de sage-femme
La profession peine à former des élèves et le diplôme attribué au Luxembourg ne fait pas le poids face aux formations délivrées à l'étranger. Aussi, l'Association Luxembourgeoise des sages-femmes veut modifier le cadre d'études.
Le Luxembourg compte environ 230 sages-femmes. Bien peu pour un pays qui voit naître plus de 7.000 bébés par an
Vers la généralisation prochaine du tiers payant
La prise en charge financière directe des prestations médicales ne sera plus réservée aux plus modestes, le système devant être disponible à tous les affiliés, annonce mercredi Romain Schneider, ministre de la Sécurité sociale, à l'occasion de la quadripartite santé.
«Réticences au sein du corps médical» sur l'euthanasie
Dix ans après le vote des lois autorisant le recours à une fin de vie consentie et au suicide assisté, certains questionnements restent d'actualité. Explications avec Jean-Claude Schmit, directeur de la Santé et président de la plateforme «fin de vie».
Le patient au centre de la «Gesondheets-App»
L'Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD) a présenté ce mardi une application destinée à «créer des ponts fiables et pratiques entre tous les acteurs du système de santé». Le lancement de ce nouvel outil sera officialisé au premier semestre 2020.
Foto alushta-russia-october-29-2014-600w-
Le dossier de soins partagés va enfin voir le jour
Tout est prêt mais il manque toujours le cadre légal. Le dossier de soins partagés (DSP) qui sera attribué aux 850.000 affiliés à la Caisse nationale de santé doit encore être déployé au cours de cette année, avancent deux ministres.
Le dossier de soins partagés (DSP) est un dossier électronique qui regroupe toutes les données de santé d'un patient. Il doit devenir une réalité au Luxembourg courant 2019.