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Aide-soignants, infirmiers et éducateurs dans la rue
Luxembourg 4 min. 03.06.2016 Cet article est archivé
Grande manif à Luxembourg samedi

Aide-soignants, infirmiers et éducateurs dans la rue

LCGB et OGBL seront côte à côte dans la rue ce samedi pour faire entendre le ras-le-bol des salariés des secteurs santé, soins et socio-éducatif.
Grande manif à Luxembourg samedi

Aide-soignants, infirmiers et éducateurs dans la rue

LCGB et OGBL seront côte à côte dans la rue ce samedi pour faire entendre le ras-le-bol des salariés des secteurs santé, soins et socio-éducatif.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 03.06.2016 Cet article est archivé
Grande manif à Luxembourg samedi

Aide-soignants, infirmiers et éducateurs dans la rue

Maurice FICK
Maurice FICK
Ils n'ont pas touché l'augmentation salariale promise et les négociations pour leurs conventions collectives sont dans l'impasse. Combien des près de 23.000 salariés des secteurs d'aide et de soins et du secteur socio-éducatif participeront à la grande manif ce samedi à Luxembourg?

Par Maurice Fick

Ils n'ont pas touché l'augmentation salariale promise et les négociations pour les conventions collectives de travail FHL (Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois) et SAS (Secteur d'Aide et de soins et secteur Social) sont dans l'impasse. Mais combien des près de 23.000 salariés qui travaillent dans les secteurs d'aide et de soins et du secteur socio-éducatif participeront à la grande manif ce samedi à Luxembourg?

C'est évidemment la question que se posent les syndicats OGBL (largement majoritaires dans le secteur avec 83% des mandats des délégués) et LCGB qui avaient annoncé ensemble cette «Grande manif» du 4 juin il y a un mois avant de diffuser leur message dans les rues du centre-ville et devant la Chambre des députés une semaine plus tard. Tout en prévenant déjà que nombre de salariés travailleront ce samedi dans les hôpitaux, CIPA et maisons de soins. Mais l'enjeu est de taille et donnera, selon la mobilisation atteinte, du poids aux deux syndicats dans les discussions à venir avec les employeurs et le gouvernement Bettel.

Les manifestants ont rendez-vous ce samedi 4 juin à 10h30 au Forum Geesseknäppchen à Luxembourg (Avenue Pierre Dupong en face du P&R Bouillon). De là, un cortège partira à 11 heures en direction du Rousegaertchen (la place des Martyrs), dans le quartier gare, via la Route d'Esch.

Question de rémunération et de revalorisation des carrières

Les aide-soignants, infirmiers, éducateurs et bien d'autres professionnels de la santé, des soins et travaillant dans le domaine socio-éducatif descendront dans la rue pour réclamer leur dû, acté dans leurs conventions collectives FHL et SAS. Ces salariés, martèlent OGBL et LCGB, ont droit à une augmentation rétroactive de 2,2 % de leur salaire (point indiciaire) et à une prime unique de 0,9% du salaire au même titre que tout fonctionnaire depuis l'entrée en vigueur de la réforme de la Fonction publique en mars 2015.

Et puis il y a surtout, ce problème récurrent de la reconnaissance des diplômes et de la revalorisation de toute une panoplie de carrières, devenues de plus en plus exigeantes au fil des ans dans des secteurs qui ne cessent de recruter. Ces salariés privés travaillent de fait pour le secteur public et leurs professions ne bénéficient pas pour autant de la même reconnaissance que d'autres professions nécessitant un niveau de diplôme semblable dans la fonction publique.

«En comparaison avec d'autres métiers qui nécessitent les mêmes études, ils gagnent des centaines d'euros en moins par mois!», explique Nora Back de l'OGBL en citant l'exemple d'un «infirmier spécialisé qui a deux BTS et qui ne reçoit même pas la paie d'une 13e!» alors que les responsabilités assumées sont parfois énormes.

Mais ça coince

Ces deux points-clefs -la revalorisation des carrières et des salaires- doivent être actés dans les conventions collectives et sont les principaux points d'achoppement dans des négociations avec le patronat et le gouvernement qui s'éternisent.

Les négociations sont au point mort dans le secteur santé (FHL). Les partenaires sociaux ne parviennent pas à s'entendre. La Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois voudrait seulement verser une partie de l'augmentation salariale due aux salariés du secteur, faire retarder la revalorisation des carrières jusqu'en 2018 au moins et faire porter le chapeau du calcul de l'enveloppe globale de la Fonction publique à une tierce partie. A quoi les syndicats répondent par un appel au respect, sans condition, de l'article 28 de la convention collective qui prévoit la même enveloppe pour la Fonction publique pour les deux conventions collectives (FHL et SAS).

Dans le secteur SAS, le gouvernement n'a toujours pas fixé de date de rendez-vous de la Commission paritaire ASFT. Sa mission est de chiffrer l'enveloppe globale de la réforme et de l'accord salarial auprès de la Fonction publique. Les syndicats sont exaspérés et n'acceptent pas l'attitude de leurs employeurs qui, aux yeux des syndicats, rejettent la responsabilité au gouvernement.


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