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Harcèlement sexuel: où sont les chiffres?

Harcèlement sexuel: où sont les chiffres?

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Luxembourg 2 min. 17.04.2018

Harcèlement sexuel: où sont les chiffres?

Au Luxembourg, il est impossible de se figurer la situation en matière de harcèlement sexuel au travail: de l'aveu même du ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Économie sociale et solidaire, «on ne dispose pas de chiffres sur l'ampleur du phénomène».

(JV) - Nicolas Schmit est formel: on «ne dispose pas de chiffres sur l'ampleur du phénomène du harcèlement sexuel sur le lieu de travail au Luxembourg», pas plus que de «chiffres sur la proportion des cas dans lesquels la victime a déposé une plainte ayant entraîné un procès voire une condamnation».

Seulement 12 demandes et 1 plainte en 2017

Les chiffres des plaintes adressées à l'Inspection du Travail et des Mines (ITM) existent bien:

«En matière de harcèlement sexuel sur le lieu de travail, 7 demandes de renseignement et aucune plainte ont été adressées à l'ITM au cours de l'année 2016.»

«Pour l'année 2017, 12 demandes de renseignements et une plainte ont été adressées à l'ITM. En ce qui concerne la plainte, il faut préciser que cette dernière n'a pas abouti à une continuation du dossier auprès du Ministère public en raison de faute de preuves».

Ces chiffres s'avèrent d'une proportion peu crédible par rapport à la taille du pays, et ne paraissent pas être à même de représenter la situation du harcèlement sexuel au travail au sein du Grand-Duché tout entier.  

Interrogé par la députée Tania Bofferding, par le biais d'une question parlementaire, sur la situation du harcèlement sexuel au travail,  le ministre peine à citer des mesures concrètes. À la question «quelles sont les mesures envisagées pour prévenir le harcèlement sexuel au travail ?», il répond en citant la loi: «le harcèlement sexuel fait l'objet d'une réglementation légale depuis l'entrée en vigueur de la loi du 26 mai 2000 [...] dont les dispositions sont actuellement reprises au sein du Code du travail». 

Il est également fait mention de mesures futures «à envisager», qui concernent majoritairement la «sensibilisation et de formation des salariés», notamment les «supérieurs hiérarchiques et dirigeants d'équipe, quotidiennement appelés à embaucher, diriger, contrôler et sanctionner».

Une femme sur trois victime de harcèlement au travail

Les questions de la députée Taina Bofferding découlent d'un sondage de l'Institut français d'opinion publique (Ifop) pour le site internet «VieHealthy ». 

Ce sondage indique que «près d'une femme sur trois (32%) aurait été victime d'une forme de harcèlement sexuel au cours de sa carrière, le plus fréquemment de formes verbales ou visuelles de harcèlement sexuel, et de contacts physiques légers». 

Selon cette même enquête, seulement une minorité des femmes concernées se serait adressée à un responsable ou à une personne pouvant résoudre le problème.