Changer d'édition

Gramegna repousse la réforme fiscale
Luxembourg 3 min. 16.05.2021 Cet article est archivé

Gramegna repousse la réforme fiscale

Pierre Gramegna (DP) n'est pas favorable à l'introduction d'un "impôt corona" contrairement à son collègue de gouvernement, Dan Kersch (LSAP).

Gramegna repousse la réforme fiscale

Pierre Gramegna (DP) n'est pas favorable à l'introduction d'un "impôt corona" contrairement à son collègue de gouvernement, Dan Kersch (LSAP).
Photo : SIP
Luxembourg 3 min. 16.05.2021 Cet article est archivé

Gramegna repousse la réforme fiscale

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Plus question pour le gouvernement d'engager le toilettage des impôts. Le projet annoncé dans l'accord de coalition se voit repoussé à 2023 en raison de l'impact de la crise covid, vient d'indiquer le ministre des Finances.

Dans cette crise covid, Pierre Gramegna (DP) était jusque-là resté au second plan. A l'occasion, le ministre des Finances faisait quelques apparitions. Tantôt pour annoncer la souscription d'un emprunt (à taux avantageux), tantôt pour rassurer sur l'état des finances publiques. Mais samedi au micro de RTL, le grand argentier a franchi un cap dans la communication, annonçant qu'il ne serait pas possible de mener la réforme fiscale attendue avant 2023. Une décision qui était dans l'air depuis quelques semaines.


Politik, Chambre des Députés - Débat Budget, Pierre Gramegna. Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Le «bout du tunnel» approcherait à grands pas
Lors de sa présentation de la situation économique du Luxembourg, mardi à la Chambre, le ministre des Finances n'a pas caché un certain optimisme. Avec comme principale raison le maintien des performances de la Place.

Il faudra donc, notamment, faire une croix sur l'introduction d'un barème d'impôt unique pour l'ensemble des contribuables. Ce qui figurait en bonne place dans l'accord de coalition Gambia comme la «garantie d'un modèle fiscal neutre quant au mode de vie des personnes» (célibataires notamment) fait ainsi les frais de l'impact de la crise covid. Pierre Gramegna préfère se montrer «raisonnablement prudent» plutôt que d'engager des changements inopportuns, et cela même si l'heure de la reprise semble approcher

Et pour calmer les critiques, le ministre libéral ne manque pas de mettre en avant les efforts supportés ces derniers mois par les fonds publics. A l'exemple du paiement du chômage partiel étendu, de la récente annonce de la réindexation des allocations familiales ou des mesures prises en début d'année comme l'augmentation des pensions.

Pas question pour autant d'initier un «impôt corona». Pierre Gramegna a assuré être ainsi perplexe face à cette proposition notamment faite par son collègue de gouvernement Dan Kersch (Travail) lors du dernier congrès du LSAP. La taxation évoquée devait porter sur les entreprises qui auraient tiré profit de la crise, selon le socialiste. Mais pour le ministre des Finances, il apparaît difficile de fixer «à partir de quel seuil peut-on être considéré comme gagnant et doit-on payer cet impôt?» 


Financement études
L'Etat remercie (fiscalement) les bailleurs généreux
Les propriétaires qui, cette année, réduiront ou feront grâce d'une partie de leurs loyers commerciaux pourront bénéficier d'un abattement fiscal. Un geste pouvant aller jusqu'à 15.000 euros.

A priori, le gouvernement exclurait aussi de réviser l'un ou l'autre des taux d'imposition pesant sur l'activité des entreprises du pays. Et cela à la hausse comme à la baisse. Seul l'impôt foncier pourrait subir quelques modifications dans les mois à venir. Le ministère des Finances et celui de l'Intérieur se coordonnent sur la question, la majorité réunie autour de Xavier Bettel (DP) devra trancher pour un nouveau taux. Avec cette assurance donnée par Pierre Gramegna : le logement principal sera traité «de manière préférentielle».

Si le ministre des Finances a maintenant botté jusqu'en 2023 pour la mise en place d'une réforme fiscale, il apparaît peu vraisemblable que le gouvernement ne mette les doigts dans cet engrenage à la veille des élections législatives et municipales de l'année en question. Pas question de perdre de la popularité ou s'exposer aux critiques à quelques semaines de pareille échéance. Les syndicats qui réclamaient ce grand toilettage, encore dans leurs discours du 1er Mai dernier, devront encore ronger leur frein. Et les contribuables se plaindre ou se satisfaire (selon leur situation) de ce report de deux ans annoncé.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

La justice européenne a validé mercredi les tax rulings obtenus par le géant américain au Luxembourg, désavouant la Commission qui y voyait des aides d'Etat illégales pour un montant de 250 millions d'euros dont elle avait exigé le remboursement.
Le ministre des Finances Pierre Gramegna a détaillé, ce mardi à la Chambre, les grands axes de son action. En ligne de mire: la spéculation immobilière et les stock-options, mais aussi de nouvelles mesures pour attirer les talents.
Pierre Gramegna
Le ministre des Finances, Pierre Gramegna a déclaré mardi qu'il n'existe à l'heure actuelle aucune raison de remettre en question le niveau de cet impôt qui a plus que triplé lors de la crise financière de 2008.
Une diminution de l'impôt de solidarité n'est pas à l'ordre du jour, selon le ministre des Finances, Pierre Gramegna